ico Société La parole libérée

29 juin 2016 | Catégorie: société

PASCAL DECAILLET

L’un des effets du Brexit sera une libération de la parole, un peu partout sur le continent européen. Dans les 27 pays (encore) membres de l’UE, mais aussi chez les non-membres, comme la Suisse. Cette libération pourrait bien accélérer le processus – déjà bien entamé – d’affranchissement des gens par rapport aux journaux, périodiques ou magazines papier, au profit des nouveaux vecteurs que sont les sites ou les réseaux sociaux.

Cela, pour une raison simple : les journaux papier, installés, friqués, membres d’immenses conglomérats dont le seul but est le profit financier et l’enrichissement de l’actionnaire, ces journaux sont précisément ceux qui, de plus en plus éloignés de leurs opinions publiques, défendent les idées de supranationalité, d’abolition des frontières, de disparition des nations au profit d’un grand ensemble européen. Les opinions contraires, c’est sur la Toile qu’il faut aller les trouver, ou sur les réseaux sociaux.

Alors, tout doucement, les opinions publiques vont continuer à se défier des journaux installés, et émigrer vers ces nouveaux vecteurs. Encore faut-il, bien sûr, que ces derniers s’appliquent l’indispensable auto-régulation de nature à augmenter leur crédit. Il y a encore, dans ce domaine, une immense marge de progression.

Mais je tiens à noter que, dans l’affaire européenne, le Toile et les réseaux sociaux auront été, infiniment plus que les journaux installés, le lieu d’une parole libérée. Minoritaire, à l’aune de la presse officielle. De plus en plus majoritaire, à l’aune du pays réel.

Oui, j’ose le terme “pays réel”. Pas besoin de venir me donner des cours d’Histoire. Je sais parfaitement d’où viennent ces deux mots, de quel homme, quel penseur et polémiste de la première partie du vingtième siècle.

J’ajoute même que cet homme, sans partager ses idées, notamment sur le rejet de la République, je l’ai lu. Intégralement. Et que, dans son rapport à l’idée nationale, son œuvre fut de nature à semer sur moi l’un ou l’autre ferment.

Si cela déplaît, que cela déplaise. Je n’ai jamais écrit pour plaire. Mais pour exposer, sans tabou et sans haine, le fond de ma pensée.

 

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Commentaire de B. Brunner le 29 juin 2016 à 22:01

Excellente analyse.

Mais aussi…enfin!

Ca fait maintenant depuis plus de 10 ans que les réseaux sociaux existent, cela fait depuis que l’imprimerie a été inventée que la presse est dans des mains différentes du peuple.

“Ne doutez jamais qu’un petit groupe de citoyens engagés et réfléchis puisse changer le monde. En réalité c’est toujours ce qui s’est passé.”
(Ciration de Margareth Mead)

Sauf que maintenant les petits groupes sont plus grands, et interconnecté. D’ailleurs, c’est pas à une bonne partie des politiques que l’on peut faire confiance pour changer le monde…forcément contre leurs intérêts personnels.

Commentaire de Paul Bär le 30 juin 2016 à 8:18

Je vois venir un problème pour le Brexit.

Comme en Suisse lorsque un référendum est perdu par la classe politique systémiste, ladite classe politique systémiste fait tout pour saboter l’application de la votation populaire. Notamment en faisant en sorte que le parti leader de la décision victorieuse soit mis hors jeu lors de la mise en oeuvre pratique de la volonté populaire.

Et tout cela, évidemment, avec le concours d’une propagande de choc de la presse de masse.

Commentaire de Antonio Giovanni le 30 juin 2016 à 12:15

Bien d’accord avec M. Decaillet.
On cherche encore les élites, on les croyait à côté du peuple, emmi le peuple.
Hélas ! non, elles sont loin, non pas au-dessus de lui, mais à une telle distance que le peuple, non pas le peuple-eratz fantasmé des idéologues, le vrai peuple est si mal entendu; qu’il faut recourir à l’arme suprême de la démocratie, notre bon référendum pour l’entendre et découvrir qu’il y a très longtemps qu’il ne partage plus ni les vues, ni les fins des élites.
Mais alors à quoi sert donc le peuple ?

Commentaire de Marie-France Oberson le 30 juin 2016 à 13:24

Mais alors à quoi sert donc le peuple ?

Le peuple sert de faire-valoir aux “zélites”
S’il n’y avait pas le peuple, celles-ci ne seraient rien..

“Voyez combien le peuple vote mal! Voyez combien il est idiot, ringard, replié sur lui-même, égoïste!
Donc automatiquement, voyez combien moi l’élite, je suis tout le contraire !”

Un peu à l’image de ces animateurs TV lorsqu’ils interviewent une personnalité qui n’est pas de leur bord : ils lui coupent la parole, ironisent sur la réponse ou font les questions et les réponses ..
C’est lui l’animateur (ou l’animatrice!), la vedette de l’émission; c’est lui qui est intelligent et l’invité un imbécile.

Commentaire de Paul Bär le 30 juin 2016 à 19:26

Nos “zélitres” (de rouge):

https://youtu.be/XPgiI46FCDU

Et là, ça devient franchement bizarre…

http://www.fdesouche.com/744387-brexit-le-president-de-la-commission-europeenne-rencontre-des-dirigeants-dautres-planetes

… je connaissais certains lobbies qui n’existent pas et qu’il vaut mieux ne pas nommer, mais s’il faut en plus s’inquiéter d’un lobby extraterrestre !

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