ico Société L’Etat, la justice et le religieux

17 juin 2009 | Catégorie: société

PHILIPPE BARRAUD

Nous n’avons pas la moindre sympathie pour l’Eglise de scientologie. Pour autant, on doit s’émouvoir de la tentative du Parquet de Paris d’obtenir sa dissolution et son interdiction.

Il y a certes des quantités de raisons de critiquer ce mouvement: son goût effréné de l’argent, sa manière de circonvenir les plus faibles, ses fondements abracadabrants – à notre sens – et son prosélytisme agressif. Mais enfin, dans une société libérale et démocratique, chacun est libre de croire ce qu’il veut, et d’adhérer à l’église qui répond à ses besoins, même si cela nous paraît incompréhensible. Dès lors, débattre de la question de savoir si la scientologie est une église ou une secte, pour lui tricoter un statut en fonction de la réponse donnée, est un débat insoluble et sans beaucoup d’intérêt. Et après tout, les premiers chrétiens formaient bel et bien une secte, n’est-ce pas?

Il est bien évidemment normal et nécessaire que des dirigeants de cette église soient jugés et condamnés s’ils ont commis des délits, de la même manière qu’un condamne un prêtre pédophile ou un pasteur escroc. Pour autant, on ne va pas exiger la dissolution et l’interdiction de leurs églises respectives en tant qu’institutions! Le rôle des juges s’arrête au judiciaire, le religieux n’est pas leur affaire. Mais il est vrai que, en France, la scientologie est depuis longtemps dans le collimateur non seulement de la justice, mais du pouvoir politique, tandis que dans d’autres pays, comme les Etats-Unis, elle a pignon sur rue et ne pose pas de problèmes particuliers à l’Etat.

C’est qu’en France comme dans beaucoup de pays européens, l’Etat, à cheval sur une laïcité ombrageuse et parfois tyrannique, entretient des rapports ambigus et empreints de méfiance avec le religieux, comme s’il s’agissait d’une menace possible contre la République. Il pratique aussi deux poids deux mesures: autant on peut taper sur la scientologie, qui représente peu de choses et n’a pas une bonne image dans l’opinion, autant on se montre d’une prudence extrême avec tout ce qui touche à l’islam, domaine littéralement tabou.

Voilà pourquoi des imams et autres propagandistes peuvent continuer à farcir la tête des jeunes immigrés ou fils d’immigrés de conceptions surannées et de théories extrémistes, en attendant de leur chanter les louanges du djihad et de la guerre contre les «croisés». La peur de réveiller les banlieues fait qu’on laisse la bride sur le cou aux pires manipulateurs. Là est pourtant le vrai danger à long terme, sûrement pas chez une poignée de scientologues !

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Commentaire de Marie-France Oberson le 17 juin 2009 à 16:16

Je ne connais pas très bien les préceptes et les principes de la scientologie et je pense qu’il faut s’en méfier..Mais quoi, il n’y a pas que la scientologie dont on doit se méfier et chacun est libre.
Mais justement, Monsieur Barraud, se focaliser sur la scientologie comme le fait la France dont l’Etat veut tout régenter, c’est en fait pour détourner l’attention du vrai problème que pose l’islam dans les banlieues; pour la bonne raison que les autorités politiques françaises, qu’elles soient de droite ou de gauche, n’ont pas de solution à ce problème posé par l’islam qui est autrement agressif que ne l’est la scientologie..Problème d’ailleurs que la République s’est créé elle-même et qui aujourd’hui la dépasse.
En quelque sorte, la scientologie sert de leurre et laisse croire que la République se décarcasse..C’est un peu comme lorsque la police ne peut attraper de dangereux criminels en cavale ou lorsque la justice laisse sortir de prison des criminels qui ensuite récidivent, on nous sort des statistiques sur le nombre de permis de conduire retirés pour excès de vitesse et les morts en moins sur la route grace à la vigilence de la police et aux nouvelles mesures concernant le code de la route…S’occuper du petit poisson parce que le gros… est trop gros… De plus, la scientologie n’est pas issue de l’immigration alors, on peut lui taper dessus; par contre , l’immigration étant un enrichissement culturel pour le pays d’accueil, qu’il serait illogique de toucher à l’islam ,cette culture importée par l’immigration…

Commentaire de Pierre Bonnard le 17 juin 2009 à 17:25

Vous avez raison de dire que la justice n’a pas à s’immiscer dans les croyances personnelles et la religion. Mais la question est justement de savoir si la sciento est une religion, et le moins qu’on puisse dire et que le caractère religieux (sacré, foi, explications globales du monde, désintéressement) est absent. La sciento s’abrite derrière la liberté religieuse, qui est un des droits de l’homme, en dissimulant soigneusement les questions d’argent.
S’il existe une qualification pénale pour l’exploitation de la dépendance et de la crédulité humaine, et c’est le cas en France, il est normal que cela soit débattu en procès, et que le Parquet aille au bout de cette logique.
Le problème est que les vrais bénéficiaires cette pseudo-église, centre d’arnaque en réalité, se trouvent hors de portée de la justice française, et qu’il n’y a pas de juridiction mondiale. Donc que, malgré les vies brisées par ces escroqueries, on n’attrape que des lampistes.
On pourrait relever qu’il y a quelques siècles l’Eglise catholique, avec la vente des indulgences par exemple, serait probablement aussi punissable au regard de nos concepts actuels de laicité.
Quant à l’islam, ses dérives sont aussi poursuivies, comme les abus envers les femmes (cf. voile à l’école) et c’est normal. Mais son caractère religieux ne fait aucun doute, contrairement à la sciento.

Commentaire de glaisen marc le 19 juin 2009 à 18:00

Se focaliser sur L’Islam, comme le fait régulièrement Mme Oberson sur ce site, est tout autant problématique à mon sens que les dérives contre lesquelles elle s’élève. Je ne saurais que l’encourager à lire p.ex. les ouvrages de Amin Maaloouf, écrivain arabe et chrétien d’origine libanaise. Je pense notamment à “Les identités meurtrières” ou “Le dérèglement du monde”, ouvrage dans lequel l’auteur affirme p.ex.: “Pour en revenir au monde musulman, si l’on cherche à comprendre le comportement politique de ceux qui s’y réclament de la religion, et si l’on souhaite le modifier, ce n’est pas en fouillant dans les textes sacrés qu’on pourra identifier le problème, et ce n’est pas non plus dans ces textes qu’on pourra trouver la solution. Expliquer sommairement par la “spécificité de l’Islam” tout ce qui se passe dans les différentes sociétés musulmanes, c’est se complaire dans les lieux communs, et c’est se condamner à l’ignorance et à l’impuissance”…

Autrement dit, ce n’est pas une religion en tant que telle qui pose problème, mais bien l’interprétation qu’en font les individus qui s’y réfèrent, dans un lieu et un moment précis, et par conséquent les attitudes et comportements qui en découlent. Les interprétations, les attitudes et les comportements en question évoluent au cours de l’histoire, quels que soient les textes sacrés concernés. Déclarer qu’on est en guerre contre l’Islam, comme l’a fait il y a quelques temps Mme Oberson sur ce site, est dans ce sens absolument stérile et contre-productif. S’il y a une guerre à mener, c’est celle contre les interprétations fondamentalistes et intégristes, soient celles qui rejettent l’autre et le stigmatisent. Si l’interprétation des textes sacrés peut évoluer, je ne doute pas qu’il en sera de même pour les représentations du monde qui sont celles de Mme Oberson…

Commentaire de Marie-France Oberson le 20 juin 2009 à 23:38

Encore une fois, M. Glaisen vous donnez des leçons en vous gargarisant de phrases alambiquées vides de sens.
Je focalise sur l’islam, dites-vous. Pourtant, si j’en parle dans le post plus, c’est que M. Barraud en parle dans son article.. et que je ne fais que confirmer ses dires.
Quant à avoir dit que l’on est en guerre contre l’islam, j’aimerais bien que vous me disiez dans quel commentaire car j’aimerais bien le retrouver.. pour me féliciter moi-même de l’avoir écrit. Ne vous en déplaise, l’islam et l’islamisation d el’Occidentil est l’un des sujets, si ce n’est LE sujet le plus préocupant aujourd’hui. Le problème de la burka actuellement (un peu tard )mis sur la table de la politique française prouve que nous avons de plus en plus de mal à vivre “ensemble” tant la minorité fondamentaliste de l’islam se rend de plus en plus visible et de plus en plus exigente.
Oui, Monsieur Glaisen, quand des femmes refusent dans un hopital d’être soignée par un homme- alors que dans les pays musulmans il n’y a quasiment pas de femmes médecins (” C dans l’air” M6 vendredi 19 juin), quand , dans telle ou telle commune on doit ôter le sapin de Noel parce qu’il “dérange” certaine communauté, et j’en passe..force est d’admettre que cette communauté-là , en n’acceptant pas la culture , les règles qui régissent le pays qui l’accueille,cherche la provocation.Nous sommes donc en conflit. Je ne fais aucune interprétation des textes sacrés; je constate des faits , c’est tout.

Pour ce qui est de Amin Malouf, merci je ne vous ai pas attendu; “Des croisades vues par les Arabes” aux “Identités meurtrières” en passant par Léon l’Africain”, “Samarcande” et autre “1er siècle après Béatrice”, je “connais” Amin Malouf depuis belle lurette, peut-être même bien avant vous. J’aime beaucoup lire Maalouf mais il n’est pas Dieu le Père..

Commentaire de Glaisen Marc le 4 juillet 2009 à 19:22

Si vous ne vous rappelez pas de ce que vous avez écrit, Mme Oberson, il vous suffit de retourner quelque peu en arrière sur ce site, plus précisément vers l’article de M. Barraud s’intitulant “Le regard acéré de Me Bonnant”….

Et s’il est vrai que je peux être un peu “donneur de leçon”, rassurez-vous, je n’arriverai jamais à votre cheville en la matière…. :)

Commentaire de Marie-France Oberson le 5 juillet 2009 à 21:51

Merci Monsieur Glaisen de me donner l’occasion, en retournant sur cet article d econstater que vosu êtes d’une malhonnêteté intellectuelle crasse.
Je n’ai jamais écrit que nous étions en guerre contre l’islam. J’ai seulement laissé entendre que kadhafi ne nous donnant que 2 possibilités : celle de devenir une Europe musulmane ou de déclarer la guerre aux musulmans, je choisi la 2ème “proposition.
Donc je n’ai jamais dit que nous étions en guerre mais que s’il faut faire la guerre aux musulmans pour éviter que l’Europe vive sous la loi de la charia, je choisirai la guerre.Voilà, c’est clair?
Vous même écrivez : s’il y a une guerre à mener c’est celle contre les interprétations fondamentalistes et intégristes”. C’est parler pour ne rien dire. Car , dans lam <pratique, en dehors d evotre théorie, comment allez-vosu vous y prendre pour mener cette guerre? De discours? Du blabla sur lesquels vos fondamentalistes s’assoient effrontément dessus.
Et vous savez très bien que le coran étant la parole de Dieu il n’y a pas d’interprétation possible:. Ce n’est donc pas l’interprétation de la reléigion qui fait problème comme vous l’affirmer, mais bien la religion elle-même qui est uncompatible avec notre culture . Les musulmans fondamentalistes ou pas doivent suivre le coran à la lettre. Et quand on le lit , ça fait froid dans le dos de penser que des ignares puissent suivre ses préceptes. sans y réfléchir.
Quant à vous donner des leçons, là aussi dites-moi la ou les phrases qui le prouvent..

Commentaire de Glaisen Marc le 6 juillet 2009 à 15:23

Votre point de vue est très clair Mme Oberson, ce d’autant plus que vous nous en faites part très régulièrement sur ce site. Je reconnais par ailleurs mon erreur: dans votre commentaire suivant celui de M .Barraud et ayant pour titre “Le regard acéré de Me Bonnant”, vous n’avez pas déclaré “être en guerre contre l’Islam”, mais bien être “pour déclarer la guerre” (sous-entendu: aux musulmans et pour éviter que l’Europe ne devienne musulmane). Il y a indéniablement une nuance, mais je ne pense pas qu’on puisse pour autant considérer mes propos comme relevant de la “malhonnêteté intellectuelle crasse”. Sur ce, je vous souhaite un bel été…. :)

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