C’est dans les détails qu’on mesure la qualité de l’accueil touristique. Et surtout dans les tout petits détails, qui paraissent triviaux, mais qui tuent.
J’observais l’autre jour des touristes japonais qui débarquaient en groupe d’un car, l’un à la gare de Chexbres, dans le vignoble vaudois, l’autre au Belvédère, en Haut-Valais, au glacier du Rhône. Une cinquantaine de personnes à chaque fois, de tous âges, discrètes et disciplinées, qu’on n’entend jamais se plaindre. Et pourtant, il y aurait de quoi, car on les traite parfois comme des chiens.
De quoi a besoin un touriste qui a fait plusieurs heures de bus? Avant toute autre chose, avant d’admirer le paysage, de déguster un verre de vin, ou d’acheter des horreurs dans une boutique de souvenirs, il a tout simplement besoin… d’aller aux toilettes. Eh oui ! C’est aussi bête que ça.
Et c’est là que ça se gâte. À Chexbres, il vont faire la queue pendant près d’une heure, devant une unique toilette, vétuste et crasseuse. Ce n’est pas mieux au Belvédère: ils doivent traverser la boutique pour accéder, là aussi, à une minuscule toilette par genre. À les voir sortir de là, stressés et le visage fermé, on a vite compris que le souci de l’hygiène des Japonais, qui va très loin, n’y a pas trouvé son compte. Et ils peuvent, à bon droit, nous prendre pour des primitifs, qui nous contentons d’installation aussi médiocres, et les imposons à ceux qui, tout de même, sont nos hôtes.
Les deux exemples ci-dessus ne sont pas des exceptions. Bien au contraire, ils sont malheureusement la règle. Dans ce domaine, la Suisse est au niveau de médiocrité de la France, et pour un pays riche à vocation touristique, c’est impardonnable. Les toilettes publiques sont rares – lorsqu’elles existent –, elles sont volontairement mal signalées pour que les gens ne les trouvent pas, presque toujours vétustes et – passez-moi l’expression – dégueulasses.
Or, ce n’est pas une fatalité. Les pays anglo-saxons ont plusieurs longueurs d’avance dans ce domaine, tout particulièrement dans les sites touristiques. Comme ils accueillent beaucoup de visiteurs asiatiques – je pense aux Etats-Unis, au Canada, à l’Australie et à la Nouvelle-Zélande – ils ont très vite reconnu la nécessité d’offrir à cette clientèle des équipements dont les standards correspondent à ce qu’ils attendent – dussent-ils y consacrer de l’argent! C’est même la moindre des choses, sachant que ces détails-là seront soigneusement notés par les visiteurs. Dans ces pays, même les lieux les plus isolés sont pourvus au minimum de toilettes sèches à côté des parkings, largement dimensionnées pour les handicapés, soigneusement entretenues par les autorités locales ou par les rangers dans les parcs nationaux, et pourvues de distributeurs de désinfectant s’il n’y a pas d’eau. De la sorte, les visiteurs qui arrivent en car passent le peu de temps qu’on leur octroie à admirer le paysage, plutôt qu’à se presser devant des toilettes crasseuses.
Cet aspect fait partie de la carte de visite de la Suisse. Et pour l’heure, désolé, mais c’est un désastre complet, car les pouvoirs publics et les professionnels s’en moquent: le label Unesco sert surtout à faire tinter le tiroir-caisse, pas à investir dans l’accueil des visiteurs.
Le soutien de l’UDC au référendum contre la vignette à 100 francs suscite quelque colère dans le canton de Vaud. On laisse entendre en effet que le succès du référendum devant le peuple compromettrait le financement du contournement autoroutier de Morges.
Sachant l’impact dévastateur de ce projet sur une région encore relativement préservée, comme le montre cette vidéo effarante, on se dit que la vignette à 50 francs a du bon !
Pour les épargnants européens, le moment est peut-être venu de vider leur compte-épargne, d’acheter une maison, un cheval, ou de prendre une retraite largement anticipée. Bref, mieux vaut tout dépenser avant la Grande Confiscation. Selon le patron d’UniCredit, l’une des grandes banques italiennes, cité par Le Temps, il est “acceptable de confisquer les comptes d’épargne pour sauver les banques pour autant qu’il s’agisse d’une solution européenne commune.”
Quand on vous disait que le précédent de Chypre allait faire des petits! Les Suisses sont-ils à l’abri? Bien sûr que non, puisque notre gouvernement veut tout faire comme les Européens.
Oui, Monsieur Barraud, nous n’aurons bientôt plus rien à envier à la France, et pas seulement dans le domaine des toilettes !!
La réputation d e la Suisse s’effiloche… mais bon, nous voulons tellement être “comme tout le monde”..
Cher Monsieur,
Que votre article est pertinent!
Venant de passer quelques années en Australie, nous avons pu y apprécier leurs toilettes publiques (http://www.toiletmap.gov.au/staticpage.aspx?page=about).
Les toilettes de la gare de Chexbres sont une honte en effet! Ne serait-il pas possible de faire un petit effort vu que l’argent n’a pas d’odeur?!
Claude Barbey-Morand
A titre de comparaison :
http://www.clubic.com/humour-informatique-geek/live-japon/actualite-503616-live-japon.html
Au début pris pour un fou, un cafetier astucieux a fait installer 30 WC neufs dans sa cave: tous les bus s’arrêtent maintenant devant chez lui, et il vend plein de cafés schnaps…
C’était donc pas une “schnaps idee”…
Vous avez parfaitement raison M. Barraud. C’est à se demander ce que certains responsables politiques et entrepreneurs privés ont dans la tête. Ce serait déjà un respect minimal vis-à-vis de leur propre population. Il faudrait que les gens prennent plus la plume et interpellent leurs autorités, ou mieux encore s’engagent eux-mêmes en politique.