ico Société Demain, tous autistes ?

10 novembre 2017 | Catégorie: société

PHILIPPE BARRAUD

Apprendre que le QI des humains est en baisse continue depuis les années 1990 est pour le moins troublant; réaliser en outre que les cas d’autisme explosent de manière exponentielle devrait nous faire réagir face aux perturbateurs endocriniens, dont l’action est démontrée. Mais personne ne bouge.

C’est en grande partie avant la naissance que tout se joue. La construction du cerveau de l’enfant à naître dépend étroitement des hormones thyroïdiennes de la mère. Si celles-ci sont altérées par les molécules de synthèse dont nos organismes sont de plus en plus saturés, cette construction sera irrémédiablement affectée et l’enfant perdra des points de quotient intellectuel. Définitivement.

La biologiste Barbara Demeneix l’explique clairement dans une interview du Temps«Les hormones thyroïdiennes sont impliquées dans l’activation des gènes qui participent à la construction de structures cérébrales critiques comme le cortex ou l’hippocampe. Ces hormones sont si essentielles que si vous n’avez pas de glande thyroïde, vous n’avez simplement pas d’encéphale… C’est donc en altérant le fonctionnement de la thyroïde maternelle que ces substances peuvent produire leurs effets sur le fœtus, en particulier au début de son développement, lorsque celui-ci n’a pas encore sa propre thyroïde.»

A côté de cette déficience croissante du QI, les perturbateurs endocriniens – auxquels il est très difficile d’échapper, dans l’alimentation, dans l’eau, les cosmétiques, les emballages, les meubles…. -, provoquent l’emballement de ce qu’on appelle le «spectre autistique». Les chiffres sont effarants: «En 1975, selon les chiffres officiels, un enfant sur 5000 était touché par un trouble du spectre autistique. Ce chiffre est passé à un enfant sur 2500 dix ans plus tard et en 2001 il était d’un enfant sur 250. Il n’a cessé d’augmenter et nous sommes aujourd’hui à un enfant sur 68 touchés. Les critères de diagnostic n’ayant pas évolué depuis 2000 et le pool génétique humain n’ayant pas changé dans ce laps de temps, il est certain que des causes environnementales sont impliquées, et notamment l’exposition à des perturbateurs endocriniens.»

A cette aune-là, on peut se demander si d’ici quelques années, la moitié des enfants ne naîtront pas autistes, d’autant que les réglementations, en Europe comme en Suisse, demeurent minimalistes et laxistes. Comme le note la responsable éditoriale du magazine frc mieux choisir, la population ne peut guère compter sur les pouvoirs publics pour préserver sa santé, et doit donc se débrouiller toute seule pour bannir, tant que faire se peut, les produits qu’elle achète, naïvement confiante, à l’industrie.

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Commentaire de B. Brunner le 11 novembre 2017 à 0:02

Effectivement.

En plus, l’augmentation de CO2 de 300 à 410 ppm et prévue à plus de 500 ppm avec toutes les énergies fossiles et les feux de forêts dûs aux changements climatiques n’aidera pas non plus: Sachant que le CO2 dans les classes et locaux fermés sans ventilation dépasse facilement 1500 ppm et atteint parfois plus de 3000 ppm quand les fenêtres sont fermées, ça n’aide pas:

Article édifiant:
https://ehp.niehs.nih.gov/15-10037/

Image choc:
https://ehp.niehs.nih.gov/wp-content/uploads/2016/06/ehp.1510037.g002.png

Commentaire de Christophe Schälchli le 24 novembre 2017 à 17:26

Article intéressant dont la lecture m’aura inspiré une question hors sujet: ne devrait-on pas parler de baisse de l’intelligence plutôt que de baisse du QI?

Le QI est en effet un indicateur de l’intelligence (rang) par rapport à la population (représentée par la courbe de Gauss). Il est régulièrement étalonné de telle sorte que la médiane vaille 100. En d’autres termes, le QI moyen est par définition stable à travers les décennies.

En revanche, si l’intelligence de l’humanité baisse, nous verrons notre QI augmenter (en supposant que le temps n’altère pas nos facultés cognitives). J’ai ainsi l’espoir de voir un jour mon QI passer la barre des 80.

Commentaire de philippe lerch le 27 novembre 2017 à 20:49

Au risque d’être (encore) un peu désagréable. Il n’est pas nécessaire d’avoir les résultats récents de la revue EPH sous les yeux pour savoir que l’augmentation du taux de CO2 dans l’atmosphère conduit à une diminution de certaines facultés.

– Nos enseignants avaient pour habitude d’ouvrir une fenêtre toute les 30 minutes environ et de nous faire faire quelques mouvements (réveil et air frais).

– Si vous roulez en voiture dans un long tunnel et que vous avez enclenché la ventilation en circuit fermé vous ne tarderez-pas, si vous oubliez de remettre la ventilation en mode normal, a observer une diminition de votre faculté d’attention.

Se soucier des effets négatifs des pertubateurs endocriniens (PE) est plus que légitime. Par contre, passer comme chat sur braise sur le fait que les critères d’évaluation des facultés cognitives est constant depuis 2001 tout en adossant le terme “croissance exponentielle” à la variation des occurences comptées sur une période qui s’étend de 1975 à nos jours est délicat:

Critères type 1
1975 – 1/ 5000 cas
1985 – 1/ 2500 cas, donc un doublement.

Critères type 2 dès 2000

2001 – 1/250 cas, donc un décuplement, y.c. un changement de critère.

2016 – 1/ 68 cas, donc un quadruplement

Il ne s’agit pas de minimiser le potentiel de nuisance des PE. Il s’agit d’éviter de forger des opinions sur des faits éventuellement biaisés.

En sus des critères d’évaluation, il serait également important de préciser les éventuelles variations de fréquences d’échantillonage.

Si un paramètre n’est pas vraiment étudié, il y aura peu de cas recensés dans une population.
La valeur relative des occurences sera difficle à comparer simplement, 20 ans plus tard, d’autant que l’intérêt à se focaliser sur ce paramètre à changé. Des corrections s’imposent, et cela devient technique pour ne pas dire rébarbatif.

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