ico Société Le cauchemar de La Sallaz

27 février 2004 | Catégorie: société

Dans 24 Heures, le musicien et enseignant Patrick Bron s’énerve de l’ostracisme que la Radio suisse romande manifeste à l’égard de la musique dite populaire, et qui d’ailleurs se trouve être, en effet, très populaire. Hors le ghetto du Kiosque à musique en effet, cette musique est bannie des ondes comme s’il s’agissait d’une chose vaguement obscène.

« Lorsqu’on interroge les programmateurs musicaux de La Première sur les raisons de ce silence assourdissant, toujours la même réponse : « Ce n’est pas dans le concept ! » , note Patrick Bron.

Seule la variétoche internationale est tolérée sur la RSR, pourvu qu’elle soit passe-partout, insipide, incolore et sans origine perceptible. Anonyme, sans papiers et sans couleurs. A preuve les nombreux reportages consacrés au festival de musique électronique « LaSuisse » à Londres, au cours desquels on a entendu des productions de musiciens suisses strictement calibrées et formatées sur le modèle mondial, autrement dit une musique qui aurait aussi bien pu être produite dans le Bronx, à Marseille ou à Jakarta. Cool ! Les musiciens suisses sont donc capables de singer la soupe musicale internationale. Quel talent !

Mais qui osera demander à la RSR de changer ce fameux « concept », sorte de dogme coulé dans le bronze, tombé d’on ne sait quelle divine bouche de La Sallaz ? On pourrait non seulement changer ce « concept » de conformisme absolu, on pourrait aussi changer les gens qui l’ont décrété. Mais certes : qui serait assez fou, assez audacieux pour diffuser un seul morceau de musique populaire entre 6h. et 8h. du matin ? Il y a des choses qui ne se font pas dans une radio publique moderne.

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