ico Société Des bienfaits de la drogue…

21 septembre 2005 | Catégorie: société

On publie décidément tout et n’importe quoi. Voici que trois médecins courageusement anonymes publient un… mode d’emploi des drogues, “utiles” pour évacuer le stress!!

Et, pardon du peu, ce manuel suspect paraît aux Editions Médecine & Hygiène, maison sérieuse s’il en est. On croit comprendre que l’éditeur ne fait là qu’assumer un ancien contrat, à son corps plus ou moins défendant. Il aurait peut-être mieux fait d’assumer les conséquences d’un refus de publier ces divagations dangereuses.

Si l’on en croit l’interview d’une des trois femmes-médecins qui sont à l’origine de ce guide, la prise de drogues, quelles qu’elles soient, se justifie par la nécessité de «décharger l’angoisse» que génère le stress omniprésent dans notre société. Et dès lors qu’on choisit de traiter cette angoisse avec un produit, autant le faire «comme il faut», pour ne pas altérer sa santé. Serait-ce donc possible de se droguer sans aucun risque? A-t-on trouvé la pierre philosophale de la toxicomanie joyeuse?

Dans une phrase un peu malheureuse, la personne interviewée affirme: «Ce livre est destiné à tous les consommateurs qui ne sont pas encore morts». Cela ne saurait tarder, croit-on devoir compléter, s’il n’y avait Dieu merci un mode d’emploi pour se shooter sans risquer sa vie.

On peut à bon droit s’interroger sur le sens des responsabilités de ces médecins, si peu sûrs de leurs thèses qu’ils préfèrent se cacher. Car enfin, on sait bien que les toxicomanes profondément atteints ne sont pas, par définition, des gens qui font un usage «raisonnable» des drogues pour évacuer le stress (quel stress, sinon celui de la prochaine dose?), si tant est que cela soit concevable, ce que nous ne croyons pas.

Et nous ne croyons pas non plus qu’un «produit», qu’il soit naturel ou de synthèse, puisse apporter un début de solution à un mal-être lié au stress ou à des problèmes personnels. Au contraire: une substance psychotrope ne va pas vous aider à faire face, elle va tout au plus vous permettre de fuir le réel un bref instant, en attendant qu’il ne vous retombe dessus encore plus brutalement après.

Nul doute que ce livre aura un certain succès, notamment auprès des jeunes, qui verront là le guide du routard du toxico futé. Hélas! Il n’y a pas de toxicos futés, mais seulement des victimes. Ce livre, porté par l’autorité de médecins supposés connaître leur sujet, est un formidable brouillage de pistes qui fera certainement de nouvelles victimes, des hommes et des femmes qui auront cru que les drogues ne sont pas intrinsèquement mauvaises, pourvu qu’on les prenne de la bonne manière.

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Commentaire de David Rémondeulaz le 21 septembre 2005 à 5:06

Et la Dianétique, est-ce mieux?
 
Bonjour,

En arrivant à la fin de la lecture de votre excellent article “Des bienfaits de la drogue…” je dois avouer que de voir une annonce Goooooooogle pour la Dianétique me fait rire de bon coeur!

Est-ce que la scientologie serait mieux que les drogues pour évacuer le stress?

Je suis bien conscient que ces publicités défilent aléatoirement. De plus, vu la pertinence et la qualité de vos articles, je ne vous en tiens nullement rigueur.

Avec mes meilleures salutations et merci pour votre site.

D. Rémondeulaz (Zürich)

PS: j’ai fait un “print screen” afin de garder un souvenir de cette situation cocasse.

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Griffures



La double mort des soldats russes

Des mères de soldats russes tués en Ukraine ont eu le front de se plaindre que leurs fils aient été enterrés en catimini. Elles ont aussitôt été déclarées “agents de l’étranger.”
Il faut dire que leurs garçons ont eu la malchance de mourir dans une guerre qui n’existe pas officiellement, raison pour laquelle Poutine les a fait enterrer comme des chiens.
Ils n’avaient qu’à mourir pour la mère patrie !

Berne: foire aux oignons, foire aux pots-de-vin !

Selon 24 Heures du 29 août, de plus en plus d’élus sous la coupole touchent des pots-de-vin de la part des caisses-maladie – sans doute pour accélérer la réforme du système.
Mme Isabelle Moret a proposé qu’au moins on sache si les mandats distribués étaient rémunérés – comme si le contraire eût été possible. Proposition sèchement retoquée, sous prétexte que, si on ne connaît pas le montant, “ce n’est pas intéressant”.
Oui, mais si on connaît le montant? Réponse d’anthologie de l’UDC Céline Amaudruz: “La publication du montant des revenus n’est pas souhaitable car elle encouragerait le voyeurisme et affaiblirait la confiance du public envers la classe politique.”
Mauvaise foi compacte, propre à ruiner définitivement le peu de confiance du public envers un classe politique hélas largement corrompue.


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