ico Justice inique face aux criminels de la route

11 janvier 2009 | Catégorie: l'invité

Michaël Cordier*

Vendredi 9 janvier 2009 à Genève, la justice a encore rappelé que le fait de tuer sur la route à la suite de prises de risques extrêmes et délibérées est un acte assimilé à un délit de « gentleman ». La fondation RoadCross milite activement depuis plusieurs années pour que les chauffards soient traités par la justice comme de vrais criminels. Une initiative populaire allant dans ce sens doit être lancée au printemps.

2 ans d’emprisonnement avec sursis de 5 ans : voilà ce dont a écopé l’homme qui a tué Tamara (17 ans) dans la nuit du 5 au 6 mai 2007 sur l’autoroute A1 entre Genève et Lausanne à hauteur de l’échangeur du Vengeron. Ce soir là, Tamara et sa famille, elles, ont été condamnées à jamais. Le fautif faisait la course contre un ami à une vitesse estimée entre 154 et 224km/h sur un tronçon limité à 80km/h lorsqu’il a percuté par l’arrière une voiture qui roulait normalement. Ivre, ce chauffard a pris la fuite après l’accident à bord du véhicule de son complice, sans porter secours aux victimes, tout en prenant le soin de retirer les plaques d’immatriculation de son propre véhicule détruit.

5 ans de retrait de permis et à peine plus de 40’000 francs de dédommagement (tort moral et enterrement) sont venus compléter la sentence; c’est probablement tout ce qui est susceptible de faire réfléchir le fautif, mais c’est plutôt maigre en regard de la gravité des actes commis. Quant au complice, il a été gratifié de 180 jours-amende avec sursis. On assiste là à une vraie mascarade judiciaire en somme. Dans la voiture conduite par la mère de Tamara, 6 passagers étaient assis au lieu des 5 autorisés. Sans ceinture, Tamara n’avait que très peu de chance de réchapper de la violence de l’accident. L’erreur de la mère n’est cependant pas de nature à atténuer les fautes commises par le chauffard et par son complice.

Cet exemple inique est représentatif de la douceur actuelle du système judiciaire à l’encontre des criminels de la route. Des sanctions plus fortes auraient au moins le mérite de faire comprendre aux chauffards la gravité de leurs actes et d’en dissuader de nouveaux. L’important n’est pas de condamner à des peines maximales, mais bien de fixer des peines minimales offrant la certitude de l’emprisonnement lorsque des comportements volontaires et extrêmement dangereux conduisent à la mort ou à des lésions corporelles graves. L’initiative populaire de RoadCross, soutenue par des membres de tous partis politiques, tente d’élaborer des instruments efficaces pour lutter contre ce petit nombre de conducteurs à l’origine de quantité de drames humains sur nos routes.

* Animateur de RoadCross

****½49votes




Commentaire de Jan Marejko le 26 janvier 2009 à 10:20

Bravo! Vous vous attaquez à cette idole qu’est devenue la voiture. Je vous signale qu’un rapport de l’OMS (disponible sur internet) déclare qu’il y a 1,2 millions de personnes tuées sur les routes chaque année dans le monde. C’est si énorme que cela paraît incroyable et j’ai dû relire ce rapport plusieurs fois pour le croire.
Meilleurs messages

Commentaire de Antonio Giovanni le 10 août 2013 à 12:14

Mais qui donc a fait ces lois scélérates ? Vos élus aidés d’avocaillons leur tenant la plume, qui salivent à toute nouvelle législation qui enfle la foule des prétoires et remplir démesurément leur insatiable gousset: il faut choisir nos représentants hors des lobbies et des mafias; mais le peut-on encore dans un système électoral où les partis ont la haute main sur le verrouillage des listes de candidats???

*
*


* Ces champs sont obligatoires ! Veuillez entrer votre nom complet, les commentaires ayant un pseudonymes ne seront pas pris en considération.