Avant de répondre à cette question, il faut définir ce qu’on entend par libéralisme. Le libéralisme, c’est la responsabilité de l’individu. C’est une société où le citoyen a des droits, mais également des devoirs. Des devoirs envers l’Etat, envers ses concitoyens, mais également envers son environnement. Dans ce contexte, il est évident qu’une écologie libérale est une écologie de responsabilités et de devoirs.
Il est important de ne pas confondre libéralisme et néolibéralisme. Le second est dévoué entièrement à l’économie. Il prône un développement à n’importe quel prix et fausse le bon sens qui devrait nous animer. Par exemple, est-il normal de pêcher des crevettes en Mer du Nord, de les envoyer pour être décortiquées et conditionnées au Maroc, puis de les ramener au nord pour être commercialisées ? Jusqu’où irons-nous dans ces transports absurdes et polluants ?
On entend souvent dire que des mesures écologiques empêchent la croissance… Pour se convaincre du contraire, prenons le cas de la Suède. Ce pays a un ratio d’émissions de gaz à effet de serre par habitant parmi les plus faibles des pays développés, malgré un climat rigoureux. Or, les émissions de gaz à effet de serre dans ce pays ont baissé de 3% depuis 1990, malgré une hausse de 25% du PIB !
De nombreuses personnalités de droite ne connaissent pas les sujets qui touchent à l’écologie pour la bonne raison que ça ne les intéresse pas. Les problèmes environnementaux n’ont jamais été une priorité dans les partis de droite. Durant des années, les “écolos” ont été simplement considérés comme des “empêcheurs de tourner en rond, juste bons à être pendus pendant qu’il reste encore des arbres”.
Il est difficile de changer cette vision des choses et de démontrer aux milieux de l’économie que l’écologie a un rôle important à jouer dans nos entreprises. Mais de nombreux exemples existent, tels l’entreprise 3M, propriété de Monsanto, aux Etats-Unis. Cette société a mis sur pied un programme intitulé La prévention de la pollution, ça paie!. Elle a fait savoir qu’elle a enregistré un accroissement significatif de ses profits, résultat direct de l’attention portée à la suppression de toutes les causes de pollution qu’elle avait réussi à identifier.
Même la ministre française de l’écologie, Mme Bachelot – qu’on ne peut pas vraiment qualifier d’écologiste –, dit: “Ce siècle sera soit celui du changement climatique subi et restera dans l’histoire comme une période d’irresponsabilité collective, soit celui du changement maîtrisé, qui marquera la maturité de l’humanité face à son développement”.
Une société écologique et libérale est une société mature, où les politiques ne se laissent plus manipuler par les lobbies, mais prennent leurs responsabilités d’élus du peuple.
Isabelle Chevalley, Ecologie libérale
Le même jour, le Conseil fédéral parvient à liquider le Haras national et 160 lignes de bus régionales, et à jeter 290 millions supplémentaires par les fenêtres au titre de l’aide aux Pays de l’Est.
Pour la même somme, on aurait pu maintenir une dizaine de haras nationaux et de lignes de transports publics.
Evidemment, c’est en Suisse…
Admirable, ce canular de la caserne de Bière! Et révélateur de la légèreté des médias qui, tout affairés à tirer sur l’armée, se dispensent des vérifications élémentaires. Le plus accablant est que tous, sans exception, ont repris sans le moindre esprit critique la vidéo du Blick, et l’ont présentée comme un fait divers authentique.
Espérons que cela servira de leçon, car ce genre de mystification est appelé à se multiplier, si les médias persistent à privilégier l’immédiateté à la vérité. Et cela pourrait porter sur des sujets autrement plus graves qu’un bizutage bidon.
Qui a dit que la qualité de la presse s’effondrait?
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Economie et écologie
Si, sur le fonds, je puis être d’accord avec Mademoiselle Chevalley, je diffère totalement quant à ses appréciations économiques. En effet, les entreprises ont tout intérêt à englober le développement durable dans leurs préoccupations principales. Malheureusement, et je suis placé pour le savoir, lorsque des solutions novatrices sont trouvées, certains fonctionnaires bernois de l’Office fédéral de l’environnement, des forêts et du paysage (OFEFP) se cantonnent dans des schémas dépassés et n’apportent pas le soutien nécessaire et indispensables à ces projets. En ce qui concerne son apologie du groupe Monsanto, je la renvoie aux appréciations des agriculteurs du monde entier sur les OGM produits par cette multinationale. En cela, elle est en complète contradiction avec les thèses des écologistes fondamentalistes.
En résumé, Mademoiselle Chevalley est une théoricienne à laquelle il manque la pratique d’un entrepreneur. Ce dernier, confronté journellement à des choix cornéliens, doit peser au gramme près les intérêts de son entreprise, de ses employés et du milieu naturel dans lequel il évolue, tout en conservant une marge financière lui permettant d’investir dans la recherche et le renouvellement de son outil de travail.
La critique est facile, l’art est difficile.
Charles Friderici
Président d’Aqua Nostra de l’Ouest vaudois
Ecologie vs. Economie
Les critiques de M. Friderici sont fondées: aucune multinationale n’est parfaite, aucun office fédéral n’est parfait. Ceci ne nous avance guère, car, en fait, personne n’est parfait!
Cependant, en tant que chimiste industriel, je peux vous dire que les déchets coûtent et sont du gaspillage de matières premières (que l’on doit acheter). Il existe donc de nombreux cas où une amélioration écologique va de paire avec une amélioration économique, souvent par augmentation de l’efficacité ou par des recyclages appropriés. Jeter la pierre à toute tentative dans ce sens est contre productif. Monsanto a fait du bon travail sur ce point, et on doit le reconnaître. Cela n’empêche pas de critiquer cette même société sur d’autres points (même si nous ne devons pas toujours suivre les “écologistes fondamentalistes” que M. Friderici mentionne).
Quant à l’inertie de certains fonctionnaires, cela devrait nous poussez à lutter, et non à baisser les bras. Les fonctionnaires sont nos employés, et en dernière instance, doivent obéir au peuple et à ses représentants; élisons donc des gens avec une vue réaliste de l’écologie et pas de rejet viscéral de l’économie, et on peut faire avancer le débat. De plus, il ne faut pas jeter le bébé avec l’eau du bain. l’OFEFP joue de nombreux rôles positifs, il faut viser à améliorer ce qui doit encore l’être.
En substance, l’écologie doit lutter contre une image qui la juge incompatible avec l’économie. Les réflexes sont profondément ancrés, et sont peut-être justifiés au vu des prises de positions parfois extrêmes de groupements écolos. Il faut dépasser cette idée, et si dire qu’il y a, au contraire, une place pour une écologie réfléchie, et compatible avec les besoins de l’économie.
Ainsi, par exemple, il est clair qu’un jour ou l’autre, il n’y aura plus de pétrole disponible. Investir dans les énergies renouvelables dès maintenant, permettrais de se positionner dans ce futur pas si lointain avec une certaine avance, et de dynamiser peut-être ainsi certains secteurs de notre économie.
Par une taxe CO2 intelligemment mise en place, on peut aider financièrement ceux qui font un effort en taxant ceux qui n’en font pas… tout en veillant à ne pas étouffer des branches économiques, telle la fabrication du ciment, qui par définition utilisent beaucoup de combustibles.
En résumé donc, il nous faut des gens qui comprennent les “choix cornéliens” des entrepreneurs. Qui aient des objectifs d’écologie sans nier la situation réelle, la concurrence internationale et les libertés personnelles, des gens qui peuvent peser les intérêts d’une société libérale et de la nécessaire conservation de notre planète!