Si l’affaire Polanski provoque un malaise, c’est bien celui de voir les “acteurs culturels” réclamer un statut juridique spécial pour les leurs. Car bien entendu, lorsqu’on est une star de la culture, on est au dessus des lois, on a même droit à une clémence qu’on refuse aux anonymes lorsqu’on se tape des mineur(e)s ou, comme tel écrivain italien d’extrême-gauche, lorsqu’on on assassine des policiers.
Il est vrai que si la Suisse appliquait les lois comme la France, où la justice fonctionne traditionnellement à deux vitesses – une pour les riches et les stars, une pour les pauvres -, nous nous épargnerions bien des ennuis! Hannibal Kadhafi pourrait continuer à tourmenter ses laquais (ce ne sont que des domestiques, n’est-ce pas?), tandis que Polanski pourrait faire la nique à la justice américaine depuis Zurich.
On se dit que finalement, il vaut mieux que les “acteurs culturels” ne se mêlent pas de politique, car alors ils instaureraient un véritable système de privilèges, à leur profit exclusif bien entendu. Du genre de celui évoqué ironiquement lundi sur La Première par Jean-Charles Simon, qui proposait une révision du Code pénal: “Les crimes pédophiles sont imprescriptibles pour tout le monde, sauf pour les artistes et les cinéastes franco-polonais.”
Le même jour, le Conseil fédéral parvient à liquider le Haras national et 160 lignes de bus régionales, et à jeter 290 millions supplémentaires par les fenêtres au titre de l’aide aux Pays de l’Est.
Pour la même somme, on aurait pu maintenir une dizaine de haras nationaux et de lignes de transports publics.
Evidemment, c’est en Suisse…
Admirable, ce canular de la caserne de Bière! Et révélateur de la légèreté des médias qui, tout affairés à tirer sur l’armée, se dispensent des vérifications élémentaires. Le plus accablant est que tous, sans exception, ont repris sans le moindre esprit critique la vidéo du Blick, et l’ont présentée comme un fait divers authentique.
Espérons que cela servira de leçon, car ce genre de mystification est appelé à se multiplier, si les médias persistent à privilégier l’immédiateté à la vérité. Et cela pourrait porter sur des sujets autrement plus graves qu’un bizutage bidon.
Qui a dit que la qualité de la presse s’effondrait?
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Et c’est bien triste!
C’est comme lorsque meurt un journaliste: on nous tartine son éloge funèbre, dans les journaux, à la radio et à la télévision. Lorsque meurt un simple flic, magistrat ou écrivain, on nous annonce éventuellement que cette personne est décédée, avec un vague résumé de carrière tiré de Wikipedia.
Alors, ça vient de quoi cette différence de traitement?
C’est bien ça le problème, Cher Philippe. Pour Hannibal, le président suisse s’excuse. Pour Polanski, il assume. Deux poids, deux mesures. Le pétrole oui, les artistes, non. C’est donc précisément le contraire de ce que vous dites: les dicatateurs et les curés peuvent mollester et perdurer en liberté, les artistes doivent “rendre des comptes”.
Et si on échangeait Polanski contre nos deux otages de Libye?
Ni les curés, ni les dictateurs ni les artistes, aussi géniaux soient-ils, n’ont le droit de molester (avec un seul “l”, je vous prie). Ce qui me dérange profondément, c’est la mansuétude accordée spontanément au pédophile Polanski par le club international des artistes bien-pensants de grand(s) talent(s). Oui, Monsieur Passer, les artistes doivent aussi parfois rendre des comptes. Le fait que des fils de dictateurs passent entre les gouttes n’excuse en rien les fautes des autres.
Bon, je pense qu’il faut bien lire la presse sur le web pour tenter de comprendre cet embroglio juridique. Il semble que juge US de l’epoque n’ait pas respecte l’accord initial de polanski de plaider coupable et de passer une 20aine de jour en prison pour controle psychiatrique. Je pense qu’a l’epoque tous ces artistes etaient tous chootés comme le tout hollywood…et tout le monde baisait avec tout le monde…La question est de savoir si une extradition couteuse sans compter la procedure judiciaire suisse vont apporter qq chose. Une peine privative de liberte a aussi un but pedagogique, sans compter les sequelles de la victimes qui doivent etre indemnisees. Mais sommes nous encore dans ce cas de figure? cela ne me semble pas le cas. Pourquoi pas lui demander de payer une amende pour les victimes de viols en general, et classer l’affaire?