Les nostalgiques du nucléaire avaient cru voir renaître l’espoir: selon la SonntagsZeitung, Mme Doris Leuthard envisagerait de retarder la fermeture de la centrale de Leibstadt. Or il apparaît que cette information était totalement fausse, une manipulation lancée par on ne sait qui (mais on devine!). Il va devenir de plus en plus difficile de trier le vrai du faux, puisque manifestement les journalistes, dont c’est le métier, ne le font plus.
Ajoutons qu’ils font des choix surprenants parfois: il y a quelques jours, le plus grand chantier jamais entrepris par l’humanité a commencé en Ukraine. Il s’agit d’un chantier colossal à 1,54 milliards d’euros, le nouveau sarcophage de la centrale de Tchernobyl, appelé “L’Arche de Tchernobyl” – on a les symboles qu’on peut. Or, les médias n’en ont parlé que du bout des lèvres, voire pas du tout. Etonnant,non? Commentaires.com y reviendra quand même…
L’historien romain Ammien Marcellin, qui était par ailleurs un haut gradé de l’armée impériale, était clairvoiyant, réfléchi et, selon les spécialistes, étonnnamment impartial. Il a ainsi pressenti l’imminence de la chute de l’Empire, en décrivant un monde ployant sous le poids des impôts, et victime de la paupérisation de vastes segments de la population.
Tiens tiens! Serions-nous donc à la veille de la chute d’un empire?
Le soutien de l’UDC au référendum contre la vignette à 100 francs suscite quelque colère dans le canton de Vaud. On laisse entendre en effet que le succès du référendum devant le peuple compromettrait le financement du contournement autoroutier de Morges.
Sachant l’impact dévastateur de ce projet sur une région encore relativement préservée, comme le montre cette vidéo effarante, on se dit que la vignette à 50 francs a du bon !
Quoi qu’il en soit, ce qui importe, ce n’est pas tant l’échéance que la volonté de trouver une manière intelligente de sortir du nucléaire dans des délais réalistes. Forcément arbitraire, l’échéance fixée a pour seul intérêt de fixer un but.
Sortir du nucléaire est très simple en théorie puisqu’il existe deux leviers: réduire la consommation et développer des moyens de production écologiques.
En ce qui concerne la réduction de la consommation, je vois deux solutions: un changement de mentalité (solution hélas utopique), d’un côté, et le développement d’appareils moins gourmands, de l’autre. (Bien sûr, j’entends déjà l’ethnocentriste moyen, ignorant superbement que le problème de l’énergie est un problème global, nous dire qu’il faut avant tout stopper les mouvements migratoires. Comme si l’impact à l’échelle planétaire des watt-heures consommés en Suisse était différent de celui des watt-heures consommés ailleurs.)
Quant au développement de moyens de production écologiques, j’y vois de formidables enjeux pour les chercheurs. Une opportunité sans pareille pour des entrepreneurs dynamiques; un peu comme l’était la conquête de l’espace il y a un demi-siècle.
Pour ma part, je ne vois donc pas très bien pourquoi il y a tant de haine entre pro- et anti-nucléaires. Ne peut-on pas simplement reconnaître que l’énergie nucléaire est une formidable invention… potentiellement destructrice ?
Bref, sortir du nucléaire sera certes très difficile, mais c’est un défi hautement intéressant qui vaut la peine d’être relevé. Après «un petit pas pour l’homme, un grand pas pour l’humanité», il est temps de tenter de faire un grand pas pour l’homme. Et de s’en donner les moyens.