Le socialiste Roger Nordmann préconise un système de financement des partis par lequel les gros contributeurs verseraient leur obole non pas au parti de leur choix, mais à un pot commun, qui sera réparti entre tous les partis, les plus gros (UDC et PS) obtenant les plus larges parts.
Cette combinazione grosse comme une maison permettrait enfin au PS de toucher de l’argent des banques, en tout bien tout honneur! Le hic, c’est qu’on doute que les banques aient envie de donner des sous au PS. Les gros contributeurs soutiennent les partis qui les défendent, pas ceux qui les fusillent dans le dos.
Il y a quelques jours, en France, un père de famille handicapé a été molesté par six (!) policiers pour avoir laissé sa fille de 3 ans fait pipi derrière un buisson, dans un parc public.
S’il avait eu un chien, personne ne lui aurait rien dit.
Voilà où nous en sommes: la société tolère davantage les chiens que les enfants.
La menace d’une initiative ou d’un référendum est un outil politique redoutable, et l’UDC ne se prive pas d’en user. Mais pour que cet outil reste efficace, il faut prouver qu’on sait s’en servir, et qu’on est capable de mener l’entreprise à bien. Or, le parti de Christoph Blocher tend à devenir un parti qui menace beaucoup, mais réalise peu: en matière d’initiative et de référendum, ces derniers temps, il collectionne les échecs et les ratages (secret bancaire, accord fiscal avec les Etats-Unis…).
Une initiative, un référendum ne sont efficaces que s’ils aboutissent. A en faire de simples outils de communication et de propagande, on les grille et on se grille. La dernière menace de Christoph Blocher (interdire l’adhésion à l’UE dans la Constitution) prend malheureusement le même chemin. Elle est probablement irréalisable, et de surcroît contreproductive: lier les mains des générations futures, c’est affaiblir la Suisse.
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Dans votre argumentaire, vous posez un raisonnement qui, poussé jusqu’au bout, amène des conclusions absurdes et/ou antidémocratiques. Vous êtes comme moi d’accord que l’argent dont dispose un parti lui permet d’être plus ou moins efficace lors d’une campagne. Une bonne campagne contribue à faire ainsi voter pour élire les membres ou accepter les idées de ce parti. (l’UDC avait par exemple assez d’argent pour envoyer des dépliants à tous les ménages de Suisse). L’argent du parti et donc de ses succès est donc en partie proportionnel à la fortune de ses généreux donateurs. On pourrait donc simplifier le système en donnant au vote de chacun une importance en relation avec sa fortune personnel, non ? Vous voyez donc en quoi la “combine” de Roger Nordmann est en fait un équilibrage de jeu démocratique.
Après ce magnifique dimanche qui fait le bonheur de la Suisse entière, je le dis haut et fort : Rodger Nordmann est le Conseiller national le plus rigolo de tous les temps !
Enfin une bonne nouvelle: Monsieur Nordmann est un “rigolo”. D’accord avec vous: ce jeune homme (qui ne connaît pas la res politica) nous fait en effet bien rire à chacune de ses interventions à la radio (je ne connais pas la TV et ignore donc la gestuelle que pourrait composer ce petit monsieur).
A part son côté pro domo évident, la proposition Nordmann a un autre côté inadmissible: si plus un parti a d’argent à disposition plus il peut se faire connaître et influencer les élections,alors la répartition proportionnelle aux forces des partis va renforcer les plus forts et bétonner le système.
En plus, une personne physique ou morale doit pouvoir donner ce qu’elle veut à qui bon lui semble, pourvu qu’à partir d’un gros montant (p. ex. 10 revenus médians) tout soit public.
Je n’ai par exemple guère apprécié que le soutien important de l’importateur BMW et Audi Emil Frey à l’UDC soit aussi peu mis en relation avec les positions pro-bagnoles de ce parti.