Si on en croit le compte-rendu de 24 Heures, la police s’est contentée de regarder sans réagir les casseurs de Genève briser les vitrines des banques et des bijouteries (en se servant au passage) sur le quai des Bergues. Pour ne pas “provoquer” sans doute. On comprend qu’ensuite, les voyous se soient enhardis!
Ce genre de démission fait sûrement plus de tort à la G’nève internationâle que le vote sur les minarets.
La France est une démocratie formidable! Dans laquelle un candidat peut utiliser les privilèges de la présidence pour monopoliser les médias, au mépris de ses concurrents. Six chaînes de télé, convoquées pour faire valoir le président, c’est tout simplement inouï, inimaginable ailleurs. Vous imaginez Mme Merkel organisant un show pareil? Ce serait un lynchage médiatique immédiat. En France, non, c’est normal, tout le monde est aux ordres. Tenez, les journaux horaires de France-Inter commencent invariablement par ces mots, obsédants: “Nicolas Sarkozy…”
On se croirait en Corée du Nord ou, pour rester dans l’actualité, au Sénégal. Ce n’est pas un compliment.
Il n’est pas interdit de penser qu’on a laissé faire pour ne pas provoquer, mais aussi pour faire apparaître sous son vrai jour l’angélisme et l’hypocrisie des organisateurs de tels mouvements de foule. Tout comme pour les grèves en France, leur durcissement croissant montrent les signes d’une spirale infernale qui n’a plus rien à voir avec l’expression des droits fondamentaux. Encore une fois trop de démocratie tue la démocratie. Je ne serai donc pas étonné de voir naître chez nous une interdiction progressive de telles manifestations sur des critères difficiles à établir mais qui devront l’être cependant sous peine d’escalade. Gouverner c’est prévoir. Des mesures bien plus franches et vigoureuses ont déjà été prise aux abords des stades pour un phénomène et des manifestants de même nature. Ceux qui croient encore que ces groupements sont romantiques et se traitent par le dialogue se trompent lourdement.