Si on en croit le compte-rendu de 24 Heures, la police s’est contentée de regarder sans réagir les casseurs de Genève briser les vitrines des banques et des bijouteries (en se servant au passage) sur le quai des Bergues. Pour ne pas “provoquer” sans doute. On comprend qu’ensuite, les voyous se soient enhardis!
Ce genre de démission fait sûrement plus de tort à la G’nève internationâle que le vote sur les minarets.
Il y a quelques jours, en France, un père de famille handicapé a été molesté par six (!) policiers pour avoir laissé sa fille de 3 ans fait pipi derrière un buisson, dans un parc public.
S’il avait eu un chien, personne ne lui aurait rien dit.
Voilà où nous en sommes: la société tolère davantage les chiens que les enfants.
La menace d’une initiative ou d’un référendum est un outil politique redoutable, et l’UDC ne se prive pas d’en user. Mais pour que cet outil reste efficace, il faut prouver qu’on sait s’en servir, et qu’on est capable de mener l’entreprise à bien. Or, le parti de Christoph Blocher tend à devenir un parti qui menace beaucoup, mais réalise peu: en matière d’initiative et de référendum, ces derniers temps, il collectionne les échecs et les ratages (secret bancaire, accord fiscal avec les Etats-Unis…).
Une initiative, un référendum ne sont efficaces que s’ils aboutissent. A en faire de simples outils de communication et de propagande, on les grille et on se grille. La dernière menace de Christoph Blocher (interdire l’adhésion à l’UE dans la Constitution) prend malheureusement le même chemin. Elle est probablement irréalisable, et de surcroît contreproductive: lier les mains des générations futures, c’est affaiblir la Suisse.
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Il n’est pas interdit de penser qu’on a laissé faire pour ne pas provoquer, mais aussi pour faire apparaître sous son vrai jour l’angélisme et l’hypocrisie des organisateurs de tels mouvements de foule. Tout comme pour les grèves en France, leur durcissement croissant montrent les signes d’une spirale infernale qui n’a plus rien à voir avec l’expression des droits fondamentaux. Encore une fois trop de démocratie tue la démocratie. Je ne serai donc pas étonné de voir naître chez nous une interdiction progressive de telles manifestations sur des critères difficiles à établir mais qui devront l’être cependant sous peine d’escalade. Gouverner c’est prévoir. Des mesures bien plus franches et vigoureuses ont déjà été prise aux abords des stades pour un phénomène et des manifestants de même nature. Ceux qui croient encore que ces groupements sont romantiques et se traitent par le dialogue se trompent lourdement.