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	<description>e-magazine contre le néo-conformisme</description>
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		<title>Les chiens, d&#8217;accord, mais pas les enfants!</title>
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		<pubDate>Tue, 27 Jul 2010 10:49:04 +0000</pubDate>
		<dc:creator>Philippe</dc:creator>
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S&#8217;il avait eu un chien, personne ne lui aurait rien dit.
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			<content:encoded><![CDATA[<p>Il y a quelques jours, en France, un père de famille handicapé a été molesté par six (!) policiers pour avoir laissé sa fille de 3 ans fait pipi derrière un buisson, dans un parc public.<br />
S&#8217;il avait eu un chien, personne ne lui aurait rien dit.<br />
Voilà où nous en sommes: la société tolère davantage les chiens que les enfants.</p>
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		<title>Il faut savoir faire aboutir une initiative</title>
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		<pubDate>Mon, 26 Jul 2010 06:23:38 +0000</pubDate>
		<dc:creator>Philippe</dc:creator>
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			<content:encoded><![CDATA[<p>La menace d&#8217;une initiative ou d&#8217;un référendum est un outil politique redoutable, et l&#8217;UDC ne se prive pas d&#8217;en user. Mais pour que cet outil reste efficace, il faut prouver qu&#8217;on sait s&#8217;en servir, et qu&#8217;on est capable de mener l&#8217;entreprise à bien. Or, le parti de Christoph Blocher tend à devenir un parti qui menace beaucoup, mais réalise peu: en matière d&#8217;initiative et de référendum, ces derniers temps, il collectionne les échecs et les ratages (secret bancaire, accord fiscal avec les Etats-Unis&#8230;).</p>
<p>Une initiative, un référendum ne sont efficaces que s&#8217;ils aboutissent. A en faire de simples outils de communication et de propagande, on les grille et on se grille. La dernière menace de Christoph Blocher (interdire l&#8217;adhésion à l&#8217;UE dans la Constitution) prend malheureusement le même chemin. Elle est probablement irréalisable, et de surcroît contreproductive: lier les mains des générations futures, c&#8217;est affaiblir la Suisse.</p>
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		<title>Et revoilà le débat européen!</title>
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		<pubDate>Mon, 26 Jul 2010 06:14:16 +0000</pubDate>
		<dc:creator>Philippe</dc:creator>
				<category><![CDATA[suisse]]></category>

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		<description><![CDATA[Faut-il que le creux de l’été soit creux, pour qu’on nous ressorte un poussif débat européen, à l’image d’une vieille radio fatiguée qui recycle ses émissions du printemps...]]></description>
			<content:encoded><![CDATA[<h3><span style="color: #800000;">PHILIPPE BARRAUD</span></h3>
<p>Faut-il que le creux de l’été soit creux, pour qu’on nous ressorte un poussif débat européen, à l’image d’une vieille radio fatiguée qui recycle ses émissions du printemps&#8230;</p>
<p>Il y a quelques jours, <strong><em>La Première</em></strong> nous a offert un accrochage courtois mais ferme entre Doris Leuthard, présidente de la Confédération, et un journaliste de la chaîne. Récitant le chapelet pro-adhésion obligatoire dans tous les médias, ce dernier ne cessait de ressasser le refrain selon lequel «les bilatérales sont à bout de souffle», «l’Europe est fatiguée de la Suisse», et qu’il fallait donc «passer à autre chose, par exemple, l’adhésion».  Mme Leuthard eut beau lui répliquer fermement qu’il était bien le seul à penser cela («Ce n’est pas l’avis du Conseil fédéral, ce n’est pas l’avis de la Commission européenne»), il n’en démordit pas. Dame, on ne change pas ainsi de religion!</p>
<p>Ce dialogue acidulé est à l’image du débat européen que bon nombre de politiciens, en mal de propositions novatrices, tentent maladroitement de raviver. Certes ils disposent d’un avantage massif, sous la forme de l’appui compact et systématique des médias, qui n’hésitent pas à utiliser les ficelles les plus grossières, voire les plus mensongères. Par exemple, venir affirmer que la Suisse est «humiliée» lorsqu’elle reprend le droit européen à la carte, alors qu’il serait «digne» de se le voir imposer sans possibilités de recours, est assez fort de café. En effet, vouloir faire croire aux Suisses qu’après une adhésion, sous une forme ou sous une autre, la Suisse aurait son mot à dire dans l’élaboration du droit européen, est une vaste plaisanterie. Elle serait la vingt-septième roue du char, loin derrière les décideurs de la France-Allemagne, et ne pèserait d’aucun poids. Par contre, on ne la raterait pas comme contributeur massif au financement de l’usine à gaz.</p>
<p>Les fanatiques de l’adhésion prennent en réalité un risque considérable à relancer ce débat à quelques mois des élections fédérales. D’abord parce que d’ici là, rien ne peut être formellement relancé, et encore moins décidé. Quelle que soit l’agitation ambiante, le Conseil fédéral ne prendra, sagement, aucune initiative dans un contexte préélectoral. Donc, on n’assistera, au mieux, qu’à un grand brassage de vent, parfaitement stérile. C’est d’autant plus vrai que le courant adhésionniste, dans la population, est en berne. Même les jeunes sont hostiles à une telle démarche. On comprend nos concitoyens: l’Europe va mal, la Suisse va bien, pourquoi donc devrait-elle se saigner aux quatre veines, et sacrifier ce qui fait sa spécificité et sa prospérité?</p>
<p>Quel paradoxe, tout de même! Dans l’Union européenne, une bonne partie de la population nous envie – il suffit d’écouter, non pas les politiciens, mais les citoyens des pays de l’UE: parfois, on se surprend à penser qu’ils exagèrent, quand même! Mais rien n’y fait: en Suisse, la coterie politico-médiatique continue à rêver une UE qui n’existe pas, s’estime meurtrie de ne pas avoir un passeport européen, s’indigne de ne pas pouvoir infliger à notre population une TVA à 20%, et un droit européen aussi monumental que tatillon – raison pour laquelle il n’est pas vraiment appliqué: la statistique des directives restées lettres mortes dans certains pays, comme l’Italie, est monumentale.</p>
<p>De toute façon, il est objectivement clair que les Suisses ne sont pas prêts à liquider leurs droits populaires, et la démocratie directe. C’est un obstacle massif et incontournable, sur lequel viendront encore longtemps se fracasser les rêves de carrière européenne de nos politiciens aux dents longues.</p>
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		<title>Blocher, les ricaneurs, les moralistes</title>
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		<pubDate>Sun, 25 Jul 2010 16:16:52 +0000</pubDate>
		<dc:creator>Philippe</dc:creator>
				<category><![CDATA[suisse]]></category>

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		<description><![CDATA[Il aura 70 ans le 11 octobre, n’a jamais été aussi jeune. Là où d’autres s’assoupissent, il veille. Au cœur de l’été, il lance une offensive. Une initiative anti-adhésion. Oui, Christoph Blocher tient une forme d’enfer, comme il sied au diable, d’ailleurs il est le diable, le sait, en joue, et des entrailles du néant, brille de mille feux. Bref, Blocher fait du Blocher : c’est dans ce rôle qu’il excelle.]]></description>
			<content:encoded><![CDATA[<h3><span style="color: #800000;">PASCAL DECAILLET</span></h3>
<p>Il aura 70 ans le 11 octobre, n’a jamais été aussi jeune. Là où d’autres s’assoupissent, il veille. Au cœur de l’été,  il lance une offensive. Une initiative anti-adhésion. Oui, Christoph Blocher tient une forme d’enfer, comme il sied au diable, d’ailleurs il est le diable, le sait, en joue, et des entrailles du néant, brille de mille feux. Bref, Blocher fait du Blocher : c’est dans ce rôle qu’il excelle.</p>
<p>Dans son combat contre l’Union européenne, le vieux lion est parfaitement clair, cohérent, il a défini une stratégie à très long terme, s’y tient contre vents et marées, se contrefout de ce qu’on dit de lui. Il est debout. Il se bat. Les aigris, les ratiocineurs ricanent. Ou font la morale. Ils ne savent faire, à peu près, que cela. Pendant ce temps, lui, dans un terrain qu’il étudie depuis quarante ans et dont il connaît chaque anfractuosité, conquiert patiemment des positions, les tient, progresse. Il n’est pas Masséna, ni Joffre, ni Nivelle : contrairement aux apparences, il est loin d’être l’homme des grandes offensives. Il serait plutôt celui de la guerre de position, tranchée après tranchée. Il n’a pas peur du temps qui passe.</p>
<p>Je les entends encore, ceux qui l’annonçaient comme mort au soir du 12 décembre 2007, suite au pronunciamiento parlementaire qui avait combiné sa perte. Il aurait fallu ne plus jamais parler de lui, dissoudre jusqu’à la mémoire de ce qu’il avait été. Eh bien non, le fauve est toujours là. Le vrai chef de l’UDC c’est lui. Le diapason des prochaines élections fédérales, c’est lui qui le tient. Et alors que Pascal Couchepin, qui avait cru judicieux de le traiter de Duce, somnole dans d’improbables conseils de fondation, il se trouve, lui, au cœur du dispositif de bataille pour octobre 2011. La politique est un démon. Son démon à lui, simplement, doit être plus puissant que d’autres.</p>
<p>Et puis, ils ont été quelques-uns, depuis sa mort, à tout entreprendre pour sa résurrection, un véritable comité de soutien. M. Steinbrück, en Allemagne. M. Woerth, en France, ah Monsieur Woerth, sublime allié, l’homme dont chaque péripétie fait grimper encore un peu plus les intentions de vote UDC à l’automne de l’an prochain ! L’autre allié, en Suisse, étant évidemment Christian Levrat, jamais meilleur ami de Blocher que lorsqu’il embrasse, avec ardeur et dévotion, ce que beaucoup, dans le peuple suisse, perçoivent comme le parti de l’étranger. Se sont-ils donné le mot, MM Steinbrück, Woerth et Levrat pour que le parti de Blocher s’en aille allègrement flirter, d’ici moins de quinze mois, avec la barre des 30% ?</p>
<p>Dès ce soir, sur les ondes, je vous le donne en mille, vous entendrez parler de lui, comme le chantait si divinement Barbara. On le raillera. On le vilipendera. On trouvera trente-six mille arguments pour pulvériser son initiative anti-adhésion. Mais son nom, maintes fois, sera prononcé. Et sa figure, avec une récurrence d’éternité, resurgira. À ses ennemis, il faudrait peut-être la croix, ou quelques gousses d’ail, le tressautement d’un Vade Retro, ou alors le napalm, on brandit les armes qu’on peut. Quand ils les auront toutes utilisées, en vain, il leur restera les ultimes bottes de Nevers où ils sont passés maîtres : le ricanement et la morale.</p>
<p>Alors ricanez, Messieurs. Moralisez. Et rendez-vous en octobre 2011.</p>
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		<title>L’Hebdo et Guisan: la réplique des historiens</title>
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		<pubDate>Sun, 18 Jul 2010 20:59:41 +0000</pubDate>
		<dc:creator>Philippe</dc:creator>
				<category><![CDATA[suisse]]></category>

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		<description><![CDATA[«Monsieur le rédacteur en chef,
L’article publié par M. Patrick Vallélian, dans votre magazine le 17 juin 2010 sous le titre «Les accords secrets entre Guisan et la France» parle, à propos des révélations qu’il contient, d’une «bombe» alors qu’il s’agit, tout au plus, d’un pétard mouillé.]]></description>
			<content:encoded><![CDATA[<p><em> (Nous avons mentionné dans un autre <a href="http://www.commentaires.com/suisse/histoire-un-revisionnisme-qui-salit" target="_blank">article</a> la lettre adressée à </em>L’Hebdo<em> par les historiens Jean-Jacques Langendorf  et Pierre Streit. Malgré son intérêt évident, elle n&#8217;a pas été publiée. La voici donc. – Réd.)</em></p>
<p>«Monsieur le rédacteur en chef,<br />
L’article publié par M. Patrick Vallélian, dans votre magazine le 17 juin 2010 sous le titre «Les accords secrets entre Guisan et la France» parle, à propos des révélations qu’il contient, d’une «bombe» alors qu’il s’agit, tout au plus, d’un pétard mouillé. En effet, l’histoire de ces contacts a été largement évoquée par des historiens comme Edgar Bonjour (1970), Georg Kreis (1976), Willi Gautschi (1989) et Jacques Engeli (2006) sans parler de Bernard Barbey qui, dans son livre Aller et Retour (1967) raconte dans le détail les contacts qu’il a pris, sur l’instigation du Général Guisan,  avec les plus hautes autorités militaires françaises afin de mettre sur pied une collaboration militaire franco-suisse, indiquant dans sa préface que Guisan, dès la fin du service actif, l’avait encouragé à publier ces pages. Bonjour, dans son <em>Histoire de la Neutralité</em>, souligne qu’à partir d’octobre 1939 une étroite collaboration militaire s’était établie entre la Suisse et la France. Le texte de l’historien bâlois nous fournit tous les détails sur les formes revêtues par cette dernière, ne laissant rien à désirer par rapport à ceux de M. Vallélian. D’ailleurs, pendant la guerre déjà, des voix critiques se sont élevées pour s’interroger sur la légitimité d’une telle coopération. Elles n’ont jamais tari depuis.</p>
<p>En ce qui concerne les affirmations de M. Alain-Jacques Tornare,  on peut se montrer surpris. Selon lui, si les troupes françaises du front nord-ouest ont été battues, entraînant l’effondrement de la France, c’est parce qu’elles ont dû se passer des divisions retenues à l’est et destinées à venir éventuellement au secours d’une armée suisse trop faible pour contenir une attaque de la  Wehrmacht contre son territoire ! Donc, si la France a été vaincue, c’est la faute à la Suisse ! Interrogé après la défaite par une commission d’enquête, le général Georges, commandant en chef du front nord-est, a répondu qu’en raison des bonnes communications ferroviaires avec le front du nord-ouest, «il n’y avait aucun inconvénient  à ce que j’eusse conservé ces divisions, notamment pour un appel des Suisses.» D’ailleurs quel rôle auraient-elles pu jouer dans une armée, reflet de l’avachissement de tout un pays,  dépassée par l’initiative, l’inventivité et l’agressivité allemandes? A ce propos, il serait bon que M. Tornare relise, ou lise,  les propos classiques (1941) de l’historien français Marc Bloch (fusillé par les Allemands) dans son livre <em>L’Autopsie d’une défaite.</em><br />
Je vous prie d’agréer, Monsieur le rédacteur en chef, mes salutations distinguées.»</p>
<p>Jean-Jacques Langendorf<br />
Institut de stratégie et des conflits-Commission française d’histoire militaire, Paris</p>
<p>Pierre Streit<br />
Directeur scientifique , Centre d’Histoire et de Prospective militaires, Pully</p>
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		<title>Histoire: un révisionnisme qui salit</title>
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		<pubDate>Sat, 17 Jul 2010 16:44:30 +0000</pubDate>
		<dc:creator>Philippe</dc:creator>
				<category><![CDATA[suisse]]></category>

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		<description><![CDATA[La commémoration du 50e anniversaire de la mort du Général Guisan a donné lieu à des  célébrations émouvantes et dignes. Elles ne pouvaient évidemment pas aller sans quelques coups bas colatéraux: Guisan est un mythe trop vivace, trop ancré dans la mémoire collective pour qu’on  s’en prive. C’est ainsi que L’Hebdo, par trois fois ce printemps, relayant la démarche d’historiens estampillés «critiques» a entrepris de «casser le mythe».]]></description>
			<content:encoded><![CDATA[<h3><span style="color: #800000;">PHILIPPE BARRAUD</span></h3>
<p><em><span style="font-size: small;">(Cet article aurait dû paraître dans </span></em><span style="font-size: small;">L&#8217;Hebdo</span><em><span style="font-size: small;">, qui nous l&#8217;avait commandé en guise de réplique à la campagne de dénigrement (non moins de trois articles) menée par l&#8217;hebdomadaire ce printemps contre le Général Guisan. Finalement, il n&#8217;a pas été publié, pas davantage d&#8217;ailleurs que la réplique cinglante de l&#8217;historien Jean-Jacques Langendorf  aux prétendues &#8220;révélations&#8221; du magazine.  Voulait-on éviter de froisser le mentor de </span></em><span style="font-size: small;">L&#8217;Hebdo</span><em><span style="font-size: small;">, l&#8217;historien Hans-Ulrich Jost? En tous les cas, cette censure est regrettable, puisqu&#8217;elle s&#8217;assimile à un refus du débat historique).</span></em></p>
<p>La commémoration du 50<sup>e</sup> anniversaire de la mort du Général Guisan a donné lieu à des  célébrations émouvantes et dignes. Elles ne pouvaient évidemment pas aller sans quelques coups bas colatéraux: Guisan est un mythe trop vivace, trop ancré dans la mémoire collective pour qu’on  s’en prive. C’est ainsi que <em>L’Hebdo</em>, relayant la démarche d’historiens estampillés «critiques» a entrepris de «casser le mythe», pour faire «jaillir la vérité» et «faire un indispensable travail de mémoire».</p>
<p>Un travail de mémoire se justifie pour faire venir au jour une réalité cachée inavouable, en particulier des crimes contre l’humanité, et qu’on a toujours niés. Appliquer les mêmes critères à l’histoire suisse pendant la IIe Guerre mondiale n’a guère de sens, dans la mesure où il n’y a rien de volontairement caché ou d’inavouable dans celle-ci. Bien sûr, et les travaux des historiens au cours des décennies passées, parmi lesquels ceux de la Commission Bergier, ont apporté un éclairage plus précis, et parfois moins flatteur il faut bien le dire, sur les acteurs de cette période et les décisions qui ont été prises, dans un contexte très tendu souvent – ce qu’on se plaît à occulter.</p>
<p>Il reste que cette ambition proclamée de «briser les mythes» ressortit dans la plupart des cas à ce qu’on pourrait appeler un révisionnisme malveillant: il ne s’agit pas d’une démarche scientifique visant à une meilleure connaissance de l’Histoire, mais de procès idéologiques <em>a posteriori</em>.  Des historiens engagés et des procureurs improvisés s’acharnent à juger les comportements des acteurs de l’époque à l’aune de la morale d’aujourd’hui, sans tenir compte du contexte – ce qui est un non-sens absolu. Or, c’est exactement ainsi que procèdent ceux qui s’acharnent à salir Guisan: n’était-il pas antisocialiste? N’a-t-il pas manifesté, à une époque, de l’admiration pour Mussolini? N’était-il pas un petit peu antisémite?</p>
<p>Pour appâter l’auditeur, on accrédite la thèse que l’Histoire telle qu’on la connaît relève d’un vaste mensonge ou d’une machination, la «bourgeoisie» ayant construit un mythe pour cacher la vérité. L’historien lausannois Hans-Ulrich Jost est un spécialiste du genre, détracteur quasi officiel de Guisan, en qui il voit un représentant du “totalitarisme suisse” (!). Le plus désolant est que cet historien d’extrême-gauche est devenu l’interlocuteur obligatoire, sinon unique, des journalistes romands depuis… une quarantaine d’années, et le maître à penser de nombreux historiens formés à l’Université de Lausanne.</p>
<p>Ce que j’aimerais dénoncer, c’est la méthode manipulatrice utilisée aussi bien par ces historiens que par les journalistes qui les écoutent. Un exemple édifiant nous en est donné dans le film,<em> </em>au demeurant estimable, de Felice Zenoni, <em>Le Général</em>. A un moment donné, un <em>historien critique</em> susurre fielleusement: «Je sens chez Guisan un relent d’antisémitisme». L’historien sait parfaitement que, sortie du contexte historique, sa petite phrase aura un effet dévastateur sur l’image de Guisan, et c’est bien là-dessus qu’il compte: le grand public, en 2010, ignore que dans les années 30, l’antisémitisme était largement répandu en Suisse, notamment dans les campagnes – rapport aux marchands de bétail. Le célèbre article de Marcel Regamey, «Défie-toi du Juif»,  en 1932, était emblématique d’un sentiment populaire très répandu, et qui d’ailleurs perdurera après la guerre. Un historien intellectuellement honnête prendrait la peine de rappeler ce contexte socio-culturel, essentiel à la compréhension des faits, et qui relativise la gravité de son propos. La démarche qui consiste au contraire à le sortir délibérément de son contexte, pour aggraver le jugement moral que l’auditeur ne manquera pas de porter, est un procédé grossier. Au passage, rappelons que des hommes tels que Constam, Commandant de corps, Dolfuss, Divisionnaire, ou Mayer, premier adjudant du Général, étaient Juifs…</p>
<p>La même désinformation sévit autour du Réduit. Je ne suis pas loin de penser que certains intellectuels contemporains auraient préféré que la Suisse connaisse les affres de la défaite, de l’occupation, des représailles, des exécutions, des déportations de Juifs et de la famine – histoire de punir la «bourgeoisie», sans doute. Le Réduit ne fut ni une trahison de l’armée, ni un abandon de la population. En réalité, ce dispositif était le seul et unique moyen de préserver la Suisse de la guerre. En 1939, l’armée suisse, mal préparée, n’avait aucune chance de contenir une offensive allemande sur le Plateau: on n’arrête pas des vagues de blindés, appuyés par l’aviation, avec des fusils, fussent-ils excellents, et de bons tireurs. Cinq à sept jours, c’est ce qu’aurait duré notre armée, avant d’être taillée en pièces, comme l’a été l’armée française.</p>
<p>Guisan l’avait bien compris, lui qui ne jurait que par le terrain. Face à une armée surpuissante, conduite par des généraux jeunes et audacieux (les Rommel, Guderian, von Rundstedt&#8230;), la meilleure et la seule défense réside dans l’occupation d’un terrain difficile – les Alpes –, où les blindés sont peu utilisables. Et puisque Guisan avait pour mot d’ordre: «Tenir à tout prix, jusqu’au bout», il fallait s’en donner les moyens, plutôt que de sacrifier les hommes sur la Glatt et la Menthue. Car tenir les Alpes, c’était tenir les passages alpins, dont la destruction volontaire aurait été catastrophique pour les Allemands. Nous avions là un argument majeur, justifiant parfaitement la stratégie du Réduit.</p>
<p>Le 14 mai 1940, les Suisses ont cru que c’était leur tour, un vent de panique a soufflé sur le pays, les habitants de Bâle fuyaient leurs maisons. De telles flambées d’angoisse se sont reproduites jusqu’à la fin de la guerre, tandis que, les hommes mobilisés, les femmes faisaient tourner le pays. Nos grands-parents ont fait du mieux qu’ils ont pu, y compris dans l’accueil des réfugiés, dans un contexte que ceux qui les jugent aujourd’hui du haut de leur suffisance dédaigneuse n’auraient probablement pas supporté.</p>
<p>Voilà pourquoi certaines démarches prétendument historiques me mettent en colère, voilà pourquoi je n’accepte pas que des bobos confits dans leur confort traitent nos grands-parents de salauds, et s’acharnent à salir la mémoire d’un Guisan qui a su, lui et lui seul, donner confiance aux Suisses, et leur insuffler l’esprit de résistance, lorsque le monde craquait de partout.</p>
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		<title>Les débats soviétiques de la RSR</title>
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		<pubDate>Tue, 13 Jul 2010 06:20:08 +0000</pubDate>
		<dc:creator>Philippe</dc:creator>
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		<description><![CDATA[Débat sur la concurrence fiscale au &#8220;Grand Huit&#8221; de La Première, le 13 juillet. Vous avez dit débat? Autour du micro sont réunis trois pourfendeurs de la concurrence fiscale, promoteurs d&#8217;une unification fiscale dans toute la Suisse! On aurait aimé entendre un son de cloche différent de celui de ces théoriciens de gauche, par exemple [...]]]></description>
			<content:encoded><![CDATA[<p>Débat sur la concurrence fiscale au &#8220;Grand Huit&#8221; de <em><strong>La Première</strong></em>, le 13 juillet. Vous avez dit débat? Autour du micro sont réunis trois pourfendeurs de la concurrence fiscale, promoteurs d&#8217;une unification fiscale dans toute la Suisse! On aurait aimé entendre un son de cloche différent de celui de ces théoriciens de gauche, par exemple celui d&#8217;un Pascal Broulis.<br />
Le choix des interlocuteurs de notre cher service public est parfois trop transparent&#8230;</p>
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		<title>Qui commande, ici? Les vétérinaires?</title>
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		<pubDate>Wed, 30 Jun 2010 08:49:39 +0000</pubDate>
		<dc:creator>Philippe</dc:creator>
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		<description><![CDATA[Il y a plusieurs mois, la Conseillère d&#8217;Etat Jacqueline de Quattro a ordonné l&#8217;euthanasie d&#8217;un chien qui avait attaqué et mordu un enfant. C&#8217;était une décision  judicieuse et de bon sens, et manifestement exécutoire. Mais voilà: les vétérinaires ont dit tout de go qu&#8217;ils refuseraient d&#8217;appliquer cette décision. Là dessus, la propriétaire du chien a [...]]]></description>
			<content:encoded><![CDATA[<p>Il y a plusieurs mois, la Conseillère d&#8217;Etat Jacqueline de Quattro a ordonné l&#8217;euthanasie d&#8217;un chien qui avait attaqué et mordu un enfant. C&#8217;était une décision  judicieuse et de bon sens, et manifestement exécutoire. Mais voilà: les vétérinaires ont dit tout de go qu&#8217;ils refuseraient d&#8217;appliquer cette décision. Là dessus, la propriétaire du chien a fait recours. Donc, il va falloir soumettre le cas à des juges, à un vétérinaire comportementaliste (sic), et si finalement les juges désavouent la ministre, il faudra tout reprendre à zéro.<br />
Cette grotesque pantalonnade &#8211; on parle d&#8217;un chien, tout de même, pas d&#8217;un humain ! -  se déroule évidemment aux frais du contribuable, qui se demande si les ministres ont encore un semblant de pouvoir dans ce pays. Si toute décision peut être contestée par ceux qui doivent l&#8217;exécuter, cela nous promet un avenir sportif. Imaginez que votre contrôleur fiscal refuse d&#8217;encaisser vos impôts, malgré les injonctions de M. Broulis, hein?<br />
Au fond, Mme de Quattro aurait dû mieux cibler sa décision, et en confier expressément l&#8217;exécution au Vétérinaire cantonal, un fonctionnaire qui doit bien avoir une seringue dans sa trousse. Lui au moins, n&#8217;aurait pas pu refuser !</p>
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		<title>Villeneuve, son lac, ses racailles</title>
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		<pubDate>Wed, 30 Jun 2010 08:38:27 +0000</pubDate>
		<dc:creator>Philippe</dc:creator>
				<category><![CDATA[suisse]]></category>

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		<description><![CDATA[Encore un personne sévèrement tabassée dans le Chablais! Cette fois, c’est d’un sexagénaire qu’il s’agit, grièvement blessé par un groupe d’ados sur les quais de Villeneuve. Pour rien, pour une remarque, alors que sa fille se faisait importuner. Et ça recommencera demain. On parie?]]></description>
			<content:encoded><![CDATA[<h3>PHILIPPE BARRAUD</h3>
<p>Encore un personne sévèrement tabassée dans le Chablais! Cette fois, c’est d’un sexagénaire qu’il s’agit, grièvement blessé par un groupe d’ados sur les quais de Villeneuve. Pour rien, pour une remarque, alors que sa fille se faisait importuner. Et ça recommencera demain. On parie?</p>
<p>Ce nouveau fait divers ne surprendra pas la population locale: ces jeunes, dont certains sont requérants d’asile tout comme leurs parents, sèment la terreur dans la région depuis longtemps. Vols, cambriolages, déprédations, agressions… leur champ d’activité est large. Les commerçants les connaissent bien, s’organisent tant bien que mal en effectuant des surveillances réciproques, mais ne parlent plus que sous le sceau de l’anonymat, par peur de représailles.</p>
<p>Il faut dire que cette bande, à géométrie variable, cultive la violence sans états d’âmes, sachant bénéficier d’une large impunité, grâce à son jeune âge. Dans un cas que nous connaissons, la police a même fait la morale à un commerçant un peu énervé (il y a laissé des dizaines de milliers de francs, depuis le temps), qui aurait dû faire preuve de compréhension pour «ces jeunes qui n’ont rien».</p>
<p>Plus grave, et c’est ce qui explique leur inquiétude, les commerçants savent aussi que les parents des plus actifs «couvrent» les vols commis par leurs enfants, se font facilement menaçants, et… déposent plainte systématiquement contre ceux qui osent encore déposer plainte!</p>
<p>On est typiquement dans ces cas de figure où la loi protège davantage les criminels que les citoyens ordinaires. La police tente d’appliquer des lois que des avocats s’empressent de contester, lesquels trouvent hélas presque toujours une oreille complaisante auprès des juges. On ne s’étonnera pas, ensuite, que les policiers ne croient plus à leur boulot, et finissent par se contenter du minimum syndical: lorsque les juges torpillent systématiquement votre travail, vous n’allez pas aller chercher de nouveaux désaveux!</p>
<p>Il serait peut-être temps que la classe politique se préoccupe de ces problèmes de sécurité, et pas seulement dans les discours. Il n’est tout simplement pas normal qu’une petite bande de voyous pourrisse la vie de toute une région, quelques soient les raisons invoquées pour ne pas agir, et même si effectivement le Code pénal des mineurs est totalement dépassé. Ces jeunes et leurs parents ont fait la preuve de leur incapacité totale à s’intégrer. Dès lors, pourquoi leur statut de requérant n’a-t-il pas encore été réglé? Pourquoi n’ont-ils pas été expulsés de Suisse? Combien d’années pourront-ils encore profiter cyniquement d’un absurde système qui, de recours en recours, vide la loi de sa substance?</p>
<p>Il faut rappeler aux politiciens qu’ils jouent leur crédibilité dans ce genre d’affaire. Et qu’ils n’apaiseront pas la colère populaire en disant que «c’est plus compliqué qu’on ne croit».</p>
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		<title>Anglicismes et français, un faux débat</title>
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		<pubDate>Tue, 29 Jun 2010 08:17:41 +0000</pubDate>
		<dc:creator>Philippe</dc:creator>
				<category><![CDATA[société]]></category>

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		<description><![CDATA[Président de l’Association «Défense du français», le conseiller national UDC jurassien Dominique Baettig part en guerre contre l’hégémonie de l’anglais dans notre langue, et la Confédération lui emboite le pas. C’est un peu ridicule, et surtout parfaitement vain!]]></description>
			<content:encoded><![CDATA[<h3><span style="color: #800000;">PHILIPPE BARRAUD</span></h3>
<p>Président de l’Association «Défense du français», le conseiller national UDC jurassien Dominique Baettig part en guerre contre l’hégémonie de l’anglais dans notre langue, et la Confédération lui emboite le pas. C’est un peu ridicule, et surtout parfaitement vain!</p>
<p>Une langue se transforme en permanence – sauf les langues mortes, évidemment –, mais ce n’est jamais sous l’impulsion de l’Etat ou de quelque académie savante. C’est l’usage qui façonne, enrichit ou appauvrit les langues, pour le meilleur et pour le pire. Le français n’a jamais échappé à la règle, qui regorge de mots empruntés à l’arabe, à l’italien, à l’espagnol, à l’allemand, à l’anglais, autant d’emprunts et d’assimilations qui font, au final, la richesse de notre langue.</p>
<p>Il est vrai pourtant que l’anglais effectue, depuis quelques années, une percée spectaculaire dans la langue de tous les jours des francophones. La faute en particulier à notre statut de consommateurs avides de biens et de services de haute technologie, inventés et développés aux Etats-Unis et en Asie. La faute aussi au fait que partout dans le monde, l’anglais s’impose comme langue universelle – aux côtés du dollar, monnaie universelle.</p>
<p>Ces deux évolutions sont probablement imparables. Une troisième, en Suisse, pourrait en revanche être évitée: c’est la tendance des entreprises à rédiger des publicités ou des messages en anglais de circonstance, par quoi on entend un anglais fabriqué tout exprès pour un marché déterminé, mais qui n’est pas de la vraie langue anglaise. Les grands opérateurs téléphoniques sont devenus des spécialistes de ces messages affichés en format mondial, souvent vides de sens, mais qui se veulent accrocheurs parce que, croit-on, les gens sont flattés qu’on s’adresse à eux en anglais. Il faut mentionner encore la paresse des grands groupes commerciaux, qui jugent plus intelligent d’afficher le mot «sale» que le mot «soldes» devant leurs magasins.</p>
<p>Il y a un aspect détestable dans les thèses de M. Baettig: «L’anglais, proclame-t-il, c’est la langue des techniciens et des marchands (…), l’anglais véhicule des valeurs qui ne sont pas les miennes.» Voilà donc qu’on invente le racisme linguistique! Cette saillie est d’une grande sottise. Une langue en tant que telle ne véhicule pas de valeurs, ni n’est spécifique à des corporations particulières, et d’ailleurs on ne voit pas pourquoi il faudrait mépriser les techniciens et les marchands!</p>
<p>Manifestement, M. Baettig ne connaît pas l’anglais, le vrai, celui des grands auteurs britanniques et américains. Qu’il lise quelques pages d’Oscar Wilde, de Joseph Conrad, de David Lodge ou de John Irving, qu’il déguste des films avec l’inoubliable George Sanders (la plus belle diction du cinéma anglais, par exemple dans <em>The Picture of Dorian Gray</em>, d’Albert Lewin (1945), et il découvrira une langue riche, subtile, musicale, souvent difficile, qui n’a rien à voir avec la caricature que s&#8217;en font ceux qui ne se donnent pas la peine de la connaître.</p>
<p>Cela dit, on veut bien que la Chancellerie fédérale se fende de lexiques visant à remplacer des expressions anglophones par des constructions françaises, mais c’est perdu d’avance, et pour une raison simple: la langue anglaise possède un génie particulier pour résumer en un mot court et percutant des concepts complexes. Or on voit bien, dans les tentatives faites pour  trouver une formule équivalente en français, que ça ne marche pas: il faut faire des périphrases compliquées et peu naturelles, en utilisant obligatoirement plusieurs mots. Dès lors, l’échec est programmé.</p>
<p>Le vrai combat pour la langue française n’est pas dans la chasse à des anglicismes bien pratiques, mais dans l’usage de sa richesse au quotidien, dans le respect de ses règles et du mot juste. Et là, il y a un monumental chantier pour l’école publique, et pour tous ceux qui font profession de s’exprimer. La langue française sera défendue lorsque les journalistes arrêteront d’aligner les contresens («vous n’êtes pas sans ignorer…», «c’était sans compter avec… »), et lorsque les politiciens cesseront de brandir des <em>problématiques</em> au lieu d’empoigner les <em>problèmes, </em>et qu’ils arrêteront enfin de vouloir les <em>solutionner</em>. N’y aura-t-il pas un conseiller fédéral ou un conseiller d’Etat pour leur dire, comme Clémenceau: «Nous voulons bien essayer de <em>solutionner</em> votre problème, mais il faudrait d&#8217;abord nous l&#8217;explicationner.»</p>
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