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	<description>e-magazine contre le néo-conformisme</description>
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		<title>Oskar et la culture: un affront, deux perdants</title>
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		<pubDate>Fri, 03 May 2013 10:39:39 +0000</pubDate>
		<dc:creator>Philippe</dc:creator>
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		<description><![CDATA[Promis, juré, je ne veux en aucun cas m’immiscer dans les affaires intérieures d’un autre État ! Je m’étonne néanmoins de constater qu’au Conseil d’État valaisan, le dicastère de la culture, traditionnellement attaché au département de la formation, a été retiré à Oskar Freysinger, pour des motifs qui relèvent purement et simplement de l’interdiction professionnelle.]]></description>
			<content:encoded><![CDATA[<h3><span style="color: #800000;">PHILIPPE BARRAUD</span></h3>
<p>Promis, juré, je ne veux en aucun cas m’immiscer dans les affaires intérieures d’un autre État ! Je m’étonne néanmoins de constater qu’au Conseil d’État valaisan, le dicastère de la culture, traditionnellement attaché au département de la formation, a été retiré à Oskar Freysinger, pour des motifs qui relèvent purement et simplement de l’interdiction professionnelle.<br />
Qu’est-ce qu’une interdiction professionnelle, <em>Berufsverbot</em> en allemand ? C’est une pratique qui consiste à empêcher une personne d’exercer une profession, ou d’effectuer une tâche, en raison de ses engagements politiques, ou de ses antécédents judiciaires. Pendant la Guerre froide, bon nombre d’enseignants romands ont connu ce type de discrimination, ou en ont été menacés, du fait qu’ils appartenaient à des formations d’extrême-gauche.<br />
Oskar Freysinger n’a pas manifesté la moindre mauvaise humeur en commentant cette nouvelle, ce qui prouve bien qu’il est parfaitement capable de collégialité et de compromis difficiles. Un bon point pour lui, donc.<br />
Il n’empêche: les explications de Maurice Tornay laissent songeur, voire mort de rire. À l’entendre, «il n’était pas opportun qu’il gère ce département», dès lors que Freysinger «fait lui-même partie du milieu culturel», en tant qu’écrivain et que musicien.<br />
J’aurais tendance à penser qu’il faut attribuer les responsabilités gouvernementales en fonction des capacités spécifiques de chacun. Les finances aux spécialistes de la finance, l’aménagement du territoire aux avocats ou aux architectes, l’action sociale à une personne issue de métiers impliqués dans le social: c’est un gage d’efficacité, puisque la personne évolue en terrain familier.<br />
C’est ainsi que dans le canton de Vaud, le grand argentier, à qui l’on doit le redressement spectaculaire des finances cantonales, est un ancien banquier. Ou que la ministre de l’éducation est une ancienne enseignante, par ailleurs bien marquée à gauche, puisque l’ensemble de son administration pense comme elle &#8211; y compris dans le domaine culturel, où il faut être du bon bord pour pouvoir rêver de quelque subvention. Cela, manifestement, ne dérange personne.<br />
Manifestement, en Valais, on avait peur qu’Oskar Freysinger fasse la même chose que sa collègue de Lausanne: favoriser les gens de son bord, distribuer les mérites et les subventions en fonction de l’appartenance idéologique. C’est en tout cas ce qu’on peut lire en filigrane de la campagne du lobby <em>VerSus 13</em>, qui prétend militer pour un «Valais ouvert», mais agit exactement en sens inverse: ouvert, oui, mais seulement pour ceux qui pensent juste !<br />
En réalité, personne n’est dupe: Oskar Freysinger a bien été privé du dicastère de la culture en raison de son appartenance à l’UDC. C’est donc bel et bien une interdiction professionnelle, fondée sur les motifs idéologiques. C&#8217;est plutôt grave, non? Mais la grande perdante sera peut-être bien la culture valaisanne elle-même: un Freysinger chef de la culture, se sachant sous surveillance étroite voire malveillante,  n’aurait évidemment pas fait n’importe quoi. Mais il aurait, grâce à son dynamisme et à sa grande mobilité intellectuelle, donné à la culture valaisanne un souffle rafraîchissant. Pas sûr que Mme Weber-Kalbermatten, ministre de la santé et de la culture, soit capable d’en faire autant. Mais au moins, elle ne fait pas partie du milieu culturel&#8230;</p>
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		<title>Littérature: les pièges du business</title>
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		<pubDate>Fri, 03 May 2013 10:25:48 +0000</pubDate>
		<dc:creator>Philippe</dc:creator>
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		<description><![CDATA[ La littérature est-elle en passe de devenir un business, au même titre que le négoce de matières premières et la vente d’asperges du Pérou? Le talent se mesure-t-il seulement au chiffre d’affaire réalisé par les éditeurs, tandis que les auteurs, désormais «coachés» par des sortes de «business angels», apprennent comment devenir de bons vendeurs? Demain, les écrivains seront des «start-ups»...]]></description>
			<content:encoded><![CDATA[<h3><span style="color: #800000;">PHILIPPE BARRAUD</span></h3>
<p>La littérature est-elle en passe de devenir un business, au même titre que le négoce de matières premières et la vente d’asperges du Pérou? Le talent se mesure-t-il seulement au chiffre d’affaire réalisé par les éditeurs, tandis que les auteurs, désormais «coachés» par des sortes de «business angels», apprennent comment devenir de bons vendeurs? Demain, les écrivains seront des «start-ups»&#8230;<br />
Le dossier de <em>L’Hebdo</em> du 2 mai consacré à la littérature suisse est révélateur d’une évolution, assez accablante au demeurant, vers la banalisation commerciale de l’acte d’écrire. Preuve en soit le fait que le hit-parade établi par le  magazine se fonde exclusivement sur les ventes des écrivains qui «cartonnent», ce qui signifie que ceux qui vendent le plus sont forcément les meilleurs écrivains, et que les autres sont des pommes. CQFD. Par analogie, Mme E.L. James et sa trilogie de nuances diverses et cochonnes est le meilleur écrivain de la décennie !<br />
Même le rédacteur en chef de <em>L’Hebdo</em> y va de ses conseils aux futurs <em>golden boys</em> de la littérature, et leur suggérant de s’inspirer de l’actualité: «Aujourd’hui, Genève, avec ses milieux bancaires, les organisations internationales et les espions qui y sévissent, offre par exemple un terreau riche d’intrigues et de fantasmes.»<br />
Les grands écrivains du passé &#8211; dont certains n’ont jamais rien vendu de leur vivant &#8211; n’avaient pas besoin de «l’actu» pour trouver la trame de leurs livres. Les écrivains d’aujourd’hui non plus. Leur terreau n’est pas celui de l’immédiateté, qui est le pain quotidien de la presse, mais tout au contraire l’âme humaine dans sa permanence, sa complexité, sa vérité inchangée depuis la nuit des temps.<br />
Mais surtout la force, le privilège unique mais fragile de l’écrivain, c’est précisément sa liberté absolue de ne <em>pas</em> coller à l’actualité, d’écrire ce qu’il veut, quand il le veut, de ne pas se soumettre à des modes et à des dogmes, à des <em>trends</em>, ou pire, à des exigences commerciales. Pour Jean-Marie Rouart, «s&#8217;il y a un droit imprescriptible en littérature, c&#8217;est bien celui d&#8217;écrire ce qui vous chante, c&#8217;est le domaine de toutes les libertés et de toutes les licences.»Le jour où les écrivains écouteront les critiques, le jour où ils auront des objectifs de chiffre d’affaire et rentabilité, alors, ils pourront disparaître !<br />
D&#8217;ailleurs, figurez-vous que dans notre époque marchande, il y a encore des écrivains qui s’acharnent à publier de la poésie &#8211; quarante plaquettes vendues en cinq ans, c’est un triomphe ! <em>L’Hebdo</em> nous dira sans doute que la poésie, c’est un créneau nul, <em>business plan</em> impossible, frais d&#8217;impression exorbitants (si peu de mots sur une page, gaspillage de papier!), retour sur investissement catastrophique &#8211; sauf si on s’appelle Houellebecq, éventuellement, car son nom rime avec un<em> trend</em> porteur.<br />
Qu’est-ce qui fait les <em>meilleurs écrivains ?</em> Les prix littéraires ? Les ventes ? La plupart des Prix Goncourt du passé ont disparu dans les oubliettes de l’Histoire, et bon nombre de ceux qui «cartonnaient» de leur vivant ont subi le même sort.<br />
Laissons le temps faire son œuvre, c’est le seul juge de paix impartial. Un grand critique, Angelo Rinaldi, pensait que ce qui fait d’un auteur un écrivain digne de ce nom, c’est sa capacité à inventer un monde, un univers, et cela sur la durée.<br />
Cela peut s’enrichir encore d’un style propre à tel auteur, qui fait que le lecteur est pris dès la première page. Relisez les premières lignes de <em>Bouvard et Pécuchet</em>, les grands romans de Ramuz, la <em>Recherche</em>, ou plus près de nous, découvrez le style unique et littéralement éblouissant de Jérôme Ferrari, l’auteur du <em>Sermon sur la chute de Rome &#8211; </em>à qui on souhaite de survivre au Goncourt !<br />
Je ne suis pas sûr que ces écrivains aient «cartonné» à leur époque, ou qu’ils aient eu besoin de <em>coaches </em>pour développer leur talent.<br />
À propos de Ramuz: il faut s’empresser de lire les romans inédits, publiés ces derniers mois dans les <em>Œuvres complètes</em> élaborées par l’Université de Lausanne et publiées par Slatkine. On y découvre, entre autres, le verbe naissant mais déjà sûr de l’écrivain vaudois dans <em>La Vie meilleure</em> et dans <em>Construction de la maison</em>. Un grand bonheur de littérature, loin du bruit et de la fureur des hit parades !</p>
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		<title>Payer plus pour détruire plus</title>
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		<pubDate>Fri, 03 May 2013 09:17:58 +0000</pubDate>
		<dc:creator>Philippe</dc:creator>
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		<description><![CDATA[Le soutien de l’UDC au référendum contre la vignette à 100 francs suscite quelque colère dans le canton de Vaud. On laisse entendre en effet que le succès du référendum devant le peuple compromettrait le financement du contournement autoroutier de Morges. Sachant l’impact dévastateur de ce projet sur une région encore relativement préservée, comme le [...]]]></description>
			<content:encoded><![CDATA[<p>Le soutien de l’UDC au référendum contre la vignette à 100 francs suscite quelque colère dans le canton de Vaud. On laisse entendre en effet que le succès du référendum devant le peuple compromettrait le financement du contournement autoroutier de Morges.<br />
Sachant l’impact dévastateur de ce projet sur une région encore relativement préservée, comme le montre cette <a href="http://www.autoroutedemorges.ch/3-milliards-pour-disperser-le-probleme%20" target="_blank"><span style="text-decoration: underline;">vidéo</span></a> effarante, on se dit que la vignette à 50 francs a du bon !</p>
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		<title>Conflits d&#8217;intérêt: malaise et lacunes médiatiques</title>
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		<pubDate>Mon, 22 Apr 2013 15:52:06 +0000</pubDate>
		<dc:creator>Philippe</dc:creator>
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		<description><![CDATA[ Les Suisses se régalent du spectacle de cirque permanent que leur offre le gouvernement français, jamais en panne d'idées pour amuser la galerie alors que le bateau coule. Il est pourtant un point sur lequel nous ne sommes pas meilleurs que nos voisins en matière de gouvernance, c'est celui des conflits d'intérêts de nos élus, qui finissent par paralyser la politique.]]></description>
			<content:encoded><![CDATA[<h3><span style="color: #800000;">PHILIPPE BARRAUD</span></h3>
<p>Les Suisses se régalent du spectacle de cirque permanent que leur offre le gouvernement français, jamais en panne d&#8217;idées pour amuser la galerie alors que le bateau coule. Il est pourtant un point sur lequel nous ne sommes pas meilleurs que nos voisins en matière de gouvernance, c&#8217;est celui des conflits d&#8217;intérêts de nos élus, qui finissent par paralyser la politique.<br />
Si le président Hollande (&#8220;Pépère&#8221;) tient bien la rampe médiatique avec chaque jour de nouvelles facéties, comme ses &#8220;chocs&#8221; successifs (de compétitivité, de moralisation, de transparence, de confiance&#8230;), son ministre du redressement productif est le plus amusant. Petroplus, Arcelor, Goodyear&#8230; Arnaud Montebourg perd ce qui lui reste de crédibilité à chaque fois qu&#8217;un grand groupe ferme une usine, c&#8217;est-à-dire quasiment tous les jours. Comme l&#8217;écrit <em>Le Monde</em>, Montebourg &#8220;a préféré entretenir l&#8217;illusion qu&#8217;on pouvait prolonger le passé alors que la réalité commande de préparer l&#8217;avenir&#8221;. Or, il ne suffit pas de démontrer que les ministres ne sont pas riches pour construire un avenir. On pourrait ajouter fielleusement qu&#8217;ils n&#8217;ont même pas été fichus de devenir riches&#8230;<br />
On admet, cela dit, que les conflits d&#8217;intérêt ne sont pas sains en politique. On ne peut pas être des deux côtés de la barrière, c&#8217;est-à-dire défendre l&#8217;intérêt général en tant qu&#8217;élu du peuple, et simultanément recevoir de l&#8217;argent de milieux économiques pour défendre leurs intérêts particuliers. Dans de nombreux pays, ces liens d&#8217;intérêt sont interdits. En ce sens, l&#8217;activité des lobbies est plus claire, même si elle est pesante: on sait quels intérêts ils défendent, qui ne sont pas ceux de la majorité de la population.<br />
Que penser par exemple d&#8217;un président de la SSR, Raymond Lorétan, qui répond aux questions des journalistes de la SSR sur&#8230; la stratégie du groupe Genolier, dont il est vice-président? Il y a là un conflit d&#8217;intérêt évident, qui met tout le monde mal à l&#8217;aise: le journaliste de service, qui parle à son patron, après tout, et l&#8217;auditeur, qui peut légitimement juger cette double casquette inacceptable sur les ondes &#8211; pour peu qu&#8217;on la lui ait dûment signalée, évidemment. Seul M. Lorétan n&#8217;était nullement gêné, tout comme la SSR, qui admet que son grand patron fasse des ménages à côté &#8211; sans doute est-il trop mal payé.<br />
Un autre exemple néfaste de la confusion des intérêts pollue la politique fédérale, en particulier celle de la santé. Le Conseil des États s&#8217;est fait une spécialité de bloquer ou de freiner toute évolution et toute réforme dans ce domaine. Pourquoi? Parce plusieurs de ses membres influents ont partie liée avec les assureurs, principaux adversaires de toute réforme en général, et d&#8217;Alain Berset en particulier, bête noire de ces Messieurs tireurs de ficelles. Des députés comme Urs Schwaller, Hans Altherr, Roland Eberle, Jürg Stahl et Bruno Pezzatti  font tous partie du &#8220;Groupe de réflexion santé du Groupe mutuel&#8221;, ce qui représente beaucoup de monde sur un corps de 44 élus ! Et un investissement conséquent pour l&#8217;assureur puisque, en 2005 (le chiffre actuel est inconnu), chaque séance était rémunérée 10&#8217;000 francs, dans quelque palace doré d&#8217;Interlaken ou d&#8217;ailleurs. Encore ne parle-t-on ici que de ce cas particulier, mais les liens d&#8217;intérêt, dans et hors du domaine de la santé, sont légion au parlement. Certains mauvais esprits n&#8217;hésitent pas à parler de corruption.<br />
On nous dira que ces accointances sont publiées sur le site du parlement <a href="http://www.parlement.ch/">www.parlement.ch</a>. Mais combien d&#8217;électeurs se plongent-ils dans ces listings compliqués, avant de glisser leurs listes dans l&#8217;urne, pour savoir si ses candidats défendront ses intérêts, ou ceux de quelque entreprise privée ?<br />
Mais soyons constructifs! En attendant que la classe politique débatte de ce sujet très gênant pour l&#8217;image de la démocratie suisse &#8211; ce qui n&#8217;arrivera probablement jamais &#8211; nous suggérons que lorsqu&#8217;ils interrogent un politicien dans un domaine donné, les journalistes prennent au moins la peine de signaler ses liens d&#8217;intérêt, afin que l&#8217;auditeur ait l&#8217;information nécessaire pour relativiser ce qu&#8217;il entend. Ce manque d&#8217;information était flagrant dans les derniers développements relatifs à la politique de santé. Aux médias donc de mieux faire leur boulot. Sans vouloir les commander&#8230;</p>
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		<title>Entendre la révolte des quartiers</title>
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		<pubDate>Mon, 22 Apr 2013 15:28:38 +0000</pubDate>
		<dc:creator>Philippe</dc:creator>
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		<description><![CDATA[Au cours des dernières années, politiciens et technocrates ont assommé les habitants des villes et villages lémaniques de grands projets de densification - maître-mot de l'urbanisme contemporain, synonyme, hélas, de surpopulation et de qualité de vie en chute libre. Heureusement, la révolte gronde...]]></description>
			<content:encoded><![CDATA[<h3><span style="color: #800000;">PHILIPPE BARRAUD</span></h3>
<p>Au cours des dernières années, politiciens et technocrates ont assommé les habitants des villes et villages lémaniques de grands projets de densification &#8211; maître-mot de l&#8217;urbanisme contemporain, synonyme, hélas, de surpopulation et de qualité de vie en chute libre. Heureusement, la révolte gronde&#8230;<br />
Selon une intéressante enquête du <em>Temps</em>, parue le 20 avril,  les comités et associations de défense se multiplient et s&#8217;organisent dans les quartiers, pour battre en brèche les conséquences de l&#8217;explosion démographique qui nous attend, paraît-il. La redoutable conjuration des politiciens, des démographes de gauche et des technocrates et des médias branchés a longtemps  fait  illusion, grâce à un vocabulaire soigneusement choisi pour son opacité et ses fausses promesses: <em>densification</em>, ça ne mange pas de pain, et ça possède un côté technique rassurant; et sur les meilleures terres agricoles, on ne va pas construire des tours et des villes nouvelles, bien sûr, mais des<em> éco-quartiers</em>. Ah! Le joli concept! Le préfixe passe-partout<em> éco</em>, que l&#8217;on peut appliquer à de multiples domaines (ne parle-t-on pas d&#8217;éco-béton?), est un excellent moyen de faire avaler au citoyen des projets médiocres ou sur-dimensionnés, dans lesquels il sera évidemment le premier perdant.<br />
Notre confrère du <em>Temps</em> souligne à juste titre le déficit démocratique dont souffrent ces démarches urbanistiques imposée d&#8217;en-haut, puisque les principaux intéressés ne sont pas consultés &#8211; sauf éventuel référendum &#8211; sur des modifications importantes, et forcément définitives, de leur cadre de vie. Or, nous vivons dans une société passablement chahutée dans ses habitudes, notamment en matière de mobilité et de sécurité. Il n&#8217;y a pas besoin d&#8217;avoir un <em>master</em> en urbanisme ou en sociologie pour comprendre que l&#8217;arrivée massive de populations allogènes dans un quartier ou dans un village a forcément des conséquences importantes, et rarement positives.<br />
Il faut espérer que la révolte qui monte doucement dans le Bassin lémanique prenne de l&#8217;ampleur, afin que les décideurs daignent enfin entendre la rumeur qui vient d&#8217;en-bas. Celle qui leur dit que les habitants n&#8217;ont pas l&#8217;intention de laisser se dégrader encore davantage leur qualité de vie &#8211; qui s&#8217;est déjà bien dégradée, voyez l&#8217;insécurité qui règne; et si vous n&#8217;y croyez pas, interrogez les commerçants !<br />
Mais le vrai problème est en amont. Si nos édiles veulent absolument bétonner ce qui reste de verdure dans ce pays, c&#8217;est parce qu&#8217;il faudrait, à court terme, accueillir des centaines de milliers de résidents supplémentaires &#8211; à 99% des immigrés, qui viendront en particulier des futurs nouveaux membres de l&#8217;Union européenne, des pauvres d&#8217;entre les pauvres. La question est de savoir si les Suisses veulent de cette évolution, s&#8217;ils acceptent la surpopulation planifiée de leur pays, avec toutes les conséquences que cela comporte. Or là aussi, nous souffrons d&#8217;un déficit démocratique flagrant: là aussi, les décisions sont prises très loin au-dessus de nos têtes, si bien que nous n&#8217;avons pas un mot à dire sur des perspectives qui nous concernent directement, et que l&#8217;on fait tout pour soustraire au citoyen &#8211; on sait bien pourquoi. Restent, heureusement, des initiatives populaires, comme celle sur l&#8217;immigration, ou celle dite Ecopop. Il faut que les citoyens saisissent ces occasions de manifester leur volonté, malgré des campagnes politiques que l&#8217;on peut prévoir féroces de la part des immigrationnistes. Car après, il sera trop tard.<br />
L&#8217;explosion démographique n&#8217;est pas une fatalité, pas davantage que l&#8217;immigration massive qui non seulement se poursuit, mais prend de l&#8217;ampleur. Et il clair qu&#8217;en construisant à tout va, on stimule nécessairement l&#8217;immigration, puisqu&#8217;on met des logements à disposition, avant même que les occupants soient là! C&#8217;est, encore et toujours, une question de volonté politique. Aux citoyens de faire savoir quelle est leur volonté politique, et de l&#8217;imposer à ceux qui nous gouvernent de si loin.</p>
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		<title>Comment! Vous avez encore un compte-épargne?</title>
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		<pubDate>Mon, 22 Apr 2013 14:40:57 +0000</pubDate>
		<dc:creator>Philippe</dc:creator>
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		<description><![CDATA[Pour les épargnants européens, le moment est peut-être venu de vider leur compte-épargne, d&#8217;acheter une maison, un cheval, ou de prendre une retraite largement anticipée. Bref, mieux vaut tout dépenser avant la Grande Confiscation. Selon le patron d&#8217;UniCredit, l&#8217;une des grandes banques italiennes, cité par Le Temps, il est &#8220;acceptable de confisquer les comptes d&#8217;épargne [...]]]></description>
			<content:encoded><![CDATA[<p>Pour les épargnants européens, le moment est peut-être venu de vider leur compte-épargne, d&#8217;acheter une maison, un cheval, ou de prendre une retraite largement anticipée. Bref, mieux vaut tout dépenser avant la Grande Confiscation. Selon le patron d&#8217;UniCredit, l&#8217;une des grandes banques italiennes, cité par <em>Le Temps</em>, il est &#8220;acceptable de confisquer les comptes d&#8217;épargne pour sauver les banques pour autant qu&#8217;il s&#8217;agisse d&#8217;une solution européenne commune.&#8221;<br />
Quand on vous disait que le précédent de Chypre allait faire des petits! Les Suisses sont-ils à l&#8217;abri? Bien sûr que non, puisque notre gouvernement veut tout faire comme les Européens.</p>
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		<title>Du vent dans les pales</title>
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		<pubDate>Mon, 15 Apr 2013 13:53:31 +0000</pubDate>
		<dc:creator>Philippe</dc:creator>
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		<description><![CDATA[Le directeur du projet de parc éolien du Grand-Chavalard, Bernard Troillet, a le sens de la formule. Il s&#8217;attend à une vague d&#8217;oppositions, et se plaint des attaques virulentes de la présidente du principal mouvement d&#8217;opposition: &#8220;Elle ne manque pas d&#8217;air!&#8221;, a-t-il dit. Voilà pourquoi elle ne veut pas d&#8217;éoliennes!]]></description>
			<content:encoded><![CDATA[<p>Le directeur du projet de parc éolien du Grand-Chavalard, Bernard Troillet, a le sens de la formule. Il s&#8217;attend à une vague d&#8217;oppositions, et se plaint des attaques virulentes de la présidente du principal mouvement d&#8217;opposition: &#8220;Elle ne manque pas d&#8217;air!&#8221;, a-t-il dit.<br />
Voilà pourquoi elle ne veut pas d&#8217;éoliennes!</p>
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		<title>Biturez-vous, nous nous chargeons du reste</title>
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		<pubDate>Mon, 15 Apr 2013 13:50:13 +0000</pubDate>
		<dc:creator>Philippe</dc:creator>
				<category><![CDATA[société]]></category>

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		<description><![CDATA[Le nombre de jeunes gens et de jeunes filles entre 18 et 30 ans, admis en urgence au CHUV pour intoxication par l'alcool, a été multiplié par cinq en une dizaine d'années. On y voit aussi de plus en plus d'enfants. C'est ainsi que des soignants dévoués remettent ces jeunes sur pied, qui comprennent ainsi qu'ils pourront recommencer le week end suivant: l'Etat veille sur eux!]]></description>
			<content:encoded><![CDATA[<h3><span style="color: #800000;">PHILIPPE BARRAUD</span></h3>
<p>Le nombre de jeunes gens et de jeunes filles entre 18 et 30 ans, admis en urgence au CHUV pour intoxication par l&#8217;alcool, a été multiplié par cinq en une dizaine d&#8217;années. On y voit aussi de plus en plus d&#8217;enfants. C&#8217;est ainsi que des soignants dévoués remettent ces jeunes sur pied, qui comprennent ainsi qu&#8217;ils pourront recommencer le week end suivant: l&#8217;Etat veille sur eux!<br />
On nous passera cette provocation, mais enfin, il y a de quoi grimper les murs. Dans un reportage in situ, la <em>RTS </em>a montré dans quelles conditions le personnel du CHUV recevait ces &#8220;clients&#8221;, que leur état second n&#8217;empêche pas d&#8217;être agressifs à l&#8217;égard du personnel, sans parler des ambulanciers dont le travail est de plus plus difficile. On imagine une tâche franchement peu gratifiante, mais dont les infirmières et médecins s&#8217;acquittent au plus près de leur conscience: chapeau à eux. Si demain le nombre de jeunes en coma éthilique double encore &#8211; et il n&#8217;y a pas de raisons que ça s&#8217;arrête, les marchands d&#8217;alcool bradé y veillent &#8211; on peut être assuré que les services sanitaires feront le nécessaire.<br />
Est-ce normal, est-ce juste? Nous sommes dans une société où l&#8217;Etat est devenu le pompier de citoyens devenus irresponsables. On ramasse chaque soir les jeunes bourrés comme autrefois les brancardiers ramassaient les blessés sur les champs de bataille; on offre aux toxicomanes du matériel d&#8217;injection, des lieux sécurisés et du personnel sympathique pour se shooter; des ballets d&#8217;hélicoptères recueillent les blessés ou les fatigués de la montagne, de toute façon, l&#8217;assurance paie!<br />
Dans tous les cas, les &#8220;victimes&#8221; ont fait preuve d&#8217;irresponsabilité, d&#8217;impréparation ou d&#8217;imprudence. Mais cela n&#8217;a aucune importance parce que ce genre de comportement n&#8217;est pas sanctionné. On a le droit d&#8217;agir de manière non-responsable, puisque les services de l&#8217;Etat sont là, toujours fidèles au poste, pour réparer les dégâts. C&#8217;est au point que face à l&#8217;explosion de la demande, le CHUV songe à mettre en place une unité spécialisée, une unité que l&#8217;on peut qualifier de <em>maternante</em>, à l&#8217;image des shootoirs pour les toxicomanes. En effet, il s&#8217;agit certes de désengorger les urgences pour des cas moins prévisibles que la biture du samedi soir, mais il s&#8217;agit surtout d&#8217;offrir à ces jeunes des lits spécialisés, de manière à pouvoir permettre au personnel de&#8230; passer davantage de temps avec eux! Pour quoi faire? Pour les <em>sensibiliser</em> &#8211; mot magique de la société qui se refuse à sanctionner. Croit-on vraiment que ces jeunes, avec la gueule de bois du petit matin, entendront pieusement les discours paternaliste du médecin sur les dangers de l&#8217;alcoolisme?<br />
C&#8217;est bien naïf. L&#8217;accueil attentif que la structure médicale délivre aux amateurs de cuite rapide est en réalité un message dangereux: &#8220;On vous remet vite sur pied, avec un petit sermon si vous voulez bien l&#8217;entendre, et vous pourrez recommencer le week end prochain, puisqu&#8217;on s&#8217;occupe de tout!&#8221;<br />
Il est un autre aspect préoccupant dans ce phénomène: dans le compte-rendu que fait <em>24 Heures</em> du reportage de la<em> RTS</em>, un mot n&#8217;apparaît jamais: celui de <em>parents</em>. On doute que ces milliers de jeunes soient tous orphelins. Mais alors, où sont leurs parents? Pourquoi se désintéressent-ils de leurs enfants au point de les laisser flirter avec la mort, ou avec le viol, le week end venu? Sont-ils fatigués? Ont-ils envie, eux aussi, de prendre une cuite? Sont-ils fiers de voir leur gamin ou leur gamine incapable de se tenir sur une chaise roulante, vomir à la ronde et frapper les infirmiers?<br />
Cet effondrement de la responsabilité parentale est malheureusement le corollaire inévitable de l&#8217;interventionnisme de l&#8217;Etat, qui se substitue aux citoyens, tant ceux-ci sont défaillants. A Zurich, on facture les frais de dégrisage en cellule spécialisée aux parents; dans le canton de Vaud, une telle solution effraie, à cause de son aspect vaguement carcéral, et un petit peu répressif, quelque part&#8230;<br />
Et pourtant! Nous ne sommes pas loin de penser que l&#8217;expérience glauque de la cellule de dégrisement, puis les coups de gueule des parents qui doivent payer et venir chercher leur gosse,  sont bien plus dissuasifs que les paroles patelines du médecin de service, comme autrefois celles de Monsieur le Curé: c&#8217;est un adulte, un c&#8230;, quoi !</p>
<p>&nbsp;</p>
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		<title>Un ex de la Commission Bergier aggrave son cas</title>
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		<pubDate>Mon, 15 Apr 2013 05:51:30 +0000</pubDate>
		<dc:creator>Philippe</dc:creator>
				<category><![CDATA[suisse]]></category>

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		<description><![CDATA[ Dans son numéro des 13-14 avril derniers, 24 heures a publié une interview (signée Martine Clerc) de M. Marc Perrenoud, ancien membre de la Commission Bergier, actuellement fonctionnaire au Département fédéral des affaires étrangères. Pour ce texte, M. Perrenoud troque la loupe de l’historien contre la robe de l’avocat, ce qui lui réussit mal. ]]></description>
			<content:encoded><![CDATA[<h3><span style="color: #800000;">FRANK BRIDEL</span></h3>
<p>Dans son numéro des 13-14 avril derniers, <em>24 heures </em>a publié une interview (signée Martine Clerc) de M. Marc Perrenoud, ancien membre de la Commission Bergier, actuellement fonctionnaire au Département fédéral des affaires étrangères. Pour ce texte, M. Perrenoud troque la loupe de l’historien contre la robe de l’avocat, ce qui lui réussit mal.<em><br />
Son plaidoyer <em>pro</em>domo bergiero</em>, affirmant que ses pairs et lui n’ont jamais voulu «salir la Suisse», nous ressert la courte liste des non moins courts passages où, parmi les 569 pages du rapport final publié par la Commission, elle a signalé des constatations démentant certaines accusations lancées contre notre pays.<br />
C’est peu : un jet de fumigène léger pour tenter sans succès de masquer la réalité, soit la perfidie du rapport sur les réfugiés, conduit comme un réquisitoire et conclu à plusieurs reprises, sous diverses formes, par l’affirmation infamante selon laquelle la Suisse a aidé le régime hitlérien à perpétrer l’Holocauste.<br />
M. Perrenoud est manifestement vexé que Serge Klarsfeld reproche à l’équipe Bergier de «n’avoir pas travaillé». Or, telle est la plus stricte vérité. Loin de se colleter avec des chiffres et de mener des enquêtes inquisitoriales, comme elle l’a fait de façon controversée à propos de l’or et des exportations d’armes, M. Perrenoud et ses confrères se sont bornés, dans le domaine des réfugiés, à reprendre telles quelles des statistiques existantes, celles de M. Guido Koller, actuellement chargé de communication aux Archives fédérales. Or, la commission connaissait les chiffres de Klarsfeld, mais les a écartés et a négligé ceux de Ruth Fivaz-Silbermann, avec qui il a collaboré.<br />
Où l’historien-plaideur de la commission aggrave son cas, c’est quand il reproche à Klarsfeld de montrer «sa méconnaissance de ce qu’était notre mandat et des résultats de nos recherches», puis, 40 lignes plus loin, rappelle que ce mandat ne concernait pas le refoulement des juifs mais «portait principalement sur les relations économiques et financières internationales de la Suisse». Eh ! oui, c’est exact. Mais saura-t-on jamais qui, avant même que Bergier et consorts entament leur travail, a décidé d’y ajouter le problème des réfugiés, et pourquoi?<br />
Pour le moment, nous l’ignorons, et il n’y a guère de chance qu’on réponde à cette question…. à moins que, bousculés par une interpellation parlementaire, les conseillers fédéraux rompent leur solidarité avec leurs prédécesseurs, protégés par un écran de fumée autrement opaque que les vapeurs légères de l’historien-avocat. Un homme féru de vérité et défenseur de notre pays, comme M. Christian Lüscher, serait, me semble-t-il, le député rêvé pour poser officiellement cette question.<br />
De toute façon, inutile de compter sur nos historiens actuels, formés à l’école de maîtres qui vomissent la Suisse des années sombres. Peut-être se trouvera-t-il, pour ajouter à la masse des livres contre la Commission, un non-Suisse comme ceux qu’évoque M. Perrenoud quand il déclare: «Ce qui est frappant, c’est que, lorsqu’on va à l’étranger, les historiens d’autres pays sont admiratifs de ce qu’a fait la Suisse», à l’instar d’un Klarsfeld, qui, dit-il plus haut, «semble très attaché à l’image traditionnelle de la Suisse humanitaire qu’il veut conforter».<br />
Même si un mécène, helvétique ou non, devait offrir quelque 100&#8217;000 francs pour financer une telle entreprise en France ou en Allemagne, elle lui coûterait 220 fois moins que les 22 millions versés par la Confédération – donc par nous autres contribuables – à une commission qui, contrairement à ce que plaide M. Perrenoud, a tout fait pour salir la Suisse.</p>
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		<title>Orwell, reviens, ils sont devenus fous!</title>
		<link>http://www.commentaires.com/societe/orwell-reviens-ils-sont-devenus-fous/</link>
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		<pubDate>Fri, 05 Apr 2013 08:19:12 +0000</pubDate>
		<dc:creator>Philippe</dc:creator>
				<category><![CDATA[société]]></category>

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		<description><![CDATA[La transparence totale que permet aujourd'hui internet et ses flux de données n'est rien d'autre que la concrétisation de ce George Orwell avait pressenti en 1949: le triomphe de Big Brother, autrement dit, la mort de la sphère privée. Les Offshore Leaks en sont la première manifestation.]]></description>
			<content:encoded><![CDATA[<h3><span style="color: #800000;">PHILIPPE BARRAUD</span></h3>
<p>La transparence totale que permet aujourd&#8217;hui internet et ses flux de données n&#8217;est rien d&#8217;autre que la concrétisation de ce George Orwell avait pressenti en 1949: le triomphe de Big Brother, autrement dit, la mort de la sphère privée. Les <em>Offshore Leaks</em> en sont la première manifestation.<br />
Étonnante collision d&#8217;informations, vendredi matin sur <em>La Première</em>. À la suite des premières publications du réseau <em>Offshore Leaks</em>, les journalistes s&#8217;auto-congratulent jusqu&#8217;à l&#8217;indécence, et nous annoncent l&#8217;ère de l&#8217;<em>open data</em>, dans laquelle les détails des revenus et du patrimoine de chaque individu seront librement accessibles à tous. Une minute plus tard, on apprend que les assurances anti-enlèvement connaissent un vif succès, notamment au Mexique, où on compte 70 enlèvements par jour.<br />
Le lien entre les deux informations saute aux yeux. Dans un monde idéal, la transparence est souhaitable; mais notre monde est moins qu&#8217;idéal, et donc il est évident que toute information publique sur les revenus et la fortune des personnes et des entreprises sera utilisée en premier lieu par les milieux criminels. Il sera facile, pour des groupes mafieux organisés, de scanner ces données et d&#8217;en faire émerger les victimes les plus rentables en termes de chantage ou d&#8217;enlèvement. Mais ces données pourraient aussi être utilisées par des partis politiques, ou par des individus contre d&#8217;autres individus. On voit aisément à quelles dérives peut conduire une transparence totale, puisqu&#8217;elle servira avant tout à des personnes mal-intentionnées.<br />
Le grand déballage, sous forme de feuilleton, organisé au niveau mondial par le Consortium international des journalistes suscite paradoxalement peu d&#8217;interrogations de la part des&#8230; médias. On pense en particulier aux journalistes dits <em>d&#8217;investigation</em> (les autres ne sont sans doute que des compilateurs de dépêches&#8230;). D&#8217;où viennent les millions de fichiers exploités? Qui a volé ces données, et à qui?</p>
<p><strong>Une manipulation?</strong></p>
<p>Là, la transparence est clairement défaillante, et les questions sont mal venues. Le consortium, par la voix de Serge Michel du <em>Monde</em>, consent du bout des lèvres à dire que la source unique est &#8220;un CD reçu par la poste&#8221;. On n&#8217;en saura pas plus, circulez&#8230;. Mais pardon! Qui est derrière cette démarche? Qui a mis le CD à la poste, et pourquoi: un employé de banque frustré? Des milieux mafieux? Un État agissant dans l&#8217;ombre pour déstabiliser le monde de la finance? N&#8217;en déplaise à nos confrères-inspecteurs du fisc, cette question est essentielle parce que le risque de manipulation est évident. Par exemple, les données livrées aux journaux ont pu être préalablement écrémées et arrangées, de manière à protéger certains intérêts, et à accabler d&#8217;autres.<br />
Un autre effet pervers de ces publications en fanfare est de semer la confusion dans les esprits. Avec succès apparemment: désormais, dans l&#8217;esprit du public, toute activité <em>offshore</em> est automatiquement considérée comme illégale et comme de la fraude fiscale, ce qui est objectivement faux. Mais comme les journalistes ne sont pas toujours très qualifiés en économie, ils font eux-mêmes l&#8217;amalgame, par ignorance, et livrent leurs préjugés au public. Exemple spectaculaire en France, où on dit, des trémolos dans la voix, que le directeur financier de la campagne de François Hollande &#8220;a des activités offshore&#8221;, comme s&#8217;il avait pillé la Banque de France.  Jean-Jacques Augier a bien tenté d&#8217;expliquer calmement que tout cela était légal, déclaré et tout ce qu&#8217;on voudra: dans le climat d&#8217;hystérie ambiant, personne ne veut l&#8217;écouter.</p>
<p><strong>La présomption d&#8217;innocence n&#8217;existe plus</strong></p>
<p>Cette affaire, tout comme les <em>Wikileaks</em>, pose un problème éthique qui n&#8217;est pas assez pris au sérieux. Les journalistes d&#8217;aujourd&#8217;hui on de plus en plus tendance à se voir comme des justiciers, défenseurs du Bien public, délateurs au besoin, agissant en marge des pouvoirs régaliens traditionnels (police et justice), mais pour finalement livrer <em>urbi et orbi</em>, en vrac, les résultats de leurs enquêtes. Plus grave encore, on balance des noms, autrement dit on donne des personnes et des entreprises en pâture, sans considération aucune pour la présomption d&#8217;innocence. Sans considération non plus pour le caractère suspect, ou éventuellement délictueux, des données sur lesquelles tout l&#8217;édifice repose. Or, la Suisse ne refuse-t-elle pas de poursuivre une personne sur la base de données bancaires volées? Dans ce cas, le fisc bernois ne devrait pas pouvoir rouvrir le dossier Günther Sachs, comme il l&#8217;a affirmé.<br />
On ne sait d&#8217;ailleurs pas non plus sur la base de quels critères on cloue les gens au pilori. On balance un Rotschild, mais pas tel autre gros bonnet de la finance. Pourquoi? Qui a fait le tri? La personne qui a pris la décision a-t-elle des liens d&#8217;intérêts? Les questions à se poser sont infinies. Mais c&#8217;est bien connu, personne n&#8217;aime à enquêter sur les méthodes de sa propre corporation&#8230;</p>
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