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	<description>e-magazine contre le néo-conformisme</description>
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		<title>La vraie filiation de Sarkozy</title>
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		<pubDate>Mon, 30 Jan 2012 08:04:00 +0000</pubDate>
		<dc:creator>Philippe</dc:creator>
				<category><![CDATA[griffures]]></category>

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		<description><![CDATA[C&#8217;était donc ça&#8230; &#160;]]></description>
			<content:encoded><![CDATA[<p style="text-align: center;"><a href="http://www.commentaires.com/wp-content/uploads/2012/01/Sarko-père5.jpg"><img class="aligncenter  wp-image-4866" title="Sarko père" src="http://www.commentaires.com/wp-content/uploads/2012/01/Sarko-père5-300x141.jpg" alt="" width="270" height="127" /></a>C&#8217;était donc ça&#8230;</p>
<p>&nbsp;</p>
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		<title>L&#8217;Elysée, c&#8217;est la Franceafrique!</title>
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		<pubDate>Mon, 30 Jan 2012 07:16:58 +0000</pubDate>
		<dc:creator>Philippe</dc:creator>
				<category><![CDATA[griffures]]></category>

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		<description><![CDATA[La France est une démocratie formidable! Dans laquelle un candidat peut utiliser les privilèges de la présidence pour monopoliser les médias, au mépris de ses concurrents. Six chaînes de télé, convoquées pour faire valoir le président, c&#8217;est tout simplement inouï, inimaginable ailleurs. Vous imaginez Mme Merkel organisant un show pareil? Ce serait un lynchage médiatique [...]]]></description>
			<content:encoded><![CDATA[<p>La France est une démocratie formidable! Dans laquelle un candidat peut utiliser les privilèges de la présidence pour monopoliser les médias, au mépris de ses concurrents. Six chaînes de télé, convoquées pour faire valoir le président, c&#8217;est tout simplement inouï, inimaginable ailleurs. Vous imaginez Mme Merkel organisant un show pareil? Ce serait un lynchage médiatique immédiat. En France, non, c&#8217;est normal, tout le monde est aux ordres. Tenez, les journaux horaires de France-Inter commencent invariablement par ces mots, obsédants: &#8220;Nicolas Sarkozy&#8230;&#8221;<br />
On se croirait en Corée du Nord ou, pour rester dans l&#8217;actualité, au Sénégal. Ce n&#8217;est pas un compliment.</p>
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		<title>Avions de combat: des manoeuvres suspectes</title>
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		<pubDate>Mon, 30 Jan 2012 07:10:28 +0000</pubDate>
		<dc:creator>Philippe</dc:creator>
				<category><![CDATA[suisse]]></category>

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		<description><![CDATA[Les derniers développements de ce qu'il faut bien appeler - une nouvelle fois - l'affaire des avions de combat, ne sentent vraiment pas bon. C'est même un peu trop cousu de fil blanc pour être honnête.]]></description>
			<content:encoded><![CDATA[<h3><span style="color: #800000;">PHILIPPE BARRAUD</span></h3>
<p><span style="font-size: medium;">Les derniers développements de ce qu&#8217;il faut bien appeler &#8211; une nouvelle fois &#8211; l&#8217;affaire des avions de combat, ne sentent vraiment pas bon. C&#8217;est même un peu trop cousu de fil blanc pour être honnête.</span><br />
<span style="font-size: medium;">Premier acte: une agence de communication (vraisemblablement) fait courir la rumeur, bien entendu invérifiable, auprès des médias, de politiciens et de militaires choisis: la procédure d&#8217;évaluation des avions de combat aurait été biaisée en faveur du Gripen suédois. Facile: sur ce genre de sujet, la presse s&#8217;emballe avec ravissement: ça va saigner, des têtes vont tomber! Du côté des militaires, les uns &#8211; comme l&#8217;actuel commandant en chef &#8211; défendent le choix du Conseil fédéral, tout comme la Société suisse des officiers, qui considère que &#8220;le type d&#8217;avions choisi dispose des qualités techniques et opératives dont ont besoin les forces aériennes modernes.&#8221;  Et puis il y a les autres, comme l&#8217;ancien commandant en chef, qui disent pis que pendre du chasseur suédois, et chantent les beautés du Rafale sur leur petite harpe.</span> <span style="font-size: medium;">Le demi-conseiller fédéral qui fait office de ministre de la défense est invisible, comme d&#8217;habitude.</span><br />
<span style="font-size: medium;">Deuxième acte: Dassault, ou plus vraisemblablement l&#8217;Elysée soi-même, proposent à la Suisse une offre canon, à la manière des industriels chinois: prix cassés (de toute façon les avions de combat ne sont pas des équipements produits selon des critères économiques), libre accès aux bases aériennes françaises et aux zones de tir (aussi pour les FA-18?), tout est bon pour arracher, à la hussarde, la signature des Suisses au bas d&#8217;un contrat, et la rupture des engagements pris avec les Suédois. Et revoici opportunément l&#8217;ancien chef de l&#8217;armée, qui répète que le Gripen est nul, et que le Rafale est tout ce qu&#8217;il nous faut!</span><br />
<span style="font-size: medium;">On connaît le problème du point de vue de la France: le Rafale est un gouffre à milliards, que personne dans le monde ne veut acheter, malgré des années de marchandages à prix cassés. Ce qui, entre parenthèses, n&#8217;est pas très rassurant d&#8217;un point de vue militaire. L&#8217;enjeu? Des centaines d&#8217;emplois, puisque la fabrication du Rafale pourrait s&#8217;arrêter, faute de débouchés. Il est évident que pour le président sortant, l&#8217;enjeu vaut bien une offre au-dessous de la ceinture &#8211; par rapport à celle des concurrents suédois et européen.</span><br />
<span style="font-size: medium;">Provisoirement, cette opération de déstabilisation est un succès:  le doute a été semé, chez les décideurs comme dans la population, toujours chatouilleuse à l&#8217;égard de ce type de dépense. Autre succès: on ne sait toujours pas qui, en Suisse, tire les ficelles de ce jeu de marionnettes, autrement dit, qui arrose. Reste que la messe n&#8217;est pas dite: pour sa défense, la Suisse a certes besoin de facilités d&#8217;entraînement pour ses pilotes &#8211; ce que la Suède offre aussi -, mais prioritairement d&#8217;avions qui correspondent à ses besoins, tactiques comme financiers. Cela doit rester le critère numéro un, on n&#8217;achète pas des avions de combat pour faire une bonne affaire.</span><br />
<span style="font-size: medium;">Les enjeux politiques sont tels qu&#8217;il masquent les enjeux économiques et militaires. Nous sommes au coeur de l&#8217;Europe, soumis à d&#8217;intenses pressions de tous côtés: faut-il s&#8217;aliéner les Allemands en achetant Français ou Suédois? Faut-il se fâcher avec les Français en achetant l&#8217;Eurofighter ou le Gripen? Il serait peut-être sage de s&#8217;intéresser à l&#8217;infinie panoplie des avions de combat&#8230; américains! Pressions pour pressions, cela soulagerait peut-être nos banques et notre ministre des finances.</span></p>
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		<title>Sarkozy candidat à la Chancellerie allemande ?</title>
		<link>http://www.commentaires.com/etranger/sarkozy-candidat-a-la-chancellerie-allemande/</link>
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		<pubDate>Mon, 30 Jan 2012 06:29:06 +0000</pubDate>
		<dc:creator>Philippe</dc:creator>
				<category><![CDATA[étranger]]></category>

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		<description><![CDATA[Un décor parfait, élyséen, le drapeau tricolore judicieusement dominant sur celui de l’Union européenne, une impeccable maîtrise des dossiers : l’homme, décidément, est meilleur candidat (car il l’est) que président. Mais l’exercice, assez vite, parvint à ses limites. En voici quelques-unes.]]></description>
			<content:encoded><![CDATA[<h3><span style="font-size: medium; color: #800000;"><span style="font-family: Arial;">PASCAL DECAILLET</span></span></h3>
<p><span style="font-family: Arial;"><span style="font-size: large;"><span style="font-size: medium;">J’ai assez martelé mon opposition à Nicolas Sarkozy, depuis cinq ans, et à vrai dire dix-sept, pour tout de même reconnaître, ce soir, son très grand professionnalisme, à l’instant, dans l’art de la communication. Un décor parfait, élyséen, le drapeau tricolore judicieusement dominant sur celui de l’Union européenne, une impeccable maîtrise des dossiers : l’homme, décidément, est meilleur candidat (car il l’est) que président. Mais l’exercice, assez vite, parvint à ses limites. En voici quelques-unes.</span><br />
<span style="font-size: medium;">D’abord, le président-presque-candidat a beaucoup trop parlé. Trop de notes ! Monologue, logorrhée, intervieweurs réduits à l’état de pots de fleur, sauf l’un des deux journalistes économiques invités, franchement excellent. À trop pérorer, on se ruine soi-même. Prenez François Mitterrand : la parole était mesurée, parsemée de silences (comme en musique), le style était allusif, le non-dit subjuguait. Il était monarchique, économe de ses signaux.</span><br />
<span style="font-size: medium;">Et puis, le président de la République française est allé beaucoup trop dans les détails, donnant finalement davantage l’impression de postuler pour Matignon, ou Bercy, que pour un renouvellement de son bail à l’Elysée. Ce souci du moindre fragement révèle la vraie nature de ce quinquennat, où le président gouverne au lieu de présider, ne délègue rien, veut tout contrôler. Ce faisant, il délaisse la majesté de sa fonction. Les Français, attachés depuis des siècles à la différence entre chef d’Etat (celui qui incarne) et chef de gouvernement (celui qui agit), l’ont sûrement perçu. Erreur !</span><br />
<span style="font-size: medium;">Pire que tout, l’obsession allemande. Nicolas Sarkozy est-il tombé sous le joug d’Angela Merkel ? Rêve-t-il du Rhin, de l’Oder, du Danube ? L’incroyable récurrence des allusions, toujours favorables, à la République fédérale, rêvée comme un lieu de bonheur et de meilleure réussite, rappelle les insupportables digressions étrangères de VGE qui, voulant faire européen, s’imaginait moderne. Les Français n’auront pas tardé à lui préférer le national François Mitterrand. Errance ! Le premier des Français n’a pas à se définir par rapport à ses voisins, ses concurrents. Ce vieux peuple ombrageux, conservateur, n’a jamais beaucoup aimé le « parti de l’étranger », ici les avances du duc de Brunswick à l’ennemi, là le discours de Cochin (Chirac, fin 1978). Les Français préfèrent adorer « la belle, prisonnière des soldats ».</span></p>
<p><span style="font-size: medium;"> En résumé, une intervention très professionnelle, dont M. Sarkozy a le secret. Mais aussi des balles dans son propre pied : oublie-t-il, lorsqu’il vilipende le statu qui, qu’il préside le pays depuis cinq ans ? Surtout, de graves fautes de goût. Qu’on ne trouve jamais, par exemple, chez un François Bayrou, petit candidat d’un petit parti, bègue lorsque l’autre est brillant, mais tellement proche d’une France de la Province, de la difficulté, de la profondeur. Un homme comme les autres, non pour justifier sa banalité. Mais pour, d’en bas, conquérir un jour Paris. Comme le fit, il y a longtemps, Henri, roi de Navarre. L’homme qui avait réussi à mettre fin aux guerres de Religion. Le panache blanc, rassembleur, contre la noirceur des factions.</span></span></span></p>
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		<title>Où vont vos primes d&#8217;assurance-maladie</title>
		<link>http://www.commentaires.com/suisse/ou-vont-vos-primes-dassurance-maladie/</link>
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		<pubDate>Wed, 25 Jan 2012 09:45:55 +0000</pubDate>
		<dc:creator>Philippe</dc:creator>
				<category><![CDATA[suisse]]></category>

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		<description><![CDATA[ On a peu parlé en Suisse romande du scandale de la caisse-maladie CPT/KPT et c'est dommage, car cette affaire est exemplaire des défauts du système actuel. On y voit clairement que les primes que paient les assurés, avec difficulté, finissent souvent dans les poches d'administrateurs et de politiciens stipendiés.]]></description>
			<content:encoded><![CDATA[<h3><span style="color: #800000;">PHILIPPE BARRAUD</span></h3>
<p>On a peu parlé en Suisse romande du scandale de la caisse-maladie CPT/KPT et c&#8217;est dommage, car cette affaire est exemplaire des défauts du système actuel. On y voit clairement que les primes que paient les assurés, avec difficulté, finissent souvent dans les poches d&#8217;administrateurs et de politiciens stipendiés.<br />
Tout commence en 2006. Les dirigeants de la caisse bernoise CPT/KPT – dont les clients étaient par le passé les employés de la Poste et de la Confédération – ont acheté pour eux-mêmes, et proposé aux employés, des actions de la société à un cours de 28 à 40 francs.<br />
A la mi-mai 2010, la CPT/KPT et Sanitas discutaient de la possibilité de fusionner, ce qui devait conduire à la création du troisième groupe de caisses-maladie de Suisse, avec 900&#8217;000 assurés. Peu avant la fusion prévue, la caisse CPT/KPT proposait aux détenteurs de ces actions de les racheter à un prix de&#8230; 600 francs pièce! Si le processus était allé à son terme, les membres du conseil d&#8217;administration, parmi lesquels deux conseillers nationaux (!), auraient gagné en moyenne un million de francs chacun, tandis que les employés-actionnaires auraient réalisé une plus-value moyenne de 100&#8217;000 francs.<br />
Heureusement la FINMA, l&#8217;autorité de surveillance des marchés, qui avait la CPT/KPT dans le collimateur depuis quelques temps, a mis le holà. La fusion n&#8217;a pas eu lieu, et la magouille des administrateurs a fait long feu. Dans une décision du 11 janvier, la FINMA a sanctionné sèchement les responsables de la caisse pour de «graves violations d&#8217;obligations». Selon l&#8217;autorité de surveillance en effet, le conseil d&#8217;administration a violé «des devoirs de diligence et de loyauté» en fixant le prix des actions issues du programme de participation des collaborateurs.<br />
Ce n&#8217;est pas tout: la FINMA a aussi débusqué un autre lièvre; non content de toucher des honoraires fixes et des bonus, tous les membres du conseil d&#8217;administration, sauf un, ont touché encore des versements pour des contrats de mandat. Mais quels mandats ? En réalité, ces versements n&#8217;étaient justifiés par aucune prestation supplémentaire non couverte par leurs honoraires fixes ! De simples cadeaux, donc.<br />
Les sanctions imposées par la FINMA aux anciens dirigeants de la CPT/KPT sont impitoyables, et s&#8217;assortissent d&#8217;une plainte pénale pour gestion déloyale: le président Walter Bosch et le vice-président Bernhard Liechti se sont vus interdire d&#8217;exercer toute activité dirigeante dans le domaine financier pendant quatre ans, et se sont vu confisquer les émoluments acquis dans le cadre de contrats de mandat depuis 2009.<br />
Cette affaire est exemplaire dans la mesure où elle montre qu&#8217;une partie des primes d&#8217;assurance-maladie est détournée à des fins autres que les prestations d&#8217;assurances, au travers d&#8217;une comptabilité secrète, pour payer généreusement une nuée d&#8217;administrateurs, et défrayer des politiciens aux ordres pour le temps passé en séances et gueuletons. A garder en mémoire, en attendant la votation sur la caisse unique</p>
<p>&nbsp;</p>
<p>&nbsp;</p>
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		<title>Genevoiseries pour les Nuls</title>
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		<pubDate>Wed, 25 Jan 2012 09:00:16 +0000</pubDate>
		<dc:creator>Philippe</dc:creator>
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		<description><![CDATA[Imaginez une ville, au bout d’un lac. Une police qui ne veut pas obéir. Des transports qui ne fonctionnent pas. Un magistrat qui part en piste et réveillonne avec un sonore fracas. Tout le monde qui gueule. Et pourtant, la vie qui va. C’est Genève.]]></description>
			<content:encoded><![CDATA[<h3><span style="color: #800000;">PASCAL DECAILLET</span></h3>
<p>Imaginez une ville, au bout d’un lac. Une police qui ne veut pas obéir. Des transports qui ne fonctionnent pas. Un magistrat qui part en piste et réveillonne avec un sonore fracas. Tout le monde qui gueule. Et pourtant, la vie qui va. C’est Genève. Il y a ceux qui adorent, j’en fais partie. Et ceux qui n’en peuvent plus. Ils rêvent du bouton rouge : allez, juste se faire plaisir, Hiroshima, on appuie, et puis basta, ne plus jamais entendre parler de ces emmerdeurs. Liquidée, Genève, napalmisée. Il n’y aurait plus qu’à reconstruire, dans le style champêtre de l’arrière-pays savoyard. Avec des bars PMU. Et des églises.<br />
Mais voilà, Genève est là. Elle s’est construite comme elle est, au fil des siècles, plantée là, entre Salève, Jura, Môle, Voirons, et tout au fond, le Mont-Blanc. Elle rêve d’une traversée du lac, seul moyen d’avoir enfin une ceinture périphérique qui désengorgerait la ville de dizaines de milliers de pendulaires. Mais elle n’est pas fichue d’envoyer à Berne un projet qui tienne la route. Alors, Berne dit non, disant pourtant oui à des trucs aussi capitaux que le contournement du Locle. Alors, comme Berne a dit niet, Genève gueule. Ah, ça, on sait faire. Ça bronze les amygdales. Ça tue le temps, dans les bouchons. Genève rouspète, sport national, mais rien n’avance.<br />
Heureusement, il y a les flics. Une ministre absolument pas faite pour le job, on l’a juste mise là pour qu’elle ne dérange pas. Un syndicat arrangeant comme une meute de pitbulls. La République bafouée par une Garde prétorienne, à cause de la faiblesse de la ministre. Un sujet d’engueulades dans les bistrots, les taxis. Ah, ça, on sait faire. Taxis ? Enfin, ceux qui avancent, parce qu’aujourd’hui, plus rien ne bouge. A Genève, ne vous avisez pas de monter dans un bus : il vous amènera exactement à l’endroit opposé. Ou ailleurs. Ou nulle part. Dans les bus, on gueulera sec. Ça, on sait faire. C’est Genève.<br />
Alors, pour nous sortir un peu de ce labyrinthe d’enfer, un ministre s’est mis en tête d’aller réveillonner dans les toilettes d’une boîte de nuit. Ça nous a distraits, un moment. Une vraie story, avec le pouvoir, la femme fatale, le barman, l’autodestruction d’un destin, la nuit bleue, l’année qui passe, la vie qui va. Pour une fois, les Genevois n’ont pas gueulé. Juste phosphoré, imaginé, reconstitué. Pas un coiffeur, pas un débit de boisson, pas un tram (en panne) où on n’en parlait pas. L’Affaire !<br />
On a les affaires qu’on peut. Le Valais a eu Savro, la France Dreyfus, Nixon Watergate. A Genève, on a l’affaire du ministre qui va aux toilettes. Et on en parle ! Et on en oublie les flics qui grinchent, les bus au point mort, les tramways nommés déserts, les études PISA, la ministre dépassée par les événements. Et on le contemple, tout là-bas, le Mont-Blanc. Ce seigneur, si beau, et si paisible.</p>
<p><em>Le Nouvelliste</em></p>
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		<title>Cas de conscience pour &#8220;fashion victims&#8221;</title>
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		<pubDate>Tue, 24 Jan 2012 18:34:12 +0000</pubDate>
		<dc:creator>Philippe</dc:creator>
				<category><![CDATA[griffures]]></category>

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		<description><![CDATA[On apprend toujours des choses extraordinaires en regardant les émissions historiques à la télévision. Par exemple, que les uniformes des SS, des Jeunes hitlériennes et de la Wehrmacht ont été créés par un certain&#8230; Hugo Boss, qui employait (si l&#8217;on peut dire) pour les produire des travailleurs forcés et des prisonniers des camps de concentration. [...]]]></description>
			<content:encoded><![CDATA[<p>On apprend toujours des choses extraordinaires en regardant les émissions historiques à la télévision.<br />
Par exemple, que les uniformes des SS, des Jeunes hitlériennes et de la Wehrmacht ont été créés par un certain&#8230; Hugo Boss, qui employait (si l&#8217;on peut dire) pour les produire des travailleurs forcés et des prisonniers des camps de concentration. (Les détails sur Wikipédia).<br />
N&#8217;étant pas une<em> fashion victim</em>, je n&#8217;ai rien à sortir de mes armoires&#8230; Ouf!</p>
]]></content:encoded>
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		<title>Réformite, quand tu nous tiens !</title>
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		<pubDate>Tue, 24 Jan 2012 16:32:43 +0000</pubDate>
		<dc:creator>Philippe</dc:creator>
				<category><![CDATA[société]]></category>

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		<description><![CDATA[Trois députés zurichois, sous l’impulsion du vert libéral Christoph Ziegler, demandent dans un postulat que les élèves les plus faibles soient exemptés du français lors des deux dernières années de scolarité obligatoire. En fait, voilà la mise en œuvre de l’utopie du pragmatisme étroit: il faut aller à l’essentiel, et l’essentiel, croit-on, est ce qui sert immédiatement.]]></description>
			<content:encoded><![CDATA[<h3><span style="color: #800000;">JEAN ROMAIN</span></h3>
<p><strong></strong>Trois députés zurichois, sous l’impulsion du vert libéral Christoph Ziegler, demandent dans un postulat que les élèves les plus faibles soient exemptés du français lors des deux dernières années de scolarité obligatoire. Ce serait mieux pour eux s’ils se concentraient sur l’allemand, et cela ne toucherait que 10 pour cent des élèves.<br />
Et voilà une fois encore la guerre des langues qui se réveille, et une fois de plus depuis Zurich. On y agite le pragmatisme : ils ne peuvent pas apprendre correctement donc il faut supprimer cet obstacle sur le chemin glorieux de sa majesté l’élève vers le succès. On connaît la scie pour l’avoir entendue si souvent dans les régions lémaniques, à Genève et Vaud en particulier. Rien d’autre que l’habituelle capitulation devant la difficulté. Le bâillement nous saisirait s’il nous avait quittés.<br />
Mais il y a pis que cette ritournelle obsessionnelle, il y a pour un pays comme le nôtre un recul de la culture commune. Rapprocher «culture» et «commune» relève de la tautologie pour beaucoup de professeurs, puisqu’ils accordent à ce mot le sens que lui donne la tradition humaniste («ensemble des connaissances acquises qui permettent de développer le sens critique, le goût, le jugement»). En revanche, les concepteurs des multiples réformes, les chevaliers de la soustraction en matière de contenus de programme, ceux qui disent qu’à l’école il y a trop d’école, ceux-là même qui ont brisé l’enseignement, pensent que la culture transmise par les professeurs est toujours celle d’un groupe restreint, d’une fraction de la population. Après 68, rappelez-vous, il s’agissait des fameux «héritiers de la bourgeoisie» que l’école reproduisait. Ici: d’une minorité linguistique; le français pour Zurich c’est la culture d’une minorité.<br />
En fait, voilà la mise en œuvre de l’utopie du pragmatisme étroit: il faut aller à l’essentiel, et l’essentiel, croit-on, est ce qui sert immédiatement. Le rôle d’une langue est surtout de communiquer, affirme-t-on. Les tâches immédiates face à la destruction sociale, familiale, d’une jeunesse qu’on confie à l’école obligatoire parce qu’on ne sait plus qu’en faire, sont celles de la courte utilité. Or l’école transmet autre chose et bien plus qu’un kit de survie. Elle transmet des connaissances et l’ouverture à la culture communeL&#8217;école obligatoire, métamorphosée depuis 30 ans en terrain d&#8217;expérimentations hasardeuses pour chercheurs en « sciences » de l&#8217;éducation, a trouvé aujourd’hui un nouvel ami politique chez les élus Vert-Libéraux zurichois. Mais quelle vision de l’école défend-on au juste ? Quelle vision de l’élève ? Veut-on une école des maigres recettes utilitaires ou veut-on une école de la culture ? Veut-on une école des compétences  ou une école des connaissances solides ? S’agit-il d’occuper l’élève ou de le former ? De lui assurer des activités ou de l’habituer à des exercices ? Hé bien, contre une pédagogie du chatouillement, je revendique une pédagogie de l&#8217;émancipation.</p>
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		<title>Mariage, homosexualité: l&#8217;Eglise est-elle allée trop loin ?</title>
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		<pubDate>Mon, 23 Jan 2012 08:33:03 +0000</pubDate>
		<dc:creator>Philippe</dc:creator>
				<category><![CDATA[société]]></category>

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		<description><![CDATA[Qu'est-ce qu'une Eglise sans fondamentaux ? «La vie en Christ n'est pas à bien plaire, et l'éthique spécifique de l'Eglise n'a pas à s'adapter à l'éthique majoritaire de la société. Elle est liée à l'Evangile, à la vie et à la prédication du Christ,» écrivent les pasteurs Fuchs et Glardon, qui préconisent un retour à l'essentiel. Ils posent un diagnostic radical sur les abandons de l'Eglise à l'égard du mariage, une institution dont le naufrage menace la vie en société.]]></description>
			<content:encoded><![CDATA[<h3><span style="color: #800000;">PHILIPPE BARRAUD</span></h3>
<p><span style="font-size: medium;">Qu&#8217;est-ce qu&#8217;une Eglise sans fondamentaux ? «La vie en Christ n&#8217;est pas à bien plaire, et l&#8217;éthique spécifique de l&#8217;Eglise n&#8217;a pas à s&#8217;adapter à l&#8217;éthique majoritaire de la société. Elle est liée à l&#8217;Evangile, à la vie et à la prédication du Christ,» écrivent les pasteurs Fuchs et Glardon, qui préconisent un retour à l&#8217;essentiel. Ils posent un diagnostic radical sur les abandons de l&#8217;Eglise à l&#8217;égard du mariage, une institution dont le naufrage menace la vie en société.</span><span style="font-size: medium;"><br />
Les politiciens disent volontiers que la famille est la cellule de base de la société. Ils n&#8217;ont pas tort, comme on le voit aujourd&#8217;hui <em>a contrario</em>: les jeunes grandissent dans un univers de moins en moins normatif, autrement dit, dans une absence de règles, de balises et de limites qui, loin de les «libérer», les empêchent de se structurer, et donc de devenir des adultes complets.<br />
Si tant de jeunes et de jeunes adultes demeurent immatures, centrés sur eux-mêmes et insensibles aux besoins des autres, c&#8217;est bien parce qu&#8217;ils ont grandi sans repères, ces indispensables repères que devraient donner, en tout premier lieu, le cercle familial, mais aussi l&#8217;école, les Eglises, la société toute entière même, lorsque des adultes osent rappeler à l&#8217;ordre des gamins qui font de grosses bêtises. Faut-il rappeler que pour se construire, un enfant a besoin d&#8217;apprendre à gérer ses frustrations, et donc d&#8217;être confronté à des limites? L&#8217;absence de limites ne conduit pas à la liberté, mais à l&#8217;exclusion et à la violence.</span></p>
<p><span style="font-size: medium;"><em><strong>Un mariage sans engagement</strong></em></span></p>
<p><span style="font-size: medium;">Pour Eric Fuchs et Pierre Glardon*, c&#8217;est dans le domaine du mariage que l&#8217;Eglise affronte la contestation la plus rude de son enseignement moral. Or on voit qu&#8217;elle a davantage tendance à se défausser, à s&#8217;<em>adapter</em> dans le mauvais sens du terme, c&#8217;est-à-dire dans le sens de la facilité et de l&#8217;abandon de ses valeurs fondamentales. Voir à ce propos notre article<a href="../../../../../societe/se-marier-a-leglise-mais-sans-leglise"><em> Se marier à l&#8217;église, mais sans l&#8217;Eglise !</em></a><br />
L&#8217;engagement conjugal a perdu de sa gravité: l&#8217;épanouissement individuel, même dans le cadre du mariage, est devenu une exigence centrale. Pourtant, elle contient en elle-même les germes de la rupture, puisque si ce but n&#8217;est pas atteint, le divorce acquiert une sorte de légitimité naturelle. A défaut d&#8217;aller jusque là, parce qu&#8217;un divorce est un traumatisme majeur, l&#8217;infidélité apparaît comme une solution acceptable, puisqu&#8217;elle vise justement à réaliser cet indispensable épanouissement personnel.</span></p>
<p><span style="font-size: medium;"><em><strong>55% de divorces</strong></em></span></p>
<p><span style="font-size: medium;">On est évidemment loin de l&#8217;engagement social et familial du mariage traditionnel, loin aussi de l&#8217;enseignement biblique qui consacre le caractère sacré du mariage: «Que l&#8217;homme donc ne sépare pas ce que Dieu a uni.» «Pour les chrétiens, écrivent Fuchs et Glardon, le mariage n&#8217;est pas qu&#8217;un contrat engageant les partenaires aussi longtemps qu&#8217;ils le désirent, un tiers – Dieu – est témoin et engagé dans cette forme d&#8217;alliance que constitue le couple.»<br />
En Suisse, 55% des mariages finissent par un divorce. Ce chiffre interpelle directement les Eglises. S&#8217;inspirant de la radicalité du Christ lui-même, pour qui il n&#8217;y a point de ruptures conjugales qui seraient permises et d&#8217;autres pas (il n&#8217;y en a point, c&#8217;est tout), les auteurs proposent trois mesures radicales elles-aussi: </span></p>
<ul>
<li><span style="font-size: medium;">Renoncer à marier un couple dont les conjoints ne sont pas disposés à entrer dans une réflexion partagée sur le sens de la vie à deux, sur les plans psychoaffectifs et spirituel, et sur leur engagement chrétien. Ceci impliquerait que l&#8217;Eglise rappelle de manière forte ce que représente l&#8217;engagement du mariage.</span></li>
<li><span style="font-size: medium;">Envisager de refuser de célébrer un second mariage à l&#8217;église après divorce; on ne pourrait donc se marier à l&#8217;Eglise qu&#8217;une fois et une seule dans sa vie, par fidélité à l&#8217;enseignement de Jésus, «manière de marquer l&#8217;étendue et la gravité de l&#8217;engagement pris devant les hommes et devant Dieu.» Ceci n&#8217;interdirait évidemment pas un remariage civil, ni la participation à la vie de la communauté chrétienne.</span></li>
<li><span style="font-size: medium;">Différencier éventuellement les cérémonies proposées, en fonction de l&#8217;engagement spirituel des conjoints, pour ne pas les exposer à la réalité d&#8217;un parjure.</span></li>
</ul>
<p><span style="font-size: medium;">Pour les pasteurs Fuchs et Glardon, ces propositions méritent mieux qu&#8217;un haussement d&#8217;épaules, «tant l&#8217;approche réformée, souvent trop laxiste, contribue à la déconsidération de l&#8217;Eglise, et tant la situation des catholiques divorcés privés du sacrement eucharistique (s&#8217;ils recréent un couple) est dramatiquement absurde et anti-évangélique.»</span></p>
<p><span style="font-size: medium;"><em><strong>Homosexualité: ministère problématique</strong></em></span></p>
<p><span style="font-size: medium;">Dans un long chapitre consacré à l&#8217;homosexualité, bien document et nuancé, les auteurs reconnaissent comme légitime le souci des homosexuels de revendiquer le respect pour ce qu&#8217;ils sont. Et de rappeler que devant Dieu, l&#8217;homosexuel n&#8217;est pas défini par son homosexualité, mais par sa foi. Baptisé, il appartient de plein droit à la communauté chrétienne, les différences ne sont pas abolies, mais elles ne sont pas prioritaires. Les pasteurs Fuchs et Glardon sont en revanche plus réticents lorsqu&#8217;on passe à des revendications de toute autre nature, comme le droit à l&#8217;adoption et à la procréation, ou encore au ministère.<br />
Les Protestants à cet égard sont plutôt libéraux au Nord, et restrictifs au Sud. «On admettra, écrivent-ils, que l&#8217;éventuelle vie publique d&#8217;un couple homosexuel logeant dans une cure (avec ou sans enfants) remet en question une anthropologie biblique judéo-chrétienne, selon laquelle le couple créé par Dieu est différencié (composé d&#8217;un homme et d&#8217;une femme).»</span></p>
<p><span style="font-size: medium;"><em><strong>Pour un retour aux sources</strong></em></span></p>
<p><span style="font-size: medium;">L&#8217;ouvrage des pasteurs Eric Fuchs et Pierre Glardon a ceci de salutaire qu&#8217;il dirige le projecteur sur des fondamentaux que l&#8217;Eglise a progressivement négligés – et qu&#8217;est-ce qu&#8217;une Eglise sans fondamentaux, ceci valant aussi bien pour les Protestants que pour les Catholiques? «La vie en Christ n&#8217;est pas à bien plaire, et l&#8217;éthique spécifique de l&#8217;Eglise n&#8217;a pas à s&#8217;adapter à l&#8217;éthique majoritaire de la société. Elle est liée à l&#8217;Evangile, à la vie et à la prédication du Christ.» Cette phrase est fondamentale, elle est ce qu&#8217;il faut opposer aux soi-disant modernistes qui voudraient précisément que l&#8217;Eglise <em>s&#8217;adapte</em> à l&#8217;air du temps, que Rome se donne un Pape <em>cool</em> qui bazarderait deux mille ans d&#8217;héritage trop lourd&#8230;<br />
Parce que les besoins spirituels sont partout, même dans nos sociétés prospères, les Eglises devraient renoncer à cantonner leurs actions au seul terrain caritatif: «Elles devront oser des positionnements incluant la mise en question de l&#8217;oppresseur, quel qu&#8217;il soit. Il est des pauvretés autres que financières, des morts autres que physiques, des inconsciences autres que spirituelles, face auxquelles la Communauté chrétienne doit réapprendre à assumer pleinement – au sein du peuple – sa responsabilité prophétique et éthique, pour le bien de tous.»</span></p>
<p><span style="font-size: medium;">* <em>Turbulences.</em> Editions Ouverture, 2011. </span></p>
<p>&nbsp;</p>
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		<title>L&#8217;islam, comme une obsession</title>
		<link>http://www.commentaires.com/suisse/sommes-nous-obsedes-par-lislam/</link>
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		<pubDate>Mon, 23 Jan 2012 07:03:43 +0000</pubDate>
		<dc:creator>Philippe</dc:creator>
				<category><![CDATA[suisse]]></category>

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		<description><![CDATA[ Il y a une quinzaine d'années, les médias ne parlaient guère de l'islam, pas davantage d'ailleurs que les piliers du Café du Commerce. Aujourd'hui, l'islam a pris une place quasi obsessionnelle dans notre quotidien médiatique, et c'est le signe évident d'un malaise. ]]></description>
			<content:encoded><![CDATA[<h3><span style="color: #800000;">PHILIPPE BARRAUD</span></h3>
<p><span style="font-size: medium;">Il y a une quinzaine d&#8217;années, les médias ne parlaient guère de l&#8217;islam, pas davantage d&#8217;ailleurs que les piliers du Café du Commerce. Aujourd&#8217;hui, l&#8217;islam a pris une place quasi obsessionnelle dans notre quotidien médiatique, et c&#8217;est le signe évident d&#8217;un malaise.<br />
Un peu dépités, les journalistes nous montrent jour après jour la progression fulgurante des islamistes radicaux ou relativement radicaux dans les pays du Margheb, dans une ambiance de gueule de bois. Où sont les jeunes blogueurs, les <em>twitteurs</em> enthousiastes qui avaient changé la face du monde? Les médias occidentaux s&#8217;étaient intéressés à eux non pas parce qu&#8217;ils faisaient la révolution, mais parce qu&#8217;ils utilisaient les réseaux sociaux. Dérisoire vision des choses, par le petit bout d&#8217;une lorgnette incapable de s&#8217;intéresser au fond des choses.</span><span style="font-size: medium;"><br />
Si on s&#8217;était intéressé au fond des choses, plutôt qu&#8217;à la bulle irisée des réseaux sociaux, on aurait peut-être vu que, derrière cette façade naïve, des forces bien moins sympathiques étaient à l&#8217;oeuvre, attendant leur heure, l&#8217;heure de prendre le pouvoir. Aujourd&#8217;hui, elles y sont: en Egypte, les trois quarts des élus appartiennent aux Frères musulmans et aux salafistes, qui remodèleront les institutions selon leurs bon vouloir, et on a tout lieu de craindre que la dictature de Moubarak cède la place à une dictature religieuse, dans laquelle les droits individuels, la liberté religieuse et le statut des femmes feront l&#8217;objet de révisions radicales.</span><span style="font-size: medium;"><br />
Ce même lundi matin, nos médias nous parlent aussi des menées des salafistes en Tunisie, qui sèment la terreur dans les universités et s&#8217;emploient, déjà, a ramener les enseignantes et les étudiantes derrière un mur de tissu, avant de les renvoyer à la maison. Là aussi, on n&#8217;entend plus guère les blogueurs de l&#8217;année passée, soit que nous ne nous intéressions déjà plus à eux, soit que des barbus les aient convaincu qu&#8217;ils feraient mieux de marcher droit.</span><span style="font-size: medium;"><br />
Ce lundi matin encore, un journal nous informe des projets grandioses de Nicolas Blancho, qui s&#8217;emploie à créer une société islamique parallèle en Suisse, avec ses propres lieux de rencontres et de loisirs, une mosquée géante, ses propres magasins, ses propres écoles, ses réseaux divers – en clair, tout ce qu&#8217;il faut pour que les musulmans ne s&#8217;intègrent pas harmonieusement à la société suisse.</span><span style="font-size: medium;"><br />
De tout cela, on peut tirer deux conclusions provisoires. La première, c&#8217;est que les peuples des pays du Maghreb aspirent non pas à un mode de vie moderne dominé par la liberté des individus, comme nous l&#8217;avions cru naïvement, mais à une société fondée sur la tradition et la discipline, sous le signe de la charia; c&#8217;est un choix démocratique particulièrement clair, nous devons en prendre acte et le respecter tout en restant critiques, et ravaler nos espoirs de voir la démocratie et les droits de l&#8217;homme submerger le monde.</span><span style="font-size: medium;"><br />
La deuxième conclusion, c&#8217;est que nous devons veiller, en Suisse, à ce que la communauté musulmane, plutôt modérée et discrète dans sa majorité, ne soit instrumentalisée par ceux qui rêvent de construire leur petit califat personnel entre les Alpes et le Jura. Il faut au contraire tout faire pour que les musulmans vivant dans notre pays soient convaincus d&#8217;appartenir à une communauté cohérente et unie, où ils ont une place comme les autres, dans le respect des autres.</span></p>
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