ico Etranger Rendez-nous l’Amérique qu’on aime !

5 novembre 2008 | Catégorie: étranger

PHILIPPE BARRAUD

On peut être conservateur et se réjouir de l’élection de M. Obama à la présidence des Etats-Unis. Parce que ce pays se trouve dans une impasse dramatique.

Personne n’a songé à le remercier, et pourtant George W. Bush est l’un des grands artisans de la victoire du candidat démocrate. Il va laisser à son successeur un état de lieux catastrophique – tellement catastrophique qu’il fallait absolument en sortir par un changement de paradigme: un pays embourbé dans des guerres inextricables; un endettement qui, par son ampleur, dépasse les capacités de représentation de tout un chacun; une crise financière et une récession qui tétanisent consommateurs et entreprises; enfin, et c’est peut-être le plus important pour tous ceux qui aiment les Etats-Unis, une image terriblement dégradée.

A cet égard, l’ampleur des dégâts est considérable. L’Amérique est détestée férocement dans une bonne partie du monde, en particulier dans le monde musulman, mais aussi sous nos latitudes: combien de Suisses se répandent en propos haineux sur les Etats-Unis, jurant bien fort qu’il n’y mettront jamais les pieds (ils vont en vacances à Cuba, à la place). Et comme l’Amérique incarne plus ou moins globalement l’Occident – les infidèles, pour les plus radicaux –, nous sommes tous mis dans le même panier d’infamie, Suisses, Français, Anglais ou Australiens. Il est donc plus que temps de sortir de cette spirale infernale.

Les Américains moyens, ceux là même que les Suisses aiment côtoyer dans les grands espaces, parce qu’ils sont ouverts, «friendly» et sans préjugés, sont bien conscients de cette réalité, et en souffrent. Un soir, à la grande table commune de Phantom Ranch, au fond du Grand Canyon, un Texan a grand chapeau nous a demandé : «Et chez vous, en Suisse, vous osez avouer que vous allez aux Etats-Unis? Vous n’aurez pas d’ennuis?»

Personne ne peut dire ce que fera Barack Obama, mais une chose est sûre: tout est ouvert. Et honnêtement, il y a longtemps que cela n’était pas arrivé. Il a l’opportunité de rendre à ses compatriotes et au monde l’Amérique vraie, celle qui a fait rêver des générations d’humains de par le monde, cette Amérique de tous les possibles, et que le système Bush avait confisquée pour en faire une nation paranoïde, revêche, suspicieuse et xénophobe.

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Commentaire de Rico Prader le 5 novembre 2008 à 3:16

pfff…
 
facile de flinguer Bush et de louer Obama ce matin… quel conformisme! on se croirait sur la radio romande…

Commentaire de jean-luc duvoisin le 5 novembre 2008 à 3:23

Le rêve américain
 
Le rêve américain est l’idée selon laquelle n’importe quelle personne vivant aux États-Unis, par son travail, son courage et sa détermination, peut devenir prospère.
La notion de cette possibilité à réussir à partir de rien, a été fortifiée par l’étendue territoriale, les ressources et le libéralisme politique et économique qui caractérisent les États-Unis.

(wikipédia)

Commentaire de Vergères P.-M. le 5 novembre 2008 à 6:15

Un de plus !
 
Déçu, ce jour, du site que j’aime !

Après l’avalanche – plus que douteuse – des prises de positions unilatérales des médias étrangement unanimes, Commentaires.com y rajoute le sien.

Une voix discordante aurait fait du bien à la démocratie, terrassée ce jour par la “médiacratie”. On peut y aller de son plus dythirambique commentaire, l’avenir reste mystérieux pour tous les journalistes comme pour nous, victimes expiatoires du massacre programmé de tout ce qui est blanc, de droite et chrétien !

Tiens! Avec une pareille unanimité, on se serait crû à nouveau à la veille du vote sur l’EEE !!!

Commentaire de Danièle Gutowski le 5 novembre 2008 à 8:56

Rendez-nous l’Amérique qu’on aime!
 
Nous allons entre dans l’ère “bling-bling”: Sarkozy, Obama = SO il ne manque d’un dirigeant “people” dont le nom commence par S pour lire: SOS

Commentaire de marie-France Oberson le 5 novembre 2008 à 9:36

Conformisme!!
 
Moi qui vient sur ce site pour sortir du conformisme, quelle déception!
Rien à rajouter aux commentaires de Prader et Vergères; en plein accord avec eux!
Quant au rêve américain de Duvoisin, très bien cerné, il prouve que l’on ne peut guère comparer l’Amérique avec notre Europe qui veut la singer. La différence entre l’Amérique et nous ,on a pu la voir dans les rues américaines: tous les blacks brandissaient des drapeaux américains…et Obama est fier d’être américain et il va certainement travailler d’abord pour l’Amérique..

Commentaire de Jean- Pierre Blanc le 5 novembre 2008 à 9:40

Philippe Barraud politiquement (très) correct !
 
Non seulement les médias officiels nous informent que Le nouveau Messie est arrivé, Halléluia, mais même Philippe Barraud – dont je suis un “fan” – fait dans le (très) politiquement correct ! Consternant !
Deux petites remarques :
1. Que ceux qui préfèrent passer leurs vacances à Cuba qu’aux USA y restent. Il ne faudra pas attendre longtemps pour qu’ils bravent les requins afin de rejoindre la Floride à la nage.
2. L’origine de la crise économique actuelle est due à l’administration démocrate de Carter (Community Reinvestment Act). L’attaque du 11.09 est due au laxisme de l’administration démocrate de Clinton (Bush n’était au pouvoir que depuis quelques mois).
Les médias occidentaux me font penser à l’orchestre du Titanic…

Commentaire de Paul Bär le 6 novembre 2008 à 1:48

Opportunité stratégique
 
Ce qu’il y a de stratégiquement formidable avec la victoire d’Obama, c’est que pour les blancs, qu’ils soient aux USA ou en Europe, le recours ethniciste est désormais possible, puisque le système et ses relais médiatiques n’ont vu aucun problème à ce que 96% des noirs américains choisissent leur candidat sur la base exclusive du critère ethno-racial.
Obama, c’est le retour du sang dans l’affrontement politique; la joie quasi orgasmique des biens-pensants, de la classe médiatique et de tout l’établissement étant d’autant plus cocasse à observer, qu’ils ne réalisent pas ce qui est en train de se lever. Le “changement” n’aura très certainement pas le visage qu’espèrent si angéliquement nos ingénieurs-sociaux!

Commentaire de Peter Gerber le 7 novembre 2008 à 8:38

USA et droit de recours
 
Après la lecture de ces deux articles, je me pose vraiment des questions concernant votre positionnement politique. D’accord, les années Bush n’ont pas été un succès, mais il serait tout de même correct d’admettre que la décision de “surge” en Irak est en train de porter des fruits (ne vous en déplaise probablement). J’ai été probablement aussi souvent que vous aux USA et je n’oublie pas, moi, les près de 50% d’Américains qui n’ont pas voté Obama. En ajoutant votre article au sujet du droit de recours, une question me vient à l’esprit: quand annoncerez-vous votre adhésion au PS?

Commentaire de Eric Kocher le 9 novembre 2008 à 11:38

Une BD sans bulles pour iilletrés
 
L’important dans l’élection d’Obama ce n’est pas tant la victoire des «bien-pensants» sur les «mal-pensants», mais bien le changement de paradigme comme l’explique Philippe Barraud. Il était temps que l’Amérique pose son jeu et prenne le «blind». Les années Bush n’auront que permis de faire croître la haine de la civilisation arabo-musulmane contre l’Occident. Et aussi la gêne d’un sentiment aigu de plus en plus perceptible sous nos latitudes dans l’approche des questions liées à l’immigration et à l’intégration de groupes ethniques ne partageant pas les mêmes valeurs.
L’administration Bush n’a pas su – dans sa politique étrangère – mesurer les susceptibilités (injustifiées ou non) de milliards de musulmans qui n’ont pas et qui ne veulent pas adhérer aux mêmes cadres de référence que les Occidentaux.
Dans un premier temps, la victoire d’Obama agira peut-être comme une sorte d’«anti-inflammatoire» sur un abcès géant qui met la paix du monde en danger.
C’est lui désormais le toubib et l’infirmière.
John Mc Cain aurait certainement été à la hauteur de cet exercice périlleux mais aujourd’hui, ce qui anime le moteur de la mécanique des masses, ce sont les images et les icônes. Que des bandes dessinées exemptes de bulles illisibles.

Commentaire de Marc Glaisen le 10 novembre 2008 à 1:19

Conformisme?
 
A peine M. Obama élu, je suis parti quelques jours en vacances en Toscane (ces deux événements n’ayant aucun lien de cause à effet). De retour chez moi en ce dimanche soir 10 novembre, je consulte Commentaires.com et c’est avec effarement que je tombe sur les réactions à l’article de M. Barraud. Plusieurs des auteurs desdits commentaires mettent effectivement en avant l’argument du conformisme pour crier haut et fort leur étonnement, leur désaccord, voire leur courroux face à l’espoir que M. Barraud (et une grande partie de la planète avec lui) met dans l’élection de M. Obama à la présidence des USA. Il me semble de ce fait important de revenir sur la question du conformisme et de son sens.

N’ayant pas les moyens de faire une analyse sociologique complète de la question, je retiendrai la définition que donne Le Petit Robert du terme « conformisme » : 1. Fait de se conformer aux normes, aux usages. 2. Attitude passive de celui qui se conforme aux idées et aux usages de son milieu (sens péjoratif).

Il est indéniable que l’animal sociable que nous sommes toutes et tous se conforme, de plus ou moins bon gré selon les situations, à une multitude de normes et règles adoptées par le plus grand nombre, et ceci pour évoluer de façon la plus « économique » ou adéquate dans l’univers social qui nous entoure. Je suppose donc que ce n’est pas cette acception du terme à laquelle se réfèrent Mme Oberson ou encore M. Blanc dans leurs commentaires. Rejeter cette forme de conformisme reviendrait effectivement à faire l’apologie de l’anarchie ou encore de la rébellion adolescente et tel ne semble pas être leur style… Je pars donc du principe que les hauts-cris s’en prenant régulièrement sur ce site à un soi-disant conformisme (et plus précisément ces derniers jours face à l’enthousiasme lié à l’élection de M. Obama) concernent le second sens retenu par le Petit Robert, soit une attitude négativement connotée qui consisterait à se conformer de manière passive aux usages de son milieu.

Il est intéressant de remarquer que cette définition repose sur deux éléments principaux : la passivité de l’adhésion aux normes en question (en l’occurrence l’espoir mis dans l’élection de M. Obama) et le fait que celles-ci concernent un milieu particulier. Il me semble que les deux points susmentionnés ne correspondent en aucun cas à l’enthousiasme planétaire observé autour de M. Obama. La foule de près de 70’000 personnes s’étant réunie à Chicago mercredi dernier pour fêter l’événement n’avait par exemple rien de passif. Il en est de même pour les larmes de joies qui semblaient avoir été retenues par des générations successives de noirs américains n’osant espérer trop concrètement l’élection de l’un des leurs au poste suprême. Aucune passivité, de même, dans l’élan mondial qui reconnaît le caractère historique de cette élection !!!

Par ailleurs, M. Obama a été un excellent candidat puisqu’il a été élu de manière éclatante :
- 64,1% des Américains se sont rendus aux urnes pour choisir leur président. Selon certaines sources, la dernière fois où l’Amérique a connu une telle mobilisation remonte à 1908. Et si le vote des afro-américains a bien entendu compté dans cette élection, je ne peux m’empêcher de rappeler à M. Bär que cette catégorie de la population américaine représente moins de 13% de la population globale des USA pour plus de 74% de caucasiens…
- Les derniers résultats du scrutin présidentiel donnent 364 grands électeurs à Barack Obama (270 sont requis pour avoir la majorité) et 163 à John Mc Cain…

Il semble donc évident que nous sommes face un phénomène qui va bien au-delà d’une attitude passive et qui concernerait un milieu particulier. M Barraud a dans ce sens l’intelligence de le reconnaître et de le mentionner. Mme Oberson, M. Blanc et autres M. Vergerès feraient bien de réfléchir à la situation actuelle des USA (d’un point de vue social, économique et politique), et par conséquent aux motivations de cette grande majorité des américains qui a élu M. Obama, plutôt que de gémir et se retrancher derrière cet argument invalide et fourre-tout d’un pseudo-conformisme. Conformisme pour conformisme, je ne peux d’ailleurs que les renvoyer directement à celui qui semble définir leur caste conservatrice et qui implique manifestement une grande difficulté à quitter des normes et valeurs sclérosées, une peur du changement, voire des peurs beaucoup plus inquiétantes de par leur aspect irrationnel (M. Vergerès parle de « massacre programmé de tout ce qui est blanc, de droite et chrétien ») ainsi qu’une incapacité d’espérer et de se réjouir.

Quoi de plus normal finalement que de se réjouir et de fêter lorsqu’on a tellement espéré (que cette espoir concerne la fin de l’obscurantisme et de l’impéritie des huit – trop longues – années du règne de W ou l’avènement d’autres changements incarnés par M. Obama). Cela n’a définitivement rien à voir avec quelque conformisme que ce soit, même si le travail ne fait que débuter pour le nouveau président des USA et que nul ne peut prédire si les espoirs mis en sa personne déboucheront sur des résultats concrets, mais telle n’est pas la question en ce lendemain d’élection synonyme de fête.

Commentaire de Xavier Gruffat le 11 novembre 2008 à 9:55

Intelligence
 
Je suis heureux de voir sur ce site des personnes intelligentes qui prennent le temps de réfléchir de façon structurée et critique, effectivement je suis très fâché envers la majorité des journalistes et des médias romands que je qualifie parfois de manipulateurs sur certains sujets. Ils reprennent les dépêches de Reuters, ATS ou autre AFP sans trop se poser de questions. Effectivement je ne dis pas que je suis pour Georges Bush sur tous les points mais j’ai souvent été très déçu de l’attitude des médias suisses (c’est surtout ceux-là que je connais) qui n’ont jamais cherché à comprendre si la guerre en Irak était bonne ou mauvaise, d’office ils étaient anti-Bush, n’oublions pas que Sadam Hussein était un dictateur. J’admets toujours ne pas avoir de réponse et je ne sais pas qui a raison.
Je reste néanmoins ouvert aux théories de M. Barraud, car il prend le risque également de donner son avis. Car même si je partage la plupart des idées de l’anti-conformisme (qu’on peut qualifier de conservatisme en général) je crois qu’un bon conservateur doit aussi se montrer fair-play (comme McCain par exemple) et parfois aussi aller dans le conformisme, autrement on pourrait passer pour un Nein-Sager et tout critiquer et remettre en question des fondamentaux, je prends des exemples comme le respect des homosexuels, la lutte contre le racisme, etc. Il faut reconnaître à l’ensemble des médias romands un conformisme sur ces sujets que je partage et pour lesquels il faut ensemble se battre pour ne justement pas faire d’anti-conformise à tout prix sur ces thèmes.
Pour conclure vive des médias libres comme Commentaires.com et croyez-moi je travaille dur pour construire mes propres médias (j’en ai déjà avec passablement de visites sur certains sites, mais je suis pas là pour faire de la pub) pour que tous les courants de pensée soient représentés en Suisse, y compris les idées des conservateurs.
N’hésitez pas vous aussi à apporter votre pierre à l’édifice pour éviter que des grands groupes de presse suisses nous fassent un lavage de cerveau quotidien, notamment avec les nouveaux journaux gratuits qui sont ma bête noir.

Commentaire de Christophe Schälchli le 20 novembre 2008 à 12:58

L’anticonformisme pour l’anticonformisme…
 
Elle doit être bien pénible, la vie de ceux qui pratiquent l’anticonformisme à tous crins…
Evitent-ils de manger avec une fourchette ? Savent-ils apprécier une musique que plus de 10 personnes aiment ? Auraient-ils eu des idées communistes, s’ils avaient vécu en Allemagne dans les années 30 ? Sont-ils favorables à la pédophilie, que la majorité des conformistes réprouvent ?
En ce sens, j’apprécie l’article de Monsieur Barraud, pourtant maître-penseur de l’anticonformisme, qui a osé égratigner l’image du président Bush. Et tant pis pour ceux qui regrettent l’élection d’Obama dans un simple souci d’anticonformisme…
Entièrement d’accord, donc, avec le commentaire joliment étayé de Marc Glaisen. Ceux qui se conforment à l’”anticonformisme pour l’anticonformisme” se trompent finalement… de conformisme.

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