ico Etranger Mais où est passée l’Amérique?

22 mars 2017 | Catégorie: étranger

PHILIPPE BARRAUD

Ce n’est pas sans une infinie tristesse que l’on voit l’Amérique sombrer dans le ridicule et la médiocrité. Nous avons tous un rapport d’amour/haine avec ce pays – dont la culture est largement devenue la nôtre, écoutez vos enfants et vos jeunes, regardez votre télévision – mais ce sentiment ambigu fait désormais place à la consternation.

Consternation de voir un pays si influent et si important quotidiennement ridiculisé par un président paranoïaque et infantile, dont les tweets rageurs agacent jusqu’à ses plus inconditionnels supporters, et obligent ses collaborateurs à mentir autant que leur patron. Au XXe siècle, on s’était offusqué à juste raison des mensonges de Richard Nixon; aujourd’hui, on finit hélas par s’habituer à ceux de Donald Trump, puisqu’il ne fait que mentir, et l’assume: ce que je dis est la vérité, puisque c’est moi qui le dis.

L’Amérique offre aujourd’hui un spectacle désolant. D’un côté, les carnassiers de l’économie se réjouissent de pouvoir faire des affaires mirobolantes, puisque toutes les contraintes vont sauter: contrôles de la pollution des véhicules, protection des consommateurs, mesures environnementales… tout cela va sauter, tandis que les entreprises du BTP se battent pour construire le mur le plus grotesque de l’Histoire. Le Président, qui devrait être une figure tutélaire inspirant le respect, se prélasse dans ses resorts de mauvais goût aux frais du contribuable, regarde la télé et tweete à tour de bras, tout en menant de manière chaotique la politique qu’il a promise: prendre aux plus pauvres pour donner aux plus riches.

D’un autre côté, on voit une société civile désemparée, des communautés ethniques hésitant entre la peur, le profil bas et la révolte, et des mouvements de résistance qui commencent à apparaître, non seulement au niveau des individus et des associations, mais aussi des grandes villes et des États, qui refusent de participer à la chasse aux latinos. A l’étranger, de nombreuses personnalités, comme l’astrophysicien Stephen Hawking, disent ne plus pouvoir se rendre aux Etats-Unis dans le contexte actuel. Et de nombreux touristes feront de même.

Jusqu’où cela va-t-il aller ? Il est inimaginable de penser que cette pétaudière – dont l’explosion mettrait en danger la planète entière – puisse durer quatre ans. En particulier, l’«affaire russe» est de plus en plus explosive, comme l’a exposé le chef du FBI durant son interrogatoire devant le Congrès, notamment en réponse aux questions très graves soulevées par le député californien Adam Schiff sur ce qui s’est passé en juillet-août 2016 entre les services russes et l’équipe Trump. Au passage, la révélation que les services secrets russes se sont servis de Wikileaks, qui ne pouvait qu’être complice, pour mener leurs manœuvres confirme, si besoin était, que cette officine a activement participé à l’élection de Donald Trump.

L’Amérique s’est donnée un président qui, pour s’en tenir aux contemporains, est du niveau d’Erdogan et de Dutertre, des autocrates brutaux et sanguinaires qui n’ont que l’insulte et le mensonge à la bouche. Un seul élément positif émerge de ce naufrage: la cote de popularité de Trump est tombée à 37%, un record historique pour un président américain entrant en fonctions. On ne peut qu’espérer qu’il continue à couler.

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Commentaire de Bernard Erlicz le 22 mars 2017 à 13:20

Vous n’aimez pas le nouveau président américain, c’est votre droit…
Je voudrais néanmoins souligner que si l’on se fie aux sondages du Rasmussen Institute, qui était un des seuls à prévoir la victoire de M. Donald Trump (ce qui tendrait à prouver que leurs sondages sont meilleurs que ceux de la presse mainstream), le taux de satisfaction n’est pas de 37% mais de 50%, ne vous en déplaise. Et qu’accessoirement, 40% des Américains approuvent la politique menée actuellement va dans la bonne direction… ce qui fait plus de 10 points de plus que sous l’ère Obama.

La décision de construire un mur à la frontière mexicaine ne date pas d’aujourd’hui, mais de 2006, et elle avait l’appui du tiers des démocrates (et du sénateur Obama)…

Concernant l’Obamacare, il n’y a que 18% des Américains qui sont pour la conserver telle quelle, 25% pour tout changer et 51% pour y apporter de sérieuses modifications. De plus, le 3 octobre 2016, en plein meeting électoral d’Hillary Clinton, cette phrase fut prononcée à propos de l’Obamacare: “Nous avons donc un système fou où 25 millions de personnes supplémentaires sont assurées, mais ceux qui se démènent et travaillent 60 heures par semaine finissent par payer deux fois plus qu’avant, avec une couverture divisée par deux”… Elle ne fut pas prononcée par un supporter de Donald Trump, mais par Bill Clinton, le mari de la candidate et ex-président des USA.

Quant au Russiagate… voici un commentaire que je trouve intéressant:

Will Russiagate Backfire on the Left?
A Commentary by Patrick J. Buchanan
in Political Commentary
Tuesday, March 21, 2017
The big losers of the Russian hacking scandal may yet be those who invested all their capital in a script that turned out to based on a fairy tale.
In Monday’s Intelligence Committee hearings, James Comey did confirm that his FBI has found nothing to support President Trump’s tweet that President Obama ordered him wiretapped. Not unexpected, but undeniably an embarrassment for the tweeter-in-chief.
Yet longer-term damage may have been done to the left. For Monday’s hearing showed that its rendering of the campaign of 2016 may be a product of fiction and a fevered imagination.
After eight months investigating the hacking and leaking of the emails of Clinton campaign chief John Podesta and the DNC, there is apparently no evidence yet of Trump collusion with Russia.
Former Director of National Intelligence Gen. James Clapper has said that, as of his departure day, Jan. 20, he had seen no evidence of a Russia-Trump collusion.
Former acting CIA Director Michael Morell also made that clear this month: “On the question of the Trump campaign conspiring with the Russians here, there is smoke, but there is no fire, at all. … There’s no little campfire, there’s no little candle, there’s no spark. And there’s a lot of people looking for it.” Morell was a surrogate for the Hillary Clinton campaign.
But while the FBI is still searching for a Trump connection, real crimes have been unearthed — committed by anti-Trump bureaucrats colluding with mainstream media — to damage Trump’s presidency.
There is hard evidence of collusion between the intel community and The New York Times and The Washington Post, both beneficiaries of illegal leaks — felonies punishable by up to 10 years in prison.
While the howls have been endless that Trump accused Obama of a “felony,” the one provable felony here was the leak of a transcript of an intercepted conversation between Gen. Michael Flynn and the Russian ambassador.
That leak ended Flynn’s career as national security adviser. And Director Comey would neither confirm nor deny that President Obama was aware of the existence of the Flynn transcript.
So where do we stand after yesterday’s hearing and eight-month FBI investigation? The Russians did hack Podesta’s email account and the DNC, and while the FBI has found no evidence of Trump campaign collusion with the Russians, it is still looking.
However, the known unknowns seem more significant.
How could DNI Director Clapper and CIA Director Morell say that no connection had been established between Trump’s campaign and the Russians, without there having been an investigation? And how could such an investigation be conclusive in exonerating Trump’s associates — without some use of electronic surveillance?
Did the FBI fly to Moscow and question Putin’s cyberwarfare team?
More questions arise. If, in its investigation of the Russian hacking and a Trump connection, the FBI did receive the fruits of some electronic surveillance of the Trump campaign, were Attorney General Loretta Lynch, White House aides or President Obama made aware of any such surveillance? Did any give a go-ahead to surveil the Trump associates? Comey would neither confirm nor deny that they did.
So, if Obama were aware of an investigation into the Trump campaign, using intel sources and methods, Trump would not be entirely wrong in his claims, and Obama would have some ‘splainin’ to do.
Is the FBI investigating the intelligence sources who committed felonies by illegally disclosing information about the Trump campaign?
Comey would not commit to investigate these leaks, though this could involve criminal misconduct within his own FBI.
Again, the only known crimes committed by Americans during and after the campaign are the leaks of security secrets by agents of the intel community, colluding with the Fourth Estate, which uses the First Amendment to provide cover for criminal sources, whom they hail as “whistleblowers.”
Indeed, if there was no surveillance of Trump of any kind, where did all these stories come from, which their reporters attributed to “intelligence sources”?
Attorney General Jeff Sessions has recused himself from any role in the Russian hacking scandal. But the Justice Department should demand that the FBI put the highest priority on investigating the deep state and its journalistic collaborators in the sabotage of the Trump presidency.
If Comey refuses to do it, appoint a special counsel.
In the last analysis, as Glenn Greenwald, no Trumpite, writes for The Intercept, the real loser may well be the Democratic Party.
If the investigation of Russiagate turns up no link between Trump and the pilfered emails, Democrats will have egg all over their faces. And the Democratic base will have to face a painful truth.
Vladimir Putin did not steal this election. Hillary Clinton and Barack Obama lost it. Donald Trump won it fair and square. He is not an “illegitimate” president. There will be no impeachment. They were deceived and misled by their own leaders and media. They bought into a Big Lie.
Patrick J. Buchanan is the author of the new book “The Greatest Comeback: How Richard Nixon Rose From Defeat to Create the New Majority.”

Commentaire de charles galtier le 22 mars 2017 à 17:56

J’approuve le commentaire

Commentaire de François de Montmollin le 22 mars 2017 à 18:08

Il faudrait songer à diversifier vos source d’informations. RT.com est excellent et nous sort un peu de l’information à la Pilet, qui maintenant qui maintenant a gagné Le Temps.
A propos, savez-vous qu’il existe depuis 1990, un robot ou “Machine à rédiger les éditoriaux de Jacques Pilet” ? Ses développements récents permettraient de disposer d’une presse romande sans couteux journalistes

Commentaire de Xavier Gruffat le 22 mars 2017 à 20:02

Mathématiquement je trouve toujours un peu bizarre que vous écriviez de nombreux articles sur les Etats-Unis,à charge ici, pour un pays de 320 millions d’habitants et aucun article sur le Brésil et ses 206 millions d’habitants ou même la Chine ou l’Inde. Le Brésil influence aussi beaucoup le monde avec ses novelas de la Globo, allez voir en Russie ou Uruguay. La viande ou le poulet viennent aussi souvent du Brésil en Suisse notamment. Ce que je veux dire est qu’il y a aussi beaucoup de médiocrité au Brésil.
A mon avis les médias suisses, à part la NZZ de loin le meilleur média suisse, sont obcédés par les Etats-Unis et là France. Et le reste du monde? Il y a pas que les Etats-Unis…
À force de trop parler des Etats-Unis on a peut-être des attentes trop grandes de leur part. Trump par exemple n’est que peu corrompu, tout est donc relatif.

Commentaire de Xavier Gruffat le 22 mars 2017 à 20:52

Je me suis un peu inspiré d’un très bon article de la NZZ de ce mercredi, une critique (pas forcément négative) du correspondant de la NZZ à Lausanne envers la RTS, notamment Darius Rochebin, et les médias romands. Selon le journaliste zurichois vous Romand (je ne suis pas Romand mais Suisse, nuance importante) êtes beaucoup trop tournés vers les élections françaises, je rajouterai américaines également. Les Suisses allemands qui ont selon moi de meilleurs médias, car moins émotionnels (NZZ, Tagi, SF, parlons pas du Blick ici), sont surpris de l’influence des éléctions françaises pour les Romands. Eh les amis faites comme moi et élargissez votre horizon, je lis moi en 5 langues (français, allemand, anglais, espagnol et portugais).

Commentaire de Guy GOUDET le 23 mars 2017 à 1:38

andis que les entreprises du BTP se battent pour construire le mur le plus grotesque de l’Histoire.
Aux dernieres nouvelles il n y a qu une entreprise..Le groupe franco-suisse LafargeHolcim . Meme le français Vinci y a renoncé (l arnaque des autoroutes française est plus juteuse et sans risque) Il y aurait des amateurs coté mexique mais chose bizarre dans ce pays democratique le Président fait les gros yeux. Ah la liberté d entreprendre dans les pays capitalistes, tout un programme de reflexion n’est ce pas?.

Commentaire de Jean-Pierre Oget le 24 mars 2017 à 10:06

Quid du mur de 700 km construit par Israel sur la frontière Cisjordanienne ? L’Assemblée générale des Nations unies a adopté, le 21 octobre 2003, une résolution condamnant la construction d’un « mur » empiétant sur le « territoire palestinien occupé » par 144 voix pour et 4 contre. La Cour internationale de justice a jugé le 9 juillet 2004 illégale la construction du mur et exigé son démantèlement, non suivi par l’État israélien.

Commentaire de Philippe Magivat le 17 avril 2017 à 12:52

@Xavier Gruffat: en tant que Romand émigré en Suisse Alémanique depuis dix ans, je confirme et même renforce: les Romands sont très influencés par la politique française, à tel point qu’ils sont pour l’écrasante majorité des marxistes qui s’ignorent.
Ainsi Barraud, qui dénonce si violemment et sans argument aucun Trump le capitaliste, récitant la rengaine éculée des gros méchants riches contre les gentils petits pauvres.
Vous retrouvez ici le même biais inconscient que sur les Observateurs, où toute alliance avec le capitalisme et la liberté d’expression est d’instinct rejetée et qu’on les voit agresser publiquement leurs lecteurs parce qu’ils ne les subventionnent pas et censurer tout commentaire tentant de leur faire comprendre leurs erreurs.
Comme ici en effet, aucun effort de design ni volonté d’engager des commerciaux efficaces, comme le Breitbart américain sait si bien le faire.
C’est que l’éducation-même des Romands est “à la française”, avec Rousseau et Sartre à la pointe du profondément haineux combat universaliste et égalitariste, menée par des professeurs dont le communisme est en majorité assumé.
Et le pire c’est que les Romands ne s’en rendent pas compte, assénant avec tant d’arrogance leurs contre-vérités marxistes que leur partie du pays est souvent affublée, avec quelque raison d’ailleurs, du pseudonyme la “Sous-France”.

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Griffures



Un peu moins de béton…

Le 19 avril dernier, 24 Heures a publié un excellent article, qui certes dérange un peu à quelques jours des élections, intitulé: “La fin du miracle vaudois?” De fait, les principaux acteurs de l’économie reconnaissent que la machine est en panne, et de leur côté les petits artisans commencent à voir des trous dans leurs carnets de commande, preuve qu’on a trop construit et… que l’on continue à trop construire.
Bon… L’avantage est qu’on verra un peu moins de grues dans nos campagnes, et un peu moins de poids lourds chargés de gravier français sur nos routes. Sauf à Lausanne bien entendu, où la Municipalité s’acharne à bétonner les derniers mètres carrés de verdure, comme au Chalet-à-Gobet et aux Plaines-du-Loup. Il y a un Trump à l’Hôtel de ville…

Désagréable encerlement…

Le “Chef” (“Rais”) Erdogan a rejoint la coterie des dictateurs. Il a été félicité par Donald Trump et par Vladimir Poutine, comme de juste: Bienvenue au club!
Ces trois-là et quelques autres autocrates à l’Est pourraient bien former quelque jour une alliance qui ne sera pas favorable à l’Europe des démocraties. On pourrait l’appeler: l’Axe.


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