ico Etranger Macron le révolutionnaire

19 avril 2017 | Catégorie: étranger

PHILIPPE BARRAUD

Des candidats qui s’affrontent pour la présidentielle française, Emmanuel Macron est le seul à proposer une véritable révolution copernicienne aux Français: un gouvernement de coalition, plutôt que l’affrontement, traditionnel et terriblement stérile, d’une moitié de la classe politique contre l’autre.

… et qui conduit l’équipe arrivant au pouvoir à défaire scrupuleusement ce que la précédente a péniblement mis en place. Cet énorme gaspillage de temps, d’argent et de forces n’est pas que français: les Etats-Unis en administrent le triste spectacle aujourd’hui, même si les promesses électorales tonitruantes semblent devoir être enterrées les unes après les autres. Tant mieux.

Reste à savoir si les Français oseront et voudront tenter l’expérience d’une présidence non-politicienne mais pragmatique, orientée vers les résultats plutôt que vers les postures idéologiques, une présidence qui, Macron l’a dit, prendra ce qui est bon à gauche et ce qui est bon à droite, sans a priori. En somme, ce jeune homme est très suisse ! Voyez, a contrario, comment fonctionne l’Assemblée nationale actuellement: les députés sont des machines à voter, avec l’obligation de suivre les mots d’ordre du parti, dans un système où toute idée venant de l’autre bord est forcément mauvaise, et doit donc être tuée dans l’œuf. On ne peut guère imaginer système plus stérile.

Le choix d’Emmanuel Macron serait donc une opportunité historique pour la France de sortir du marécage politicien où elle est enlisée. Mais prudence: les électeurs pourraient être saisis de vertige au moment de changer un paradigme qu’ils croyaient immuable, et se rabattre sur leurs vieux démons par crainte d’un nouveau décidément trop nouveau, et dans lequel ils perdraient leurs repères traditionnels: les bons d’un côté, les méchants de l’autre.

Cet attachement atavique à un système inefficace, mais familier, amène des brassées de voix aux candidats les plus profilés, Le Pen et Mélenchon, et marginalement Fillon, qui eux se fondent parfaitement dans le moule idéologique traditionnel: j’ai raison, les autres sont des salauds ou des ânes. Sous cet angle-là, leur discours est beaucoup plus lisible que celui de Macron, parce qu’il est attendu, parce qu’il répond à une liturgie politique familière, et parce qu’il colle à des sentiments et à des émotions tripales ressenties par beaucoup de citoyens.

En revanche, ce discours ne répond absolument pas aux besoins multiples de la France de 2017, et une élection de Le Pen comme de Mélanchon conduiraient la France et l’Europe non pas au bord du gouffre, mais dedans. Il est donc à souhaiter que les Français continuent à s’enflammer et à s’amuser des discours radicaux et des bons mots de campagne, mais que dans la paix des urnes, ils choisissent la voie révolutionnaire – rien de moins – que leur propose Emmanuel Macron.

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Commentaire de Daniel Topow le 19 avril 2017 à 9:05

Macron offre tout et rien pour plaire aux plus nombreux. Sa réthorique est d’un vide abyssale. Le “moins pire”finalement serait Fillon.
Car à choisir entre les ordures de l’extrême droite et le facho dit de gauche, il n’y a pas photo.

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Griffures



Un peu moins de béton…

Le 19 avril dernier, 24 Heures a publié un excellent article, qui certes dérange un peu à quelques jours des élections, intitulé: “La fin du miracle vaudois?” De fait, les principaux acteurs de l’économie reconnaissent que la machine est en panne, et de leur côté les petits artisans commencent à voir des trous dans leurs carnets de commande, preuve qu’on a trop construit et… que l’on continue à trop construire.
Bon… L’avantage est qu’on verra un peu moins de grues dans nos campagnes, et un peu moins de poids lourds chargés de gravier français sur nos routes. Sauf à Lausanne bien entendu, où la Municipalité s’acharne à bétonner les derniers mètres carrés de verdure, comme au Chalet-à-Gobet et aux Plaines-du-Loup. Il y a un Trump à l’Hôtel de ville…

Désagréable encerlement…

Le “Chef” (“Rais”) Erdogan a rejoint la coterie des dictateurs. Il a été félicité par Donald Trump et par Vladimir Poutine, comme de juste: Bienvenue au club!
Ces trois-là et quelques autres autocrates à l’Est pourraient bien former quelque jour une alliance qui ne sera pas favorable à l’Europe des démocraties. On pourrait l’appeler: l’Axe.


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