A ce niveau-là, ça ne ruisselle plus, ça dégouline. L’omniprésence, sans le moindre bémol, dans la presse romande, les blogs, chez les rédacteurs en chef, de la figure d’Obama en Sauveur, en Rédempteur, en Recommenceur de la vie, a quelque chose qui devient déjà pénible à supporter. Non que l’homme soit dépourvu d’éminentes qualités. Non que sa victoire ne soit pas éclatante, ni qu’elle ne marque un tournant évident, après huit ans années plombées de médiocrité. Mais une telle unanimité, comme en sectaires pâmoisons, parfois jusqu’à l’hagiographie, dans une profession comme le journalisme où le doute et la discordance devraient tout de même avoir une certaine place, il y a quelque chose qui aiguise l’étonnement.
Il n’est pas question ici des foules, qui sont ce que par nature elles sont, invasives et adhérentes comme laves volcaniques. Pas question, non plus, de cette part de rêve et de candeur qui, à différents niveaux, nous habite tous, nous brandit comme un calice l’idée du progrès, nous fait croire au salut par la seule apparition d’un homme nouveau. Comme si l’Histoire était autre chose que tragique, comme si elle était pétrie d’une autre argile que l’archaïque noirceur de nos pulsions de pouvoir, de domination, celles d’Obama comme de Kennedy, de Nixon. C’est à leur capacité à relever les défis de leur temps – et à défendre les intérêts profonds de leur pays – que le temps jugera ces hommes-là. Pas à la part de morale projetée par les foules. Ni à celle de l’éblouissement devant un physique, la symbolique d’une couleur de peau, les capacités rhétoriques, l’habileté de campagne pour actionner la machine à fabriquer des rêves. Que tout cela ait pu, peut-être, relever d’un immense artifice (certes génialement construit, orchestré et mis en scène) ne semble pas, pour l’heure, un thème.
A partir de là, Obama sera peut-être un grand président. Et puis, peut-être pas. Nul ne le sait. Après quelques mois d’état de grâce, il prendra ses première décisions difficiles, aura à faire la guerre, se salir les mains, se rendre impopulaire, décevoir, bref faire de la politique. C’est sur ce travail-là qu’il faudra apprécier son œuvre et sa trace, à cette aune-là, celle des réalités, de l’inévitable moisissure des choses du pouvoir, au mieux fermentation, mais où le risque du miasme n’est jamais très loin. Après les rêves de campagne, voici venu le temps du pouvoir. Ancré dans la nature humaine, qui n’est pas exactement celle des anges. Disons, un peu moins volatile. Et un peu plus accrochée aux entrailles de la terre.
Le même jour, le Conseil fédéral parvient à liquider le Haras national et 160 lignes de bus régionales, et à jeter 290 millions supplémentaires par les fenêtres au titre de l’aide aux Pays de l’Est.
Pour la même somme, on aurait pu maintenir une dizaine de haras nationaux et de lignes de transports publics.
Evidemment, c’est en Suisse…
Admirable, ce canular de la caserne de Bière! Et révélateur de la légèreté des médias qui, tout affairés à tirer sur l’armée, se dispensent des vérifications élémentaires. Le plus accablant est que tous, sans exception, ont repris sans le moindre esprit critique la vidéo du Blick, et l’ont présentée comme un fait divers authentique.
Espérons que cela servira de leçon, car ce genre de mystification est appelé à se multiplier, si les médias persistent à privilégier l’immédiateté à la vérité. Et cela pourrait porter sur des sujets autrement plus graves qu’un bizutage bidon.
Qui a dit que la qualité de la presse s’effondrait?
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Très bon commentaire, la presse MSM en mode “pavlov” devient largement fatiguante!
Un excellent texte ici…
http://www.polemia.com/article.php?id=1774
… pour également considérer le candidat systémique Hussein Obama sous un angle moins idolâtre.
lavage de cerveau…
Voilà un commentaire qui vient un peu contrebalancer celui de M. Barraud..
Il est indiscutable que l’opinion des gens , pas seulement des Américains a été manoeuvrée, dirigée par l’ensemble des médias de la planète. Qu’Obama soit de couleur importe peu ; il suffit d’avoir des capacités dignes du mandat. Je ne doute pas qu’Obama les ait.
Mais ce matraquage commence sérieusement à me gonfler et ce d’autant plus que maintenant , le let motiv de ces mêmes faiseurs d’opinion, c’est prendre modèle sur l’Amérique (une Amérique, hier encore, vomie, ridiculisée, un peuple d’ignares mangeurs de hamburgers soudainement devenus les plus intelligents de la planète!)..) et élire chez nous , dans l’un ou l’autre (ou les autres) Etats d’Europe, un black – ou un maghrébin- à la tête du pays. C’est mal connaitre l’Histoire de l’Amérique et celle des Afro-américains – qui n’a rien à voir avec nos immigrés de couleur en Europe – des blacks qui se sentent d’abord américains et fiers de l’être; comme l’écrivait un internaute sur le site d’un journal français :Obama a travaillé dur pour arriver là où il est maintenant et, comme les blacks de son pays, il n’a pas sifflé l’hymne américain et les drapeaux qu’ils brandissent sont tous des drapeaux américains..C’est vrai, ça, y en a marre du lavage de cerveau!
Merci Monsieur Decaillet
Barack Obama, gouverner?
On peut s’attendre aussi à ce qu’il parvienne à rester ce qu’il est, un éternel candidat, qui cherche à séduire et veille à ne jamais s’engager par des décisions fermes, en noyant éternellement le poisson, et qu’il se contentera de (tenter de) représenter son pays à l’étranger de manière plaisante et d’interpréter l’évolution de la situation intérieure à son avantage personnel. Après tout, il est parvenu à s’imposer au faîte du pouvoir politique de cette façon – pourquoi ne continuerait-il pas sur cette voie?
Obama l’homme dieu
Epoustouflant article, franchement bravo de très grande qualité un vrai plaisir à lire.
et si c’était la plus fantastique campagne montée par les insights politiques, Face book, internet2 , les think tank politiques etc ,pour faire en sorte que tout change, pour que rien ne change à la veille d’une possible catastrophe financière mondiale?