ico Etranger Et si l’on changeait les Français?

11 mai 2010 | Catégorie: étranger

PASCAL DECAILLET

De Gaulle, Mitterrand, Chirac, Pompidou, Giscard, Sarkozy. Tel est l’ordre qualitatif des six présidents de la Cinquième République.

Classement assumé par votre serviteur, tenant compte non seulement du bilan, mais de la stature, l’équation à la fonction présidentielle. Sur ce seul deuxième critère, Mitterrand serait d’ailleurs premier ex-æquo. Ce qui est sûr, c’est la sixième place de l’actuel président: en clair, Sarkozy, aux trois cinquièmes de son mandat, c’est l’échec. Cela en fait-il pour autant un homme fini? Bien sûr que non! En politique, tout est réversible, la gloire comme les revers.

Aujourd’hui, selon un sondage BVA établi pour Canal+, sept Français sur dix jugent mauvaise l’action du président.Maladresses initiales (yacht maltais, Fouquet’s), acharnement sur Villepin, manque de majesté dans la fonction, comme si le costume n’était pas taillé pour lui. L’homme, pourtant, ne manque ni d’intelligence, ni d’ardeur à la tâche, mais il y a quelque chose qui ne passe pas. Cela pourrait tenir à ce sentiment profond, obscur, liant les Français à leur pouvoir suprême: de Gaulle était le moine-soldat, incorruptible; Mitterrand, le génial Rastignac de Province, Pompidou, le père tranquille. Sarkozy, qui est-il?Le sait-il lui-même?

Oh, certes, la conjoncture ne le favorise pas. Mais enfin, fut-elle plus clémente face au de Gaulle de l’insurrection algérienne, au Pompidou ou au Giscard du choc pétrolier, au Mitterrand des manifestations pour l’école libre? Non, c’est ailleurs qu’il faut chercher: sans doute cette impossibilité historique de la France à s’assumer comme un pays libéral, à de très rares périodes près, dont le Second Empire. Le problème numéro un de ce sixième président, ça n’est peut-être pas Sarkozy, mais les Français eux-mêmes.

Les Français, oui. Cette grève de la SNCF en pleine affaire du volcan islandais, quand aucun avion ne peut voler. Cette hypertrophie des syndicats. Cette retraite à 60 ans. Cette insatisfaction permanente. Cette manière de vouloir tout attendre de l’Etat. Oui, ce sont peut-être les Français qu’ilfaudrait changer. Le problème, c’est qu’ils sont 60 millions. Et que NicolasSarkozy est un.

Il lui reste deux ans pour renverser la vapeur. ça n’est ni gagné, ni perdu.

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Commentaire de Jean-Pierre Blanc le 12 mai 2010 à 23:18

Changer les Français ? Il y a longtemps que d’autres y ont non seulement déjà pensé mais sont passé à l’acte. Et avec quel résultat ! Il paraît que ce qui était le plus beau pays du monde va être rebaptisé : l’Afrance !

Commentaire de E. Coquoz le 13 mai 2010 à 14:20

L’analyse de M. Décaillet est bien observée. En Romandie nous restons toujours très intéressés par l’actualité politique de notre grand voisin. On se souvient avant l’arrivée au pouvoir du général de Gaulle (déjà le nom !) des changements de gouvernements quasi-stroboscopiques qui nous confortaient dans notre système politique bien plus stable. Depuis les choses ont bien changé et en Suisse également. On a l’impression d’un peuple français souvent en désaccord avec “son Père” sauf si celui-ci arrivait a réaliser ce voeu si cher aux masses populaires “demain on rase gratis”. On peut faire bien des reproches à leur actuel président sauf celui de chercher à faire de la France un pays responsable (aussi sur le plan individuel: travailler plus pour gagner plus), moderne et fort sur le plan international. Il y aura toujours des mécontents, ceux qui n’aiment ni les abus ni l’injustice, et il y en a partout, mais surtout ceux qui attendent tout de l’Etat. Rassurons-nous, ceux-ci prolifèrent chez nous aussi et à la vitesse grand V. Cela fait immanquablement penser à la phrase de J-F Kennedy de portée universelle “Ne vous demandez pas ce que votre pays peut faire pour vous mais ce que vous pouvez faire pour votre pays.” Elle est la même portée que notre “Un pour tous, tous pour un”. Ce sont les vrais principes d’une démocratie moderne. La réalité montre pourtant des distorsions à ces voeux pieux, les problèmes viennent principalement de là.

Commentaire de Patrick Dupont le 13 mai 2010 à 15:42

d’un français de la France Sarkozosialiste

Pompidou ce fut les “années heureuses” avec zéro chômeur, un ascenseur social qui fonctionnait, pas ou peu d’immigration, pas ou peu de criminalité, une école qui transmettait des savoirs, des prélèvements obligatoires en dessous de 40%, une cohésion nationale, des valeurs, une colonne vertébrale, …………..

depuis , c’est le socialisme et donc une forme de totalitarisme qui s’est installé.
Dès leur plus jeune âge les jeunes français sont biberonnés à toutes les utopies mortifères du socialisme avec les résultats que nous pouvons tous, enfin les plus lucides, constater.

Changer les français ?
C’est possible, mais vous vous doutez que le “système” fera tout pour l’empêcher.

Un peuple crétinisé, sans véritable conscience politique, sans aucune culture économique, c’est quand même plus facile pour “faire des affaires” et réaliser ses utopies.

Commentaire de Robert Marchenoir le 14 mai 2010 à 0:38

Mitterrand en second et Sarkozy en dernier ? Vous ne seriez pas un peu français, par hasard ?

Mitterrand arrive sans doute deuxième dans le classement des comédiens les mieux à même de jouer le rôle du président de la République française. Mais les critères ne sont pas les mêmes que pour le classement des présidents.

La preuve de votre aveuglement est que vous mettez au débit de Sarkozy son acharnement contre Villepin. Quelqu’un qui hait Villepin ne peut être entièrement mauvais.

Villepin, c’est le Mitterrand du pauvre. Quelqu’un qui n’a même pas été pétainiste, même pas été capable d’organiser un faux attentat contre lui, même pas été capable de tuer le parti communiste français.

Il est juste capable de vérifier son brushing en invitant les musulmans à envahir l’Europe. Sarkozy a quand même su dire : “Casse-toi, pauvre con”, à un abruti de gauchiste qui pensait faire acte de courage en refusant ostensiblement de lui serrer la main. Voilà un type intéressant.

Commentaire de benoit falquet le 14 mai 2010 à 17:33

Intéressant peut-être mais surtout agressif, vantard, avide de pouvoir et d’argent. Il a aussi un tempérament de girouette:
Pendant sa campagne, il s’insurge contre le fait que les ménages français ne s’endettent pas assez puis lorsque la crise frappe, il monte au créneau contre les américains qui ont contracté des prêts.
Pour ce qui est du grenelle, c’est la même chose, il commence par se proclamer grand défenseur de l’écologie puis nous sort le fameux:” L’écologie ça commence à bien faire”

En résumé, on peut dire qu’il n’est vraiment pas meilleurs que les autres….

Quant à sa fameuse rupture, on ne voit rien venir.

Commentaire de Philippe Kündig le 16 mai 2010 à 19:05

Eh oui, c’est bien le problème: les Français sont des assistés, et leur Président n’arrivera malheureusement pas à les changer :-(
Beaucoup d’entreprises hésitent à engager des salariés, car les patrons ne peuvent quasiment pas les licencier en cas de baisse de la conjoncture. Les syndicats n’ont pas compris que ce n’est pas en limitant les marges de manœuvre des patrons (horaires de travail et souplesse dans l’embauche et les licenciements) qu’ils vont donner du travail aux salariés !

Commentaire de Nicolas Turtschi le 14 février 2011 à 16:21

Ce qui est marrant, c’est qu’en Suisse, pays libéral au niveau du marché du travail s’il en est en Europe, les salariés travaillent plus pour ne pas forcément gagner davantage. Et même ici, les patrons se plaignent des protections abusives qui les empêchent de commercer librement. Six mois d’indemnité en cas de licenciement abusif, c’est déjà trop.

Quant à ceux qui ne cessent de prôner que la France est “socialiste”, l’exemple même des pays de gauche, ils devraient se documenter quelque peu. Les primes qualitatives du new public management dans les établissements scolaires témoignent de la pénétration de l’idéologie néolibérale jusque dans le bastion de gauche qu’est l’enseignement. Autant dire que la droite est bien ancrée. Ne vous faites pas d’inquiétude. Qu’on me montre quelle mesure fut réellement de gauche depuis la fin de Mitterand, et on discutera. Car les 35 heures, jusqu’à preuve du contaire, n’ont fait qu’accroître l’intensité du travail!

Commentaire de Jean-Michel Esperet le 8 mars 2011 à 23:15

Bon. Marine Le Pen caracole dans tous les sondages du premier tour des présidentielles françaises, aussi aléatoires, manipulés ou prématurés soient -ils ( l’échéance n’étant pas avant l’été 2012, sauf erreur?), Avec 24, 26 ou 30% des voix.

La question franco-française est, à entendre France Info ce soir, qui sera “viré” au premier tour . Sarko ou DSK (je sais, il y aussi Mme Aubry, M. Hollande et d’autres “moi aussi” dont le nom m’échappe).

La question moins… éliminatoire est peut-être celle-ci: Pourquoi UN QUART des électeurs français voteraient-ils pour cette dame, laquelle, contrairement à l’UDC en Suisse, ne bénéficie d’aucune assise électorale établie (députés, sénateurs, etc.) .

Que les politiciens là-bas et ICI continuent à stigmatiser ce soit-disant “populisme”, à en minimiser presque unanimement l’impact électoral à venir , voire à contester la … sagesse civique ou même la… santé mentale de ceux qui s’y “retrouvent” , me semble relever du déni de réalité.

Ou du masochisme politique (sourire!)

Hop Schwiitz!

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