ico Etranger Afrique du Sud: le temps des spoliations et de la misère ?

1 août 2018 | Catégorie: étranger

PHILIPPE BARRAUD

Une politique fondée sur des considérations raciales conduit toujours à des catastrophes. L’Afrique du Sud a le malheur de s’embarquer dans une telle dérive par son président, avec le projet de confisquer les terres exploitées par des Blancs pour les donner à des Noirs. C’est du racisme pur, ou les mots n’ont plus de sens. Mais c’est surtout une catastrophe économique programmée, comme celle qu’à connu le Zimbabwe pour les mêmes raisons.

Sentimentalement, bon nombre d’Occidentaux diront que c’est très bien, «l’Afrique aux Africains.» Sauf qu’alors il faudrait admette que certains disent «l’Europe aux Européens,» ce qui n’est pas politiquement correct. De plus, les Blancs sont historiquement chez eux en Afrique du Sud, terre d’immigration, aussi bien que les Noirs – ou que les autres ethnies qui ont pignon sur rue dans l’économie, comme les Indiens.

Le drame de l’Afrique du Sud, c’est cette volonté de remplacer, par principe, les Blancs par des Noirs à tous les niveaux de l’économie. C’est une politiquement authentiquement raciste, que l’on semble tolérer en raison du passé de ce pays, mais qui paraîtrait insupportable dans tout autre pays développé.

L’Afrique du Sud est un des pays les moins pauvres d’Afrique, même si le niveau de vie reste extrêmement bas. Mais la cause de ce sous-développement est à chercher non pas dans la répartition raciale des activités économiques, ce qui est parfaitement absurde, mais dans l’inadéquation des politiques de développement et de formation menées par les gouvernements successifs du pays. Pour que davantage de Noirs participent à la vie économique, il faut qu’ils bénéficient d’une formation du meilleur niveau possible, et c’est là que le bât blesse.

Un ami sud-africain nous a donné un exemple parlant. Un jeune couple de Sud-Africains blancs avait créé avec succès une petite compagnie d’assurance, qui faisait gentiment son chemin. Puis un jour, une groupe de membres de l’ANC – le parti au pouvoir, sorte d’Etat dans l’Etat –, mandaté par on ne sait qui, débarque dans l’entreprise, et pose un ultimatum aux jeunes entrepreneurs: dans six mois, vous devrez avoir 50% d’employés noirs. «Impossible ! » répondent-ils, nous ne trouvons pas de candidats noirs disposant d’une formation adéquate dans l’assurance. «Vous n’écoutez pas ce que je dis, rétorque le représentant autoproclamé de l’ANC : dans six mois, vous devrez avoir 50% d’employés noirs». Au bout d’une heure de dialogue de sourds, les politiciens s’en vont et prennent date. Six mois plus tard ils reviennent, constatent que leurs exigences n’ont pas été respectées et, malgré les explications des propriétaires, les menacent de sanctions. Elles n’ont pas été nécessaires: le jour même, la compagnie d’assurances a cessé ses activités, licencié son personnel, et les propriétaires ont quitté le pays.

C’est exactement ce qui va se passer dans le domaine, capital pour l’économie de ce pays, de l’agriculture et de la viticulture. L’exemple du Zimbabwe est effarant: les agriculteurs blancs ont été chassés ou assassinés, les fermes ont été pillées par les séides du parti de Mugabe, puis laissées à l’abandon lorsqu’il n’y eut plus rien à voler. Et comme les nouveaux occupants n’étaient pas capables de relancer les exploitations, la famine s’est installée, dans un pays qui peu avant était exportateur de biens agricoles. Le pays ne s’en est pas encore remis.

L’Afrique du Sud n’a vraiment pas besoin d’un tel désastre économique, et surtout social: le fragile équilibre entre Blancs, Noirs et autres ethnies s’en trouverait fracassé, et la misère des plus pauvres n’en serait qu’aggravée. Même si cela fait enrager les politiciens les plus anti-Blancs de l’ANC, l’Afrique du Sud doit pouvoir s’appuyer sur tous ceux qui assurent sa prospérité, peu importe qu’ils soient blancs ou noirs. Et si l’on veut qu’il y ait davantage de Noirs dans l’économie, il faut les y former sérieusement, sur le long terme, plutôt que d’imposer de force des femmes et des hommes incompétents à la tête d’entités qui, jusqu’ici, ont eu le mérite de fonctionner. Quant aux fermiers blancs, ont voit mal au nom de quoi un Etat réputé démocratique pourrait les spolier de leurs biens et les exproprier sans indemnités, comme le souhaite le président Ramaphosa, en raison seulement de leur couleur de peau… Jusqu’ici, le transfert des terres se faisait par consentement et l’acheteur et le vendeur, tout naturellement.

Il est à souhaiter que la réforme constitutionnelle voulue par l’ANC ne passe pas le cap du parlement. Ramaphosa prétend par là «faire progresser le développement économique et accroître la production agricole e la sécurité alimentaire». C’est exactement le contraire qui se produira.

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Commentaire de Eric Crettol le 1 août 2018 à 12:02

Le plus intéressant étant qu’ils utilisent pour cela le prétexte des droits de l’homme :

https://lesobservateurs.ch/2018/08/01/afrique-du-sud-changer-la-constitution-pour-accelerer-lexpropriation-des-terres-des-fermiers-blancs-sans-compensation/

“Il avait ainsi affirmer vouloir «soigner les divisions du passé, pour établir une société basée sur des valeurs démocratiques, la justice sociale et les droits de l’homme».”

Effectivement, les mots ne veulent plus rien dire. Ou plus exactement, ils se trouvent à l’opposé de leur sens d’origine.

L’ANC étant socialiste, nul ne sera surpris par cette rhétorique d’inversion.

Commentaire de Pierre Santschi le 1 août 2018 à 12:53

Mais pourquoi pousser la formation des gens?
Dans aucun pays les gouvernements ne la favorisent par la transparence et la présentation honnête et multiforme des faits. Ils privilégient, et de loin, les “fake news” soigneusement sélectionnées par leurs séides. Et hélas en ce 1er août les apparatchiks étatiques suisses de gauche comme de droite ne font pas exception malgré leurs discours hypocrites sur les bienfaits de l’éducation: ils sont quasi-incapables de les traduire dans leurs décisions politiques, et budgétaires notamment. A quand la recherche par nous tous, ces apparatchiks compris, de l’amélioration de la qualité de notre conscience personnelle?

Commentaire de Nicole Kissling le 1 août 2018 à 13:00

http://www.medias-presse.info/racisme-ordinaire-detat-en-afrique-du-sud-massacre-de-alta-maree-une-ancienne-championne-blanche/95860/
L’exemple du Zimbabwe est parlant.
Excellente analyse, M. Barraud. Je sais que beaucoup de fermiers sont allés se réfugier en Australie mais aussi en Russie.

Commentaire de Noel Cramer le 2 août 2018 à 7:21

Je connais bien le problème du Zimbabwe. Mon oncle et mes trois cousins germains établis en Rhodésie du Sud avaient dû quitter le pays pour l’Australie et la Nouvelle Zélande.
Je crains que l’Afrique du Sud connaitra le même processus et avenir que l’ex- Rhodésie.

Commentaire de Istvan Sorley le 3 août 2018 à 16:34

L’Afrique aux Africains…
C’est ce que les chantres de la bien-pensance clament par ici.
Sauf que les compétences recherchées n’existent que très peu sur place, et que les Africains sont divisés en groupes, sous-groupes et sous-sous-groupes basés sur des considérations tribales, religieuses, nationales ou politiques, et naturellement en guerre permanente entre eux ou presque.
Quoi donc de plus facile pour des puissances étrangères de commercer avec la classe dirigeante africaine corrompue en grande partie, et de se servir dans le réservoir de richesses de ce qui devrait être le continent le plus prospère de la planète.

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