ico Etranger A Cuba, la défense de l’environnement conduit en prison – ou à la mort

22 juin 2018 | Catégorie: étranger

EMMANUEL BARRAUD

Le biologiste Ariel Ruiz Uruqiola, activiste environnemental, a été incarcéré début mai à Cuba. Aujourd’hui en grève de la faim et de la soif, son état de santé est critique.

De toute évidence, le régime de Diaz Canel à Cuba n’a rien à envier à celui des frères Castro en termes d’obscurantisme totalitaire. Une histoire récente, dont l’issue pourrait être tragique, l’illustre.

Ariel Ruiz Urquiola est docteur en biologie de l’Université de la Havane. Obtenir ce titre en 2008 lui a déjà valu une confrontation avec les autorités : sa thèse mettait en lumière les risques écologiques de la pêche à la tortue marine qu’autorisait le gouvernement.

Ecarté de force du milieu académique, il a obtenu de pouvoir exploiter un domaine agricole en friche, dans une optique de préservation d’espèces animales et végétales endémiques. Des travaux qui, à nouveau, entraient en contradiction avec certains aspects de la politique agricole cubaine.

Début mai, des membres de la police rurale ont débarqué sur son domaine. La visite a débouché sur son incarcération – au motif, officiellement, d’outrage aux autorités. Amnesty International, qui a étudié l’affaire, a conclu qu’il s’agissait purement et simplement d’une arrestation pour motif de conscience, et a lancé le 11 juin une « action urgente » pour réclamer la libération du « prisonnier d’opinion » Ariel Ruiz Urquiola.

Malheureusement, sur place, la situation est devenue critique. Transféré dans le camp de travail de Cayo Largo, Ariel est privé de sorties, ne peut avoir avec sa famille qu’un contact tous les 21 jours, et n’a pas le droit de travailler avec ses codétenus. Pour protester contre son traitement, il a entamé dimanche dernier une grève de la faim et de la soif. Or selon les médecins qui le suivent, sa survie est très clairement compromise. Ce serait une question d’heures ou, au mieux, de jours.

Nous avons rencontré Ariel l’année dernière, en marge d’une visite à des amis en Suisse. Ses idéaux, sa détermination, sa force de travail sur son domaine forcent l’admiration. Il risque aujourd’hui de devenir une victime de plus d’un régime totalitaire qui foule aux pieds les risques environnementaux qu’Ariel s’efforce de mettre en lumière.

Il n’est peut-être pas trop tard. Sur les documents d’Amnesty figurent les adresses du président Diaz Canel et du Procureur général de Cuba. Celle, aussi, de la sœur d’Ariel. Une forte mobilisation internationale, et de nombreux témoignages de soutien, pourraient-ils être de nature à faire reculer les autorités, ou à convaincre Ariel de la nécessité de sa survie ? C’est ce qu’il faut espérer, et c’est pourquoi il faut s’engager aujourd’hui.

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Commentaire de Emmanuel le 4 juillet 2018 à 13:58

** DERNIERES NOUVELLES **
Aussi improbable que cela puisse paraître, Ariel a été libéré lundi soir! Il a pu quitter l’hôpital hier mardi, et se porte étonnamment bien.
A noter que son pseudo-jugement n’a pas été révisé: officiellement, il a été exclu de la prison pour raisons médicales. Le combat va donc se poursuivre sur le terrain juridique.
Sans doute qu’au vu du retentissement international que son cas avait suscité, le gouvernement a simplement estimé qu’il aurait été bien embarrassant de se retrouver avec son cadavre sur les bras…

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Griffures



Ils aiment tant les forêts! De préférence rasées…

Les multinationales de l’alimentation ont développé une communication sophistiquée pour vanter leur souci de l’environnement. Sur le terrain, c’est autre chose. Selon une dépêche d’AFP du 24 septembre, un rapport de Greenpeace publié cette semaine indique qu’un groupe de grands producteurs d’huile de palme indonésiens, fournissant notamment Unilever ou Nestlé, «ont détruit une surface de forêt équivalente à deux fois Singapour en moins de trois ans».
Maintenant, libre à chacun de se laisser berner par la propagande des producteurs…

La ceinture des moines

Dans le parc de la magnifique Abbaye de Fontfroide, dans l’Aude, se trouve un très joli “jardin des moines”, avec quatre carreaux formant une croix. Dans l’un d’eux pousse du gattilier, ou poivre des moines (Vitex agnus-castus). Le panneau explicatif dit que les moines se confectionnaient des ceintures avec les rameaux, car cette plante a toujours été réputée être anaphrodisiaque. Le malheur, c’est que dans la version anglaise du panneaux, le gattilier devient une plante… aphrodisiaque! Les anglophones doivent se demander pourquoi les moines s’en faisaient une ceinture, et à quelles orgies elle conduisait…


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