ico Economie Taxes: le piège Trump est tendu. Qui, en Europe, craquera le premier?

12 mars 2018 | Catégorie: économie

PHILIPPE BARRAUD

Au fil des tweets présidentiels intempestifs, la stratégie commerciale de Donald Trump commence à se préciser – au fur et à mesure que ses conseillers tentent de lui expliquer ce qu’il est en train de faire. Or cette stratégie, le deuxième étage de la fusée si l’on veut, est dangereuse car elle vise à planter un coin dans la solidarité apparente des victimes potentielles des taxes annoncées.

Le plus grand danger ne réside pas dans les taxes elles-mêmes, mais dans les règles du jeu unilatérales qu’elles visent à imposer. Dans un premier temps, Trump brandit une menace de caractère quasi universel, des taxes à 25% et 10% sur des matériaux de base. Puis il commence à faire le tri entre les great countries, l’Australie, le Canada, et même le Mexique (!) qui seront exemptés – jusqu’à ce qu’il change d’avis. Dans le même temps, il attaque les ennemis de l’Amérique, au premier rang desquels l’Allemagne, l’UE, la Chine, la Corée du Sud. A partir de là, et c’est là que cela devient intéressant, il tente de lancer des deals séparés avec les uns et les autres. De quoi faire voler en éclats l’unité affichée par l’Union européenne, si les enjeux économiques deviennent trop lourds pour certains Etats membres.

On pourrait ainsi voir certains Etats européens abaisser leurs «horribles taxes» sur certains produits américains, ouvrir les portes aux céréales OGM, au soja Monsanto, au boeuf aux hormones et autres délicatesses d’une industrie agricole effarante, vue d’Europe. Des produits à prix cassés qui viendraient s’ajouter aux saloperies agricoles en provenance du Brésil et de l’Argentine que MM. Macron et Schneider-Amman veulent imposer aux consommateurs européens.

Là est le piège tendu par Donald Trump à l’Europe, dont il connaît la versatilité des chefs d’Etat. Il suffirait d’une seule brèche, par exemple d’un pays de l’Est, pour que la belle solidarité européenne vole en éclats, et que Trump obtienne ce qu’il cherche à tout prix: être seul maître du jeu, imposer ses conditions commerciales comme il le veut et quand il le veut à des partenaires éparpillés, et donc trop faibles pour résister à la pression de l’économie américaine.

Pourvu que… la Suisse ne soit pas la première à se déconsidérer, sous prétexte de neutralité, juste pour vendre des machines…

 

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