Il est normal de poursuivre ceux qui violent le droit d’auteur, de la même manière qu’on poursuit les voleurs dans les magasins. On ne sait trop d’où vient cette idée que sur le net tout est gratuit, ce qui conduit certains à voler en toute bonne conscience des œuvres intellectuelles diverses, et mieux encore, à les mettre à disposition de tout un chacun. Progressivement toutefois, les détenteurs des droits d’auteur – artistes, écrivains, éditeurs, diffuseurs – commencent à pouvoir enfin faire passer les fraudeurs à la caisse, et donc obtenir une juste rétribution de leur travail. Cela, grâce à l’aide d’une société de surveillance du net, Logistep, qui débusque l’adresse IP (l’identité de l’ordinateur du pirate), puis la transmet aux détenteurs des droits, qui peuvent ainsi exiger leur dû, sans passer forcément par une procédure pénale.
Curieusement, le préposé fédéral à la protection des données avait exigé que Logistep cesse ses activités car, estimait-il, ses démarches violaient la protection des données. La semaine dernière, le Tribunal administratif fédéral a désavoué le préposé, jugeant que l’intérêt public à lutter contre le piratage l’emporte sur l’intérêt privé des internautes à protéger leurs données.
C’est l’évidence même, et on voit mal en quoi une adresse IP, comparable si l’on veut à une adresse postale, constituerait une donnée tellement intime qu’il faudrait la protéger à tout prix, fût-ce en couvrant des actes délictueux. Ainsi, on s’étonne qu’un préposé fédéral, supposé défendre la loi, croie justifié de protéger les voleurs sous prétexte que leurs données personnelles sont inviolables!
Bien entendu, les «voleurs de culture» vont hurler à la mort et à l’atteinte à leur sphère privée, tout simplement parce qu’ils n’ont pas envie de payer ce qu’ils ont obtenu gratuitement jusqu’ici. Pourtant, ces personnages savent qu’ils risquent gros s’ils volent des livres chez Payot ou des CD à la Fnac. Pourquoi donc voudraient-ils que les même contenus puissent être obtenus impunément par piraterie?
En laissant se développer l’idéologie du «tout est gratuit» sur le net, cette communauté a commis la même erreur que les éditeurs de journaux qui, en faisant payer les droits d’auteurs et les frais de fabrication par la publicité plutôt que par les consommateurs, ont gravement fragilisé leur situation. Aujourd’hui, aussi bien les éditeurs de journaux que leurs héritiers modernes – les grandes boîtes de l’internet – perdent de l’argent, voire ferment boutique, parce que la publicité ne suffit plus, et que les gens, habitués à ne pas payer, ne veulent pas passer à la caisse.
Toute production intellectuelle a un prix, et il est normal de payer pour en profiter, de la même manière qu’on paie, tout naturellement, pour les prestations du garagiste, du plâtrier-peintre ou du restaurateur. Au nom de quoi un cinéaste ou un chanteur devraient-ils travailler gratuitement? Au fait, les pirates qui travaillent le font-ils bénévolement, ou touchent-ils un salaire qu’ils estiment mérité?
Il est vrai que les choses changent assez vite. Désormais, des journaux en ligne sont payants, et d’une manière générale, les vraies valeurs ajoutées ont un prix. Par exemple, il y a toujours d’innombrables logiciels gratuits, mais s’ils veulent quelque chose de vraiment performant, les utilisateurs acceptent de plus en plus de payer ces produits à leur valeur réelle.
Avec une rétribution correcte, les producteurs de biens, de logiciels et d’œuvres artistiques pourront gagner leur vie, et progressivement l’offre s’améliorera. C’est dans l’intérêt de tous – et tant pris pour les pirates.
Peut-on impunément insulter et blesser les femmes de Suisse romande, un lundi matin aux petites heures, sous prétexte de faire de l’humour ? M. Pascal Bernheim, chroniqueur sur La Première, s’est acharné avec une incroyable grossièreté, ce 8 février, sur Brigitte Bardot, en s’en prenant non pas à ses idées ou à son discours, mais à son âge, à sa peau défraîchie, au désir qu’elle ne suscite plus. On peut parier que les auditrices de La Première qui n’ont plus vingt ont pris ces insultes immondes en pleine figure.
Ce petit monsieur n’est pas porté sur les femmes, c’est son problème. De là à les insulter collectivement sur les ondes du service public, il y a un pas qu’il ne fallait pas franchir. Si elle a un brin de respect d’elle-même et de ses auditeurs, La Première doit virer séance tenante cet humoriste dépourvu non seulement d’humour, mais de l’élémentaire respect de l’autre sans quoi la vie en société n’est plus possible.
Ce qui serait épatant, c’est qu’il y ait un conseiller en communication francophone au département de Mme Widmer-Schlumpf. L’entendre sans cesse parler de dates lorsqu’elle veut dire données est exaspérant, et malheureusement les journalistes de radio ne se donnent pas la peine de rectifier.
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Certains logiciels gratuits sont mondialement considérés comme les plus performants dans leur domaines par exemple Mozilla firefox pour la navigation sur internet, VLC pour la lecture de fichiers vidéo, ou LaTeX, un logiciel de traitement de texte pour travaux scientifiques, utilisé par la quasi totalité des chercheurs en sciences expérimentales et ce dans le monde entier. Certaines institutions exigent même que les articles qui leur sont transmis soient écrits avec LaTeX (arxiv par exemple). Pour finir, les systèmes d’exploitation LINUX sont, selon certains, les plus stables du moment. Donc non, en informatique, gratuité ne rime pas avec mauvaise qualité.
Votre article, mis à part son erreur sur les logiciels justement relevée par M. Falquet, appelle quelques commentaires:
1) La comparaison de la copie numérique non-payée avec le vol d’un objet est abusive: lorsqu’on vole un objet il passe de la main du légitime propriétaire à celle du voleur, le premier ne l’a plus. Pour la copie illégale d’un film ou d’une chanson, il l’a toujours. Juste pour dire que le préjudice subi n’est pas le même. Le clip présenté au début de chaque DVD est fort peu pertinent et les jeunes “pirates” le savent bien.
2) Les auteurs et artistes doivent être rétribués à leur juste prix. D’accord! Alors regardez donc comment le prix d’un CD ou d’un DVD est réparti, les clopinettes que touchent les artistes… Les vrais pirates ne sont pas ceux qu’on pense. Le téléchargement a d’ailleurs conduit nombre des plus grands à majorer massivement les prix de leurs concerts, mais la hausse est de plus en plus dûe à des succursales des maisons de disques qui prennent les artistes connus en exclusivité et, à l’instar des distributeurs de films, imposent aux organisateurs des multipacks.
3) Poursuivre les adresses IP ou les MAC-adresses d’ordinateurs partageurs est un combat d’arrière-garde, des techniques efficaces existent déjà pour les maquiller. Toujours la vieille histoire du bouclier et de l’épée…
4) Bien des artistes, que les maisons de production ignorent car non-conformes à leurs modes du moment, passent par les canaux gratuits. Ils ne sont pas sous contrat avec ces requins et ne s’en portent pas plus mal, gagnant ainsi peu à peu leur public.
5) Tout cela pose au fond la question:la culture doit-elle être une MARCHANDISE?
Le piratage de musique sur le net est certainement déplorable, car les auteurs ne touchent pas de juste rétribution de leur travail…
En sommes nous bien certains? Oui!
Que faut-il alors penser de la Suisa qui fait taxer les disquettes, les CD vierges, les DVD vierges, les baladeurs, car on les utilise pour de la musique piratée?
Je pense que selon la même idée, il faudrait infliger une amende a tous les automobilistes, car certains ne respectent pas les règles… et mettre tout le monde en prison, car certains…
Devons nous réellement payer deux fois pour de la musique?
Note : Il n’y a aucune musique piratée chez moi.
La même chose s’applique aux photocopieuses pour les livres…
Oui, il faut sans doute poursuivre les pirates, inclue la Suisa! Ou n’ai-je rien compris?
Ha la copie c’est si facile et ca raporte tellement.
Qui n a pas révé de revendre son meme travail des millier de fois et de devenir ainsi facilement riche ?
Ceux qui volent c est ceux la meme qui créent des copies et qui les vendent à des prix surfait (les majors), c’est le juste retour logique qu’ils soient eux aussi volés par la copie.
Si les prix de leurs copie étaient juste le piratage n existeraient pas.
Un problème est qu’on autorise une entreprise privée, qui plus est n’est pas elle-même victime, à faire le travail de la police. C’est comparable à la situation où je m’achèterai un radar, le poserai au bord de la route et ensuite demanderait aux fautifs de payer. Je ne crois pas qu’un tribunal verrait d’un bon oeil cette façon d’agir.
Ensuite, il y a la notion de domage causé. Cas de la copie dans un but de redistribution mis à part, les maisons de disque ont le tort de croire que toute copie est un exemplaire non vendu. Je doute que l’adolescent qui possède 2000 chansons sur son ordinateur ou une célèbre suite de dessin/création artistique valant plusieurs milliers de francs aurait acheté ces produits. Donc le préjudice est souvent inexistant.
Enfin, on peut également se poser des questions sur les sanctions souvent disproportionnées, comparées à d’autres fautes. Il semblerait que pour un ado (et sa famille), il vaille mieux commettre des vols dans les magasins et racketter quelques personnes, quitte à leur donner quelques coups, que de télécharger quelque chose qu’il n’aurait pas acheté.
Est-ce pour autant qu’il faut autoriser le piratage ? Non, assurément pas. C’est fondamentalement malhonnête vis-à-vis de l’auteur. S’il a décidé de vendre son produit 10x trop cher, c’est sa décision et je dois la respecter. Quitte à vivre sans l’acheter et sans le copier. Et pour terminer, ceux à qui le piratage fait le plus de mal est sans doute le monde du logiciel libre. Le jour où tout le monde devra payer sa suite bureautique, il y a fort à parier que beaucoup plus passeront sur openoffice.org.