ico Economie Face à la crise, l’UE panique et se défait

20 mai 2010 | Catégorie: économie

PHILIPPE BARRAUD
Les analystes américains l’ont dit sur l’agence Bloomberg quelques minutes après l’interdiction, brusque et unilatérale, des ventes à découvert par l’Allemagne: c’était une véritable réaction de panique de la part d’Angela Merkel, qui aggravera encore la crise de confiance à l’égard de l’Union européenne.

Deux jours de plongeons boursiers ont confirmé cette analyse, les investisseurs voyant dans cette «panique fédérale» l’indication qu’il pourrait y avoir des cadavres dans le placard, autrement dit, que la situation de l’euro et des économies européennes était bien plus grave que ce qui a été annoncé. Le fait que Paris ait mal réagi à cette annonce, puis contredit les propos de Mme Merkel sur l’euro, de même qu’un homme aussi respecté que Jean-Claude Juncker, n’a fait qu’accroître l’impression de cafouillage européen.

La gestion de la crise par l’Union européenne est doublement contre-productive. D’une part, elle se fait en ordre dispersé, sans concertation apparente entre les poids lourds de l’UE – un peu comme si, face à un incendie, chaque sapeur-pompier agissait selon sa propre initiative, sans se préoccuper des autres. Ce sentiment d’improvisation, quasiment au jour le jour, est dévastateur pour la confiance des marchés – et des citoyens. D’autre part, les dirigeants européens et américains ne parlent que de restrictions, d’encadrement, de taxes et d’impôts nouveaux. Ayant désigné des boucs émissaires, ils n’ont de cesse de vouloir les punir, comme si ces rodomontades et cette soif de vengeance allaient faire redémarrer la croissance!

Or c’est de cela, et de cela seulement, que le monde a besoin actuellement. Pour que la crise se résorbe, il ne faut pas casser les pattes des investisseurs, rendre les bonus hors-la-loi, faire repartir le chômage à la hausse, et réduire le pouvoir d’achat des citoyens. Il faut créer de la richesse et des emplois, et c’est à cet objectif prioritaire que devraient s’atteler les dirigeants européens et américains.

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Commentaire de Christos Nüssli le 20 mai 2010 à 18:19

Premièrement, les ventes à découvert ont un effet multiplicateur en période de crise, plus précisément en période d’attaque contre une valeur jugée, à tort ou à raison fragile et susceptible de tomber.
Deuxièmement les vendeurs à découvert ne sont pas précisément des investisseurs mais plutôt des parieurs. Ce ne sont pas ces gens-là qui vont s’impliquer dans la création de richesse et d’emplois.

Commentaire de Jean-Pierre Blanc le 20 mai 2010 à 20:07

Quitte à faire crever la moitié de la population européenne, les “commissaires” et autres membres non élus du “politburo” de Bruxelles sont prêts à tout pour sauver l’empire et donc le pouvoir totalitaire qu’ils se sont arrogés. Ni l’UE ni l’euro ne tomberont !

Commentaire de Pierre Santschi le 20 mai 2010 à 23:38

En tout cas la croissance de la lucidité (!) de ceux qui croient que les incantations à la croissance permettront de guérir les maux qu’elles ont causés (et notamment la crise monétaire en cours) n’est pas près de s’arrêter, à lire le dernier paragraphe de ce billet … Ce qui devrait rassurer son auteur…

Commentaire de Michel Donegani le 21 mai 2010 à 15:54

On peut avoir un avis sur tout. Avec les moyens modernes de communications on peut même l’exprimer partout.
Mais avant d’exprimer son avis, on peut s’informer, et soyons un peu fou s’instruire…
Les fantasmes exprimés par les politiciens concernant les ventes à découvert et leurs conséquences réelles dans les marchés me laissent perplexe sur leur niveau d’instruction.

Commentaire de E. Coquoz le 24 mai 2010 à 9:52

Que l’on parle ici pour l’UE d’un empire et de son “politburo” (économique) est bien la réalité. l’Histoire nous a montré où cela conduit. En cas de crise c’est toujours le “petit peuple” qui passe à la caisse et les images récentes de la Grèce en révolte le montrent bien. Cela va logiquement se traduire par de l’inflation et son corollaire la baisse du pouvoir d’achat. Dura lex sed lex.

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Griffures



Nucléaire: manipulations et censure

Les nostalgiques du nucléaire avaient cru voir renaître l’espoir: selon la SonntagsZeitung, Mme Doris Leuthard envisagerait de retarder la fermeture de la centrale de Leibstadt. Or il apparaît que cette information était totalement fausse, une manipulation lancée par on ne sait qui (mais on devine!). Il va devenir de plus en plus difficile de trier le vrai du faux, puisque manifestement les journalistes, dont c’est le métier, ne le font plus.
Ajoutons qu’ils font des choix surprenants parfois: il y a quelques jours, le plus grand chantier jamais entrepris par l’humanité a commencé en Ukraine. Il s’agit d’un chantier colossal à 1,54 milliards d’euros, le nouveau sarcophage de  la centrale de Tchernobyl, appelé “L’Arche de Tchernobyl” – on a les symboles qu’on peut. Or, les médias n’en ont parlé que du bout des lèvres, voire pas du tout. Etonnant,non?  Commentaires.com y reviendra quand même…

Le silence meurt, assassiné

J’aime beaucoup cette phrase de Joseph Conrad dans Victory – un auteur qu’il faut lire et relire absolument si on aime bourlinguer par l’imaginaire dans les ports du Sud-Est asiatique d’il y a cent ans: “L’Orchestre Zangiacomo ne jouait pas de la musique; il assassinait tout simplement le silence, avec une énergie vulgaire et féroce.”
Comme cela reste vrai! Un siècle plus tard, le silence est à l’agonie, et les Zangiacomo sévissent plus que jamais...

 


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