ico Economie Avis de tempêtes multiples

17 mai 2010 | Catégorie: économie

PHILIPPE BARRAUD

Cette fois, la gravité de la situation ne peut échapper à personne. Ce qui se passe, à partir de la crise grecque, est manifestement plus sérieux encore que la crise financière dont le monde peine à sortir.

C’est une véritable machine infernale qui se met en place, une machine qui n’a pas de fusibles. Sur le papier, son fonctionnement est assez simple: un certain nombre de pays sont au bord de la faillite, menacés de ne plus pouvoir faire face à leur endettement. Les marchés s’empressent donc de retirer leurs billes, ce qui précipite la course des pays en cause vers le précipice, puisqu’ils n’ont plus les moyens d’emprunter de l’argent, ou plus exactement de le rembourser à l’échéance.

La chute continuelle des bourses et de l’euro depuis plusieurs jours sont des signes qui ne trompent pas, des signes rares et donc très alarmants. Face à cette panique, qui se compte en milliers de milliards de dollars et d’euros, les gouvernements apparaissent impuissants, tant individuellement que collectivement. En Espagne, le gouvernement socialiste dénonce des «attaques spéculatives inacceptables», et menace les milieux financiers de sanctions… pénales! En France, dont la situation est catastrophique à long terme à cause d’un endettement extravagant, on cherche des boucs émissaires: les spéculateurs, les agences de notation – bref, on accuse le thermomètre, au lieu de soigner le malade. Certains vont même jusqu’à demander la création d’une agence de notation européenne, qui serait bien entendu manipulée par les gouvernements! On ose rappeler au passage que les «spéculateurs» dénoncés par les politiciens sont, pour une bonne part, les caisses de pension, qui ne sont pas des rapaces cyniques, mais des institutions sociales qui défendent des millions d’assurés.

L’Europe, dans ce champ de bataille, apparaît plus démunie que jamais, comme une construction intellectuelle incapable de résister à une crise de fond, certes couverte de présidents et de commissaires, mais dépourvue de pouvoir et surtout, de crédibilité. On réalise aujourd’hui avec effroi, dans les capitales européennes, qu’il ne suffit pas d’annoncer des mesures spectaculaires et d’articuler des montants considérables, pour ramener le calme: ces promesses ne sont tout simplement pas prises au sérieux, on attend leur concrétisation  – autrement dit, que l’argent soit sur la table.

Malheureusement, tout indique que la crise va s’approfondir. Les Grecs ne vont pas se plier à un plan de rigueur qui bouleverse profondément leurs habitudes, pas davantage que les Espagnols et les Français – déjà en grève permanente. Les marchés vont donc continuer à plonger, ce qui va affecter très vite les Etats-Unis et l’Asie, en un temps où des gourous de Wall Street annoncent déjà un crash chinois pour le début 2011! Ajoutez à ce sombre tableau la crise énergétique qui se met en place, le dérèglement climatique, et l’explosion démographique mondiale, et vous comprendrez que la décennie qui vient est placée sous le signe des tempêtes.

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Commentaire de Patrick Dupont le 17 mai 2010 à 13:43

en France c’est le “toujours plus d’Etat” pour les résulats que l’on sait…..

L’Allemagne qui n’en peut plus de soutenir les “pays du club Med”

En fait le projet européen est un échec patent, lui qui promettait la prospérité et le plein emploi.

En fait, nous crevons doucement du SOCIALISME
Appellons au moins la cause par son nom .

ps: de ce fait, et étant une des causes , croyez vous qu’ils vont arrêter l’invasion de toute la misère du monde ?

Commentaire de Marie-France Oberson le 17 mai 2010 à 15:29

IL y a quelques années, après notre fameux “dimanche noir” où l’on promettait à la Suisse sa disparition imminente vu que l’UE allait se développer à un tel point que nous resterions au bord de la route, j’avais écrit dans la rubrique du courrier de lecteurs de plusieurs quotidiens et hebdomadaires romands – et je continue à le faire – ,que” l’UE (je cite de mémoire) est une utopie, une idéologie ; Il n’est pas possible de faire vivre sous de mêmes lois des pays aussi disparates qui composent notre continent: on ne peut pas obliger l’Espagne , l’Italie, la Grece..ni même la France à vivre comme l’Allemagne…à moins d’avoir une dictature en guise de gouvernement supranational . Un jour, ces pays s’essouffleront et se révolteront. Plus un empire est grand , plus il est difficile à contrôler et donc plus il devient dictatorial”.
Je vous fais grace du contenu de certains courriers que je reçois par la poste depuis près de 20ans!
L’UE a été érigée en dogme , il faut y croire sans poser de question , avec la foi du charbonnier si vous ne voulez pas être excommunié. L’UE va mal? C’est parce que justement, il n’y a pas assez d’UE! Il faut encore plus de règlements, plus de lois, plus de contrôles!”L’UE, c’est comme le vélo: il faut sans cesse pédaler si l’on veut rester debout; c’est une marche en avant forcée ,permanente vers on ne sait quoi exactement mais on y va pour que ça continue de rouler..même si on va dans le mur!

Commentaire de P.-M. Vergères le 17 mai 2010 à 17:02

En UE, on a remis au goût du jour une stratégie financière assez cocasse: combler des trous avec d’autres trous!

Le pire, c’est de voir certains gouvernements européens accuser la Suisse de ne pas participer (il faut entendre cracher au bassinet) pour sauver des économies qui allaient, grâce à Euro tout puissant, faire péter tous les indicateurs! Si ce n’était pas encore une fois aux peuples pigeonnés de payer la facture, on pourrait doucement en sourire.

A propos, une question: comme toute cette montagne d’argent ne s’est pas volatilisé. Où est-il donc passé?

Commentaire de Pierre Bonnard le 17 mai 2010 à 17:39

Personne n’a intérêt à détruire l’euro, sauf les USA dont la monnaie est menacée de perdre son rôle de valeur universelle, ce qui les forcerait de rembourser au moins une partie des dollars émis restant en circulation à l’étranger. Faillite garantie! Milton Friedmann n’avait-il pas dit que si nous avons des créances en dollars,ils ne nous devaient rien…
Constatons tout de même que la semaine passée, Paul Adolph Volcker, ancien président de la Fed, a publiquement prédit la désintégration de l’euro, faisant immédiatement chuter les actions bancaires, l’euro… et massiverment s’enrichir tous ceux qui avaient placé des options put sur l’euro! (devinez qui)
Prophétie autoréalisatrice? Apparemment oui, mais pas si ses mécanismes sont démasqués.
Quant à l’endettement inacceptable de certains Etats européens, comparons-le à celui de la Californie qui l’an passé était en cessation de paiements.
Facile de taper sur le “machin” européen à l’heure où les volumes de transactions financières sont comparables aux réserves des banques centrales. On a vu Soros faire chuter la livre britannique, excellente illustration de la nécessité de l’euro.

Commentaire de Patrick Dupont le 17 mai 2010 à 17:47

lu sur claudereichman.com

“L’Etat providence ne peut que disparaître !

L’agence de notation américaine Standard and Poor’s a successivement dégradé la dette de la Grèce, du Portugal puis celle de l’Espagne. Les trois prochains pays dans l’œil du cyclone financier sont l’Italie, la Grande Bretagne et l’Irlande. Puis c’est… la France.
Il serait d’ailleurs assez comique de voir notre pays prêter à la Grèce de l’argent, qu’il n’a pas, au moment même où il inspirerait lui-même des inquiétudes aux opérateurs financiers…

En quelques semaines, on est passé d’une vague inquiétude sur la capacité des États à réduire leur endettement, à une situation où ce nécessaire redressement prend un caractère urgent et massif. Et l’impossibilité politique et pratique de le faire est pathétique…

Le plan adopté par les autorités grecques préfigure ce que tous les pays endettés vont devoir faire : réduire les dépenses publiques, en commençant par le blocage des salaires des fonctionnaires, et, sans doute, faute d’aller assez loin et assez vite dans cette direction, augmenter les impôts. En France ce sera ceux qui rapportent gros et rapidement, comme la TVA ou la CSG…

Quand on vit trop longtemps à crédit, une cure de déflation s’impose toujours. Que cela plaise ou non.

Loin d’avoir été utiles, au-delà de 18 mois, les plans de relance n’auront été que de coûteuses illusions. L’augmentation des dettes publiques ne peut en aucun cas relancer durablement une économie. D’autant que ces dettes – chacun le sait – n’ont fait qu’alimenter le tonneau des Danaïdes de la sphère publique et de l’État providence.

La question qui se pose alors est de savoir si cet État providence peut survivre à la cure d’austérité qui s’annonce et qu’il ne peut plus éviter. Peut-il durer, si la route de l’inflation lui est coupée avec l’euro, et si celle du déficit lui est également fermée avec les exigences, d’ailleurs réalistes, des prêteurs de capitaux sur les marchés financiers ?

Comme l’activité économique, sur laquelle viennent se fixer les pompes suceuses de l’État providence, est, par définition, variable, et évidemment fragilisée par ces prélèvements toujours plus lourds, pour que l’État providence puisse équilibrer ses comptes, il faudrait que ses bénéficiaires acceptent que leurs prestations puissent être révisées à la baisse. Exemple de l’assurance vieillesse par répartition. Une diminution relative du nombre des actifs devrait normalement entraîner une diminution automatique des pensions. Tête des retraités…

A partir du moment où l’État providence fonctionne avec des cliquets rigides empêchant la baisse des prestations, il est voué aux déficits ou à l’augmentation indéfinie des prélèvements. Et comme cela n’est pas tenable durablement, l’État providence ne peut que s’écrouler et disparaître.

Mais impossible de dire dans quel délai. Les plus visionnaires des meilleurs économistes – tel le Français Frédéric Bastiat – le disent et l’expliquent depuis plus de 150 ans.

En tout cas, les lézardes de cet édifice – futur vestige historique – n’ont jamais été aussi béantes… Tout indique même que nous vivons en direct – en live – son écroulement. L’implosion du système soviétique n’aura été qu’un hors d’œuvre. Et les crises financières successives – les bulles Internet, de l’immobilier, des subprimes, des dettes privées des banques, des dettes publiques des États, demain (dès que les taux d’intérêt vont remonter) de toutes les dettes – n’auront été que les secousses annonciatrices d’un inévitable effondrement général de toute la sphère publique.

Car, contrairement à une idée trop répandue, la monnaie et la finance, dont elle est le carburant, appartiennent à la sphère publique, et non pas privée, nonobstant le statut des établissements concernés et les contrats de travail des dirigeants. En s’arrogeant le monopole d’émission de la monnaie, il y a environ un siècle, les hommes politiques, ont fait basculer la monnaie et la finance dans la sphère qu’ils prétendent diriger.

Du coup la monnaie (le dollar, l’euro, le yuan…) est devenue principalement un instrument au service d’une politique, alors qu’elle devrait être avant tout un facilitateur de transaction et, accessoirement, un moyen de conserver des encaisses en toute sécurité. Deux fonctions assurées parfaitement par la monnaie-or. Avec l’inconvénient que, dans un tel système monétaire privé, les États ne peuvent plus financer leurs folies, guerrières ou sociales, avec de l’argent qu’ils n’ont pas.

Avec le système communiste (appliqué en France sur ce point jusqu’en 1986) il n’y avait pas de vérité des prix. Le Gosplan, c’est à dire le parti, en décidait. Comme le PC chinois pour le cours du yuan. Ce que vient d’approuver, pour plaire, le président Sarkozy, soit dit en passant…

Avec le système de la fausse monnaie dans lequel nous sommes depuis 1913, il n’y a plus de taux d’intérêt naturel. En tout cas pour les taux à court terme. Et les banques se refinancent à des conditions fixées sur des critères politiques, et pas économiques.

Il y a un point commun entre la bulle internet, Lehman Brothers et la faillite de la Grèce : le crédit n’est pas, n’a jamais été et ne sera jamais le moteur de l’économie. Le vrai moteur, c’est l’épargne. Synonyme d’effort et de responsabilité. Alors que le crédit, qui est fondamentalement un facteur de ruine, est synonyme de collectivisme et de laxisme.

C’est dans cette mesure que la crise économique et financière, qui continue (ou qui commence), est avant tout une crise morale. ”

Alain Dumait

Commentaire de Patrick Dupont le 17 mai 2010 à 19:31

Sorman aurait pu s’interroger sur la mondialisation sauvage qui détruit des millions d’emplois en Europe. Le dogme de la “mondialisation heureuse ” n’est pas ici dénoncé.
A l’évidence les gouvernements non plus qui dissimulent des millions de “travailleurs” derrière des feuilles de paie. Ces “emplois” ne correspondant à aucune réalité économique.
Sans compter les 30 ou 40 millions de chômeurs dans toute l’Europe………Et que dire de l’immigration “source permanente d’enrichissement”

Enfin, son article frappe tout de même au coeur du SOCIALISME qui nous ronge

à lire sur claudereichman.com

“L’Etat-providence a détruit l’Europe !

La tragédie de l’euro dépasse de loin le seul cas de la Grèce et cette tragédie n’est financière qu’en apparence. Le mal est plus profond : il atteint tous les pays membres ou finira par les toucher tous. Il ne suffira pas de remettre un peu d’ordre dans les comptes publics, d’épargner la Grèce de la faillite, de réconforter les créditeurs de l’Espagne et du Portugal. Ces rafistolages financiers n’empêcheront pas une contagion générale à tous les pays membres de l’Union car tous sont affectés du même mal. Ce mal, certains voudraient le minimiser. On nous dit au FMI, à la Banque centrale européenne, dans les ministères : c’est financier, c’est technique, on sait opérer, cela va passer, il suffit de quelques crédits, de persuader les Allemands, de réduire un peu les dépenses publiques. Et tout reprendra comme s’il n’y avait pas eu de crise du tout ?

Quelle illusion, quelle cécité et surtout quel déni de la réalité ! La réalité ? Les fondements de l’Union européenne sont incompatibles avec la manière dont sont gérés les Etats européens. En clair, l’Union européenne est d’origine libérale, conçue comme telle en philosophie politique et en économie et sa seule gestion possible est libérale : tandis que tous les gouvernements nationaux, fussent-ils de droite, ont créé, de fait, de gigantesques Etats- providence d’inspiration idéologique socialiste.

Expliquons-nous : à l’origine de l’Europe, un entrepreneur (pas un diplomate mais un négociant en cognac, familier des Etats-Unis), Jean Monnet, après la deuxième guerre mondiale , constatait que les gouvernements européens n’étaient jamais parvenus et ne parviendraient jamais à faire de l’Europe une zone de paix et de prospérité. Au moteur diplomatique, il substitua le moteur économique : le libre échange et l’esprit d’entreprise devraient, envisageait-il, générer des « solidarités concrètes », qui élimineraient la guerre et la misère.

Cette intuition libérale de Jean Monnet fut ratifiée, le 9 mai 1950, par les principaux artisans de la première Communauté économique européenne, trois démocrates-chrétiens, Konrad Adenauer, Alcide De Gasperi et Robert Schuman : ces hommes-là partageaient une même conception morale de la politique et une même analyse économique, méfiants envers l’étatisme identifié alors, à bon droit, avec les totalitarismes guerriers. La Commission de Bruxelles, puis la Banque centrale européenne n’ont eu de cesse de rester fidèles à cet esprit libéral des origines. Le libre échange, grâce au soutien constant de la Commission de Bruxelles, a attisé l’esprit d’entreprise contre les protectionnismes et monopoles nationaux. Et l’euro fut créé pour contraindre les Etats à équilibrer leur budget, dans le droit fil de la théorie monétaire libérale.

Hélas, les gouvernements nationaux ont cru qu’il serait possible d’accumuler les bénéfices de l’Europe libérale, tout en superposant les délices électoraux du socialisme. On appelle ici « socialisme » la croissance infinie de l’Etat-providence, l’accumulation des assurances sociales et des emplois protégés par l’Etat. Ce socialisme de fait, sédimentation de promesses électorales et de droits acquis, s’est développé en Europe infiniment plus vite que l’économie et que le nombre des habitants. Ce socialisme de fait ne pouvait donc être financé qu’à crédit, sans risque croyait-on, puisque l’euro paraissait « fort ».

Cet euro fort a rendu fous ses détenteurs : tout soudain parut accessible au crédit. Il en est résulté un endettement remarquablement homogène, dans tous les pays d’Europe, de l’ordre de 100% de la richesse nationale, entre 91% en Allemagne et 133% en Grèce : un écart assez modeste entre ces extrêmes, reflet d’une même dérive social-étatiste. Entre l’Allemagne, la Grèce, l’Espagne ou la France, la différence aujourd’hui tient moins à l’endettement et au mode de gestion des Etats – plutôt similaire – qu’à la capacité de remboursement variable selon les débiteurs. Tous les Etats européens ont été gérés « à la socialiste », en contradiction avec les principes libéraux de l’Union européenne : certains seront mieux à même de faire face aux échéances que d’autres, mais tous ont dérivé ensemble.

Expliquera-t-on cette dérive fatale ? Les idéologies en sont la véritable cause. Le socialisme domine les esprits en Europe, tandis que le libéralisme est harcelé par le monde universitaire, médiatique et intellectuel. Soutenir le marché contre l’Etat, préconiser l’Etat modeste passe en Europe comme une perversion « américaine ». Et l’idéologie socialiste est suffisamment enracinée pour qu’il soit presque impossible à un homme politique d’être élu sans promettre encore plus de solidarité publique et encore moins de risque individuel. Ces Etats-providence, par leur coût financier et la déresponsabilisation éthique qu’ils légitiment, ont asphyxié la croissance économique en Europe : nous sommes le continent du déclin, mais du déclin solidaire.

Voici que l’on nous présente la facture grecque : elle ne sera pas la première du genre. Qu’en faire ? Il nous serait loisible de ne pas la régler : au fond, pourquoi un modeste contribuable français ou allemand paierait-il les impôts auxquels a échappé un Grec riche, tout cela pour financer des syndicats ou des militaires grecs ? Mais la finance européenne est si enchevêtrée que l’euro dû par la Grèce l’est en réalité à une banque allemande ou française. Par conséquent, que les non Grecs volent au secours ou pas de la Grèce n’y changerait rien : notre faillite serait collective. Nous nous croyions citoyens d’une nation mais nous sommes débiteurs pour toutes. Si les Européens ne règlent pas la facture grecque, les factures du Portugal, de l’Espagne, de l’Italie s’ensuivront d’autant plus vite que la banqueroute de la Grèce retentirait sur la valeur de tous nos euros.

Comment sort-on d’une tragédie ? En gagnant du temps, en la niant, en se suicidant, ou en disant la vérité. À ce seuil de l’histoire qui se fait, il est improbable de prévoir lequel de ces scénarios l’emportera. Aux origines de l’Europe, Jean Monnet avait dit la vérité et des hommes d’Etat l’expliquèrent aux peuples : ceux-ci comprirent. Aujourd’hui, ce n’est pas la crise grecque qu’il convient d’expliquer mais le chemin qui y a conduit. Ce n’est pas la dette grecque ou espagnole qu’il s’agit de résorber : il s’agit de mettre un terme ou non, à la stratégie du déclin européen. À tout prendre, on devrait remercier les Grecs qui, par inadvertance certes, ont interrompu la sieste européenne. ”

Guy Sorman

Commentaire de Xavier Gruffat le 18 mai 2010 à 11:05

comme votre formulaire de contact ne marche pas (quel dommage), vous allez supprimer ce message de cette discussion car elle hors propos.
Je réagis suite à l’interview du 24 Heures qui diffuse en une un interview de Godard. Quelle honte du 24 Heures qui diffuse l’interview d’une personne qui veut détruire la Suisse. Si j’avais plus de temps je déposerai plainte pénale contre le rédacteur en chef du journal 24 Heures pour incitation à la haine raciale.
A quand un interview d’un nazi, d’un tueur d’homosexuels, de chrétiens ? Oui le 24 Heures est un journal anti-Suisse, une racaille de journal, rien d’autre à dire.
Quelle honte ces journaux de Suisse romande, toujours plus vulgaire, et maintenant anti-suisse.
D’ailleurs il est impossible de laisser des commentaires sur le journal 24 Heures, ils ont peut et ont donc censuré la partie commentaires…

Commentaire de Patrick Dupont le 20 mai 2010 à 11:57

bonne analyse

sur rebelles.info

“La revanche de la fourmi allemande

Une fourmi n’est pas faite pour avaler des couleuvres. Trop petite, trop de caractère aussi. C’est pourtant ce qu’à fait Nicolas Sarkozy et le clan des cigales (Grèce, Espagne, Portugal, Italie) lors du week-end du 08 et 09 mai 2010. En encerclant la fourmi, en lui faisant du chantage également, sans parler de l’aide du cousin d’Amérique, tout ce petit monde a réussi à faire avaler non pas une mais des couleuvres à la vertueuse Allemagne. Non content de lui forcer la main sur le carnet de chèque, le clan des cigales s’est permis de piétiner les principes de l’orthodoxie monétaire en autorisant la Banque centrale européenne (BCE) à racheter les obligations pourris des pays endettés. Pour Berlin voir la BCE perdre son argent, son crédit et sa crédibilité en essayant de sauver la Grèce s’en était finalement trop. Il fallait réagir.

Il n’était donc nul besoin d’être un grand prophète pour deviner que la petite fourmi nous ferait payer à la première occasion ce nouveau diktat. Et il n’aura pas fallu attendre longtemps ! Remise de son week-end cauchemardesque (KO politique avec la défaite aux élections réginales et KO financier avec sa reddition devant ses “partenaires” européens) Angela Merkel est passée à l’offensive. Et de quelle manière ! La chancelière n’a pas hésité à briser l’unité européenne, et le couple franco-allemand, en prenant des mesures unilatérales pour lutter contre la spéculation. Aucun avertissement, aucun dialogue avec ses partenaires. Allemagne uber alles ou le grand retour.

Mais surtout, Angela Merkel et ses ministres n’hésitent plus à dramatiser la situation en faisant clairement comprendre que si l’Europe veut sauver l’euro le temps des cigales doit prendre fin. Rapidement, car il y a urgence. Le temps de la fourmi est venu. En clair, soit l’Europe adopte le modèle économique allemand et l’orthodoxie budgétaire et monétaire qui l’accompagnent ou bien l’Allemagne reprendra sa liberté. Toute sa liberté. On ne peut s’empêcher de voir dans cet avertissement le retour de la bergère au berger puisque Nicolas Sarkozy pour emporter l’adhésion allemande au plan de sauvetage de 750 milliards d’euros avait menacé de faire quitter la France de la zone euro. Angela Merkel vient seulement de lui adresser sa réponse : CHICHE, mais c’est nous qui allons partir si rien ne change !

Nous vivons des heures historiques car tout peut basculer d’un côté ou de l’autre. Vers le chaos des cigales ou l’ordre des fourmis. En sachant que de toute façon plus rien ne sera comme avant. John Wilson de Morgan Keegan a parfaitement résumé ce qui est en train de se passer : “Le pansement (plan de sauvetage européen, ndlr) va devoir être remplacé par quelque chose de plus performant qui va exiger un important changement de mode de vie que les pays touchés ne semblent pas apprécier.”

Ce qui risque de se passer ? Nous l’avons déjà évoqué dans un article du 24 mars que nous vous invitons à (re)lire : “La fin de l’Etat-providence va tout bouleverser”. Pour les Français qui ne consomment pas gràce à l’argent qu’ils gagnent mais uniquement gràce à l’argent que leur donne l’Etat le réveil pas être pénible, pénible, pénible… Il n’est pas certains que la cohésion nationale résiste à un tel choc.”

David Bescond pour Rebelles.info

Commentaire de E. Coquoz le 22 mai 2010 à 13:04

Tous les commentaires faits sur cet excellent article-phare de M. Barraud sont forts et lucides. Revenir à une situation saine impose de sortir de la spirale mortifère du crédit qui fut le dogme absolu des années d’après-guerre. Comme le dit P. Dupont entre autres, revenir à l’épargne est la seule parade réaliste, ce que doit penser A. Merkel (ex-allemande de l’Est !). Pas de crédit sans épargne est une loi immuable. Les grands gagnants de la mise à sac actuelle de l’euro sont les USA, puis à moyen terme la Chine antidémocratique, tous 2 antithèses de l’Etat-Providence. Après avoir bénéficié de biens de consommation à des prix faussés il faudra en effet un jour passer à la caisse. L’argent n’a pas disparu, il a simplement changé de mains ou plutôt de poches. D’individuel le vol est devenu collectif, celui des mafias, des Etats, et des sociétés multinationales, c’est-à-dire planétaire. C’est aussi cela la mondialisation voulue de tous nos voeux. Certains ont en perçu le danger, c’est maintenant chose faite, merci les Grecs. La confiance est la clé de voûte de toute relation humaine du bas au haut de la pyramide sociale. Les bourses ne font qu’avaliser la confiance ou non des incontournables investisseurs. A partir du diagnostic la thérapie s’impose d’elle-même. Tout le reste n’est que parlote ou refus buté d’une mort annoncée.

Commentaire de Jean-Michel Esperet le 24 mai 2011 à 13:02

Comment se sort-on d’une tragédie? En la niant bien sûr ! (voir une des excellentes analyses ci-dessus) . Mais une autre méthode (qui d’ailleurs fonctionne fort bien avec la première) consiste à DISTRAIRE le peuple avec autre chose.

Lisez l’éditorial du Temps d’aujourd’hui, consacré à l’Espagne. Trois colonnes sur quatre pour expliquer ” la mort du Zapatérisme”.

S. Bussard entame la quatrième colonne ainsi : “N’évoquer que les échecs (…) serait malhonnête.” Et, comme il ne veut pas certainement pas passer pour un malhonnête, il fait l’effort de trouver des exemples de ce que Zapatero aurait pu faire de bon. Il n’en trouve que quatre.

* Le PREMIER qu’il nous donne est “le mariage homosexuel”!
* Le second est la “libéralisation de l’avortement” !
* Le troisième est l’autorisation de “la recherche sur les cellules souches” !

(le dernier est au sujet de l’ ETA, mais j’avoue ne pas l’avoir bien compris).

Et, comme il était prévisible, médias locaux aidant, les Espagnols ont davantage été DISTRAITS (irrités… rebutés… enthousiasmés… en tous cas mobilisés) par ces thèmes que préoccupés par la “tragédie” socio-économique en question.

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Griffures



La grande incohérence du petit tsar

On le sait, la cohérence intellectuelle n’étouffe pas Vladimir Poutine. D’un côté, il exige qu’on laisse Bachar el Assad massacrer les Syriens, au non de la non-ingérence. Mais d’un autre côté, il intervient brutalement dans les affaires intérieures de l’Ukraine, se posant même en gardien de la constitution ukrainienne!
Mais soyons réalistes: pour le petit tsar, le sort de l’Ukraine fait logiquement partie des affaires intérieures de la Russie… En ce sens, il jette le masque, et assume un impérialisme parfaitement soviétique. Ce qui ne saurait surprendre de la part d’un cadre de l’ancien régime. Et qui laisse présager d’une invasion imminente, que l’Occident regardera sans réagir.
On parie ?

La RTS sévère avec le PS

Le Parti socialiste suisse, en quête d’idées nouvelles, relance l’idée de l’adhésion à l’Union européenne.
Rendant compte de cette initiative, La Première, impitoyable, avait invité pour en parler François Cherix et Cesla Amarelle. C’est dur: pour couler une idée, il n’y pa pas mieux.


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