ico Economie Revoilà les moralistes!

22 janvier 2008 | Catégorie: économie

C’est fou comme une grosse secousse boursière suscite rapidement des réactions politiques.

En France, en Suisse, un peu partout, on exige soudain «des règles», un «contrôle» des marchés financiers, même si on ne sait pas par qui: par l’Etat (mais lequel?), ou par une nouvelle instance mondiale à créer d’urgence. Désirs autoritaires, voeux pieux bien sûr, puisque personne n’a vraiment intérêt à casser la machine, le pût-on.

Il n’empêche, les plongées boursières des 21 et 22 janvier (en Asie du moins) redonnent vie aux Savonarole vengeurs de l’économie, elles font ressortir toutes sortes de litanies idéologiques ou moralisantes, de «on l’avait bien dit», de propos cinglants sur la mondialisation et son géniteur, le capitalisme. On ne les avait pas entendus, ou si peu, lorsque tout allait bien, lorsque tout le monde gagnait de l’argent — tout le monde, puisque nous sommes tous affiliés à l’AVS et à une caisse de pensions.

Ces sursauts d’anti-capitalisme feront long feu. Il est peu probable en effet que la secousse de ce mois débouche sur une véritable récession en Europe, avec son cortège de fermetures d’entreprises et de nouveaux chômeurs. Et même si cela était: les pourfendeurs de l’économie de marché n’ont aucun modèle économique alternatif à proposer, de modèle viable s’entend.

La réalité, c’est que la mondialisation est un phénomène irréversible, tout simplement parce qu’il était inévitable, à ce moment de développement des sociétés humaines. Dès lors, il n’est plus très utile de discuter de la question de savoir si la mondialisation, c’est «bien» ou «pas bien». Elle est là, on en découvre aujourd’hui des aspects inattendus, comme l’interdépendance des marchés, bien plus étroite qu’on ne le pensait. Et il y aura encore d’autres découvertes – tant mieux!

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Griffures



Un tour de cochon

En Espagne, on peut acheter un jambon cru de 6 kilos pour 35 euros, soit environ 6 francs le kilo. En Suisse, on vend le même jambon en tranches à des prix qui vont de 65 à 160 francs le kilo. Donc, votre jambon vaut soudain, pour le plus cher, 960 francs au lieu de 35 euros !
Ce qui donne à penser que les éleveurs de porc espagnols sont scandaleusement mal payés pour leur travail; et que les détaillants suisses, eux, empochent des plus-values qui vont les engraisser encore davantage que des porcs…

Interdit de manger local

En France, les collectivités locales n’ont pas le droit de choisir des produits français ou locaux pour les cantines, fussent plus sains. Elles ont l’obligation d’acheter les produits les moins chers dans l’Union européenne, quitte à mettre les paysans français sur la paille – à supposer qu’ils aient encore de la paille. Quant au gouvernement, il ne peut rien faire, puisqu’il a abandonné sa souveraineté à Bruxelles.
Vous imaginez ce que serait le sort des paysans suisses dans cette galère? Non, c’est inimaginable!


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