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e-magazine contre le néo-conformisme












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Société |
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Il faut interdire les jeux vidéo violents
    
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 commentaires.com - Philippe Barraud |
 mercredi 16 avril 2008
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 Depuis des années, et souvent après une tuerie «inexplicable», le même débat ressurgit autour des jeux vidéo violents et sadiques. La seule différence est qu’aujourd’hui, enfin, les milieux politiques commencent à s’en préoccuper. Dans les cantons pour être précis car, au niveau fédéral, le gouvernement se tire des flûtes, comme chaque fois que la société lui pose une question épineuse: voyez les chiens tueurs, voyez la fumée passive.
Ce qui ne change pas en revanche, c’est le discours de ceux qui défendent l’indéfendable. C’est ainsi qu’il y a toujours un psychologue de service (toujours le même, d’ailleurs), pour voler au secours de ces productions proprement abominables. Oui, abominables: heureusement que les parents se moquent de ce que font leurs enfants et ne regardent pas ces jeux, ils en seraient malades.
Le discours anti-interdiction est habile, car il joue à la fois sur la liberté d’expression et sur une banalisation lénifiante. Or c’est là qu’il faut l’attaquer. Le psychologue de service, qui aime se donner des airs libéraux, sortira son affirmation massue, d’emblée reprise pour du bon pain par les journalistes: «On n’a jamais pu prouver de lien entre un jeu vidéo et une tuerie». Cette affirmation est d’une parfaite hypocrisie, et elle est surtout indéfendable: comment pourrait-on prouver scientifiquement une chose pareille? Avec une étude en double-aveugle sur 4000 sujets choisis au hasard?
Les mêmes experts nous assurent que ces jeux n’ont aucun effet profond sur les enfants et les ados, qui savent, paraît-il, parfaitement faire la différence entre fiction et réalité. Nous ne sommes certes pas psychologue, mais notre gros bon sens nous amène à nous demander, quand même, ce qui se produit à long terme dans la construction de la personnalité d’un gosse de 12 ans, lorsqu’il passe son dimanche à décapiter, violer, torturer et détruire, avec des points et des bonus à la clé.
Ce qui est sûr, c’est que cette imprégnation, insidieuse et progressive, ne va pas semer dans son âme la compassion, l’amour des autres et le respect d’autrui. Elle va l’habituer à l’insoutenable, lui mettre dans la tête que seule la violence permet de résoudre les problèmes, et le rendre imperméable à la souffrance des autres — puisqu’il gagne des points en en infligeant le plus possible!
Même lorsqu’un ado passe à l’acte, visiblement troublé par un jeu vidéo ou un film, le psychologue de service a la parade: seul un adolescent troublé ou «en proie à des difficultés» peut franchir le pas. Nous voilà rassurés: à la prochaine tuerie, à Genève, à Bulle ou à Goumoëns-le-Jux, on pourra toujours se dire que ce n’est pas grave, juste un ado «en proie à des difficultés». Voilà qui réconfortera les parents des victimes. Malheureusement, il y a de plus en plus d’ados «en proie à des difficultés», et si ce n’est pas aujourd’hui cela peut être demain. Il faut si peu de choses pour passer à l’acte.
Il serait abusif de brandir le drapeau de la liberté d’expression en danger pour des productions aussi scélérates, qui n’ont aucune valeur culturelle mais ne sont que de lucratifs produits de consommation.
La vraie question est celle-ci: la société doit-elle tolérer que ses jeunes soient transformés — fût-ce virtuellement — en machine à torturer, à violer et à tuer, avant même de sortir de l’enfance? C’est une très grosse responsabilité, et on ne comprend pas qu’on puisse encore tergiverser et se complaire en arguties juridiques pour évaluer les bases légales, ou invoquer les arguments des lâches et des paresseux: « C’est trop difficile, ça ne marchera pas, il y a internet...»
Pour protéger les enfants, la société traque impitoyablement les pédophiles. Très bien. Pourquoi ne fait-elle rien pour les protéger du mal, au moins aussi insidieux, du culte de la violence?
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