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e-magazine contre le néo-conformisme












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Société |
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Quand la Chine se fâchera
    
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 commentaires.com - Philippe Barraud |
 mardi 8 avril 2008
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 Mais d’où vient cette soudaine passion pour le Tibet? Et pouvons-nous nous permettre d’humilier la Chine?
Tout le monde s’enflamme, tout le monde défend le Tibet et les Droits de l’homme, bravo! Et pourtant, cette déferlante suscite un certain malaise. Par exemple, on s’étonne quand même de voir de si nombreux démocrates, de droite comme de gauche, faire preuve d’un engouement sans réserve pour le Tibet d’ «avant», sans aucun recul, comme s’ils avaient la nostalgie inconsolable de cette théocratie qui n’était ni démocratique, ni particulièrement éclairée!
Et on soupçonne que cette vague de sympathie doive davantage à des clichés qu’à l’Histoire, à une nostalgie de zappeurs, mêlant dans un grand bric-à-brac un néo-bouddhisme light (celui qui n’est pas exigeant), les bons sentiments mouillés des BD de Cosey, la personnalité sympathique du Dalaï-Lama, et pour les plus vieux les livres d’Alexandra David-Neel et d’Ella Maillart. Certes, le Tibet mythique ne manque pas de charme... pour les touristes. Mais il n’est pas sûr que les habitants de ces hauteurs regrettent vraiment leur misère passée, si pittoresque.
Non pas qu’il faille absoudre le pouvoir chinois des ravages commis, ni du climat policier détestable qu’ils font régner dans la province. Mais il serait plus juste d’essayer d’approfondir, de se mettre dans le contexte, ne serait-ce que pour comprendre ce qui se passe: comprendre n’est pas excuser. Même aujourd’hui, la Chine n’est pas un pays démocratique, elle n’en a ni les institutions ni, surtout, les usages. Dès lors nos manifestations, tout ordinaires et naturelles qu’elles nous paraissent, choquent les Chinois — et pas seulement les dirigeants, il faut le souligner fortement.
Pour eux, les Jeux olympiques sont un enjeu colossal, et ils feront tout, même le moins souhaitable, pour en assurer la réussite — à leur idée, qui n’est pas forcément celle de l’Occident.
La campagne anti-chinoise actuelle est dangereuse par sa démesure, car elle brandit sous le nez des Chinois la menace de perdre la face, un concept qui nous touche peu mais qui, en Asie, est une véritable pierre angulaire. Ainsi, il est évident que pour les Chinois, tout les Chinois, il est tout simplement exclu de perdre la face, devant le monde, maintenant et l’été prochain. Et si cela devait arriver, soyons certains qu’ils nous le feraient payer cher, et longtemps. Surtout, quand la flamme olympique sera éteinte, ce sont les Tibétains qui passeront à la caisse - et nous n'y serons pas pour rien.
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