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e-magazine contre le néo-conformisme












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Société |
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Ouste !
    
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 commentaires.com - Jean Romain |
 dimanche 3 juin 2007
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 On reste ébaubis ! Voici que le Département de l’Instruction Publique de Genève, devant le constat d’une école qui va de plus en plus mal et ne fait pas ce qu’elle devrait, c’est-à-dire enseigner ; après l’électrochoc de la votation sur les notes du 24 septembre qui a montré la défiance de toute une population envers son école ; après avoir admis la nécessité d’un nouveau règlement pour le degré primaire, voici que le DIP va s’engager dans un grand chantier portant sur la structure. Peu importe le contenu, pourvu qu’on ait l’ivresse du changement !
Il faut donc placer des poutres porteuses, édifier des piliers, astiquer les parquets de la maison ; on s’agite en brassant un vent que personne n’a hâte de humer. En effet, Genève n’a absolument aucun besoin d’un chapelet de projets d’écoles, chacun chapeauté par un des cent directeurs que Charles Beer prévoit pour la rentrée 2008, ni de ces œcuméniques conseils d’établissement où tout le monde pourra entrer dans l’école et prendre part aux décisions internes. En revanche, Genève a besoin d’un projet pour son école, d’un contenu clair, cumulatif et applicable par degrés, projet que le DIP semble incapable d’articuler.
Ce sont principalement les multiples réformes pédagogiques qui ont mis l’enseignement à genoux, et ces réformes ont été plus ou moins animées par une pensée, fort belle au demeurant : tous les enfants, quelles que soient leurs origines familiales, sociales, ethniques, ont un droit égal au développement maximum. Ils ne doivent donc trouver d'autres limitations que celles de leurs aptitudes. Mais cette idée, par surenchère idéologique, succombant sous les rafales de la réformite, les querelles de pouvoir et les élucubrations de certains gourous, s’est transformée et s’est gauchie : on est passé de l’égalité de droit à l’égalité des élèves. Or cette affirmation qu'on peut changer le monde en agissant sur les enfants, écrit Hannah Arendt, est une utopie politique mise en œuvre dans les régimes dictatoriaux. C’est cette surenchère pédagogique, ordinairement appelée pédagogisme, et qui n’a plus rien à voir avec l’ambition d’apprendre quelque chose à quelqu’un, qui se révèle un poison mortifère pour la culture.
Pour sceller dans du bronze l’égalité des élèves, on a donc substitué la méthode à l’objet de l’apprentissage, l’évaluation formative à l’évaluation normative. Pour empêcher l’échec des moins aptes, on a supprimé le cours cumulatif, les notes, les classements, les devoirs et les sections ; on n’y instruit plus mais on communique ; on ne dit plus élève mais gamins ; on parle de texte mais jamais d’œuvre ; le travailleur culturel y a remplacé l’artiste ; la notion de mérite est devenue soluble dans le savoir-être ; il s’agit de deviner et de construire ses connaissances en fonction de ses préférences personnelles ; toute œuvre littéraire est dissoute dans le débat d’idées ; la culture du professeur y est jugée nocive pour la liberté d’expression de l’élève.
Voilà la pure idéologie qui fait partie du problème de l’école et non de sa solution. Le pédagogisme est facteur d’échec scolaire ; et il a une doctrine, une bible, un petit livre rouge : le socio-constructivisme.
Ce qu’il faut donc entreprendre, dans un tout premier temps, n’a aucun rapport avec une modification de structures telle que la voit le DIP, mais il faut s’attaquer au contenu, et commencer par éloigner de l’école le venin qui la mine : le pédagogisme ; ainsi que ceux qui l’administrent au goutte à goutte : les pédagogistes. Il est temps de désintoxiquer l’école. Ouste !
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