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e-magazine contre le néo-conformisme












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Société |
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Comment ?! Vous n’êtes pas anti-Américain ?
    
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 commentaires.com - Philippe Barraud |
 mercredi 13 octobre 2004
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 Au palmarès des nouveaux conformismes, l’anti-américanisme est le plus branché. On s’y vautre avec délices, en échangeant les clins d’œil complices de ceux qui ont tout compris et partagent les mêmes coquetteries intellectuelles.
Et comme les médias sont en première ligne dans cette courageuse bataille, on a droit chaque jour à sa petite ou grosse louche d’anti-américanisme primaire.
Il y a d’abord une pléthore de films, d’émissions de télévision à charge, de livres et de magazines, auxquels ont fait une publicité frénétique (et gratuite).
En Suisse aussi, on communie dans la même détestation, tellement «fashion», des Etats-Unis. Ici paraît un magazine violemment anti-américain, mais qui prétend ne pas l’être; là, un livre de reportages qui, à lire les comptes rendus des journaux auxquels collaborent ses auteurs (!), démasque impitoyablement les «fautes» commises par les Américains en Afghanistan et en Irak. Car bien sûr, pour ces procureurs qui savent tout mieux que les experts, il ne fait pas de doute que les Afghans et les Irakiens étaient tellement plus heureux sous le régime combien aimable des talibans, et sous celui de Saddam, où régnait l’ordre public, au moins!
L’anti-américanisme est devenu plus qu’un conformisme, une véritable posture intellectuelle, en d’autres mots un parti pris. Dans les reportages qui, traditionnellement, précèdent l’élection à la présidence des Etats-Unis, on a adopté cette année un ton résolument misérabiliste. L’Amérique de Bush, ont décrété les médias, devra être montrée sous le signe de la pauvreté et de la déliquescence sociale. Voilà pourquoi on ne vous parle que des jeunes qui vivent dans les rues, que des paysans pauvres du Middle West, que des minorités forcément maltraitées. Et si d’aventure on vous montre des Américains qui ne sont pas des loosers ou des «victimes du système», ce sont forcément des obèses, des chrétiens fous, des extrémistes de droite ou des candidats au Larry Springer Show.
On retrouve là une des règles les plus éprouvées de la presse, et surtout du photojournalisme: la misère est plus photogénique que la prospérité, il est plus facile de susciter un sentiment d’injustice et de révolte que l’admiration. Mais étonnez-vous, après ça, que les Suisses estiment être manipulés par les médias.
La société américaine n’est évidemment pas l’enfer qu’on veut nous faire croire − d’ailleurs personne n’y croit − ni le paradis, bien sûr. C’est une civilisation en tant que telle, paradoxale et difficile à saisir, qui depuis longtemps s’est affranchie de la tutelle de l’Europe aux anciens parapets. Elle a développé ses propres valeurs, sa propre identité (pouvons-nous en dire autant ?), et une puissance telle qu’elle n’a plus besoin de nous. Sa nouvelle frontière, c’est le bassin Asie-Pacifique, sa jeunesse et ses formidables marchés. Alors, qu’importent les jérémiades de la grand-mère Europe et de son triste burgrave, le vieux président Chirac.
Et même si les médias d'Europe veulent nous faire croire que l'Amérique est sur le déclin, les faits et les chiffres disent le contraire: jamais la classe moyenne américaine n'a disposé d'autant de revenus. Et le marché du luxe connaît un boom annuel de 10 à 40%, et se retrouve au niveau de la belle année 1999. Un phénomène qui est appelé à durer, puisque le marché du luxe devrait passer de 440 milliards de dollars aujourd'hui, à un trillion en 2010. Pour l'Amérique à bout de souffle, vous repasserez...
Le problème des Européens, c’est qu’ils ne connaissent pas l’Amérique. L’idée qu’ils s’en font découle davantage de séries télévisées ingurgitées à hautes doses que d’un contact réel avec la réalité et avec les Américains, si différents d’un bout à l’autre de ce pays magnifique. Or c’est comme si on prétendait se faire une idée de l’Europe à travers l’Inspecteur Derrick et Julie Lescaut. Un peu partiel peut-être, non ?
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