 |
 |
e-magazine contre le néo-conformisme












|
 |

 
Etranger |
 |
 |
Berlin lance ses hussards sur Vaduz
    
|
 commentaires.com - Philippe Barraud |
 lundi 18 février 2008
|
 Un Etat démocratique peut-il user de méthodes criminelles pour pénétrer le secret bancaire d’un autre Etat? Si la réponse est oui, alors la Suisse devrait se barricader contre l’Allemagne.
Personne ne semble trouver choquant que le gouvernement allemand négocie un énorme pot de vin (entre 4 et 5 millions d’euros) avec un employé félon d’une banque du Liechtenstein, pour qu’il vole des documents confidentiels, à savoir des listings de clients allemands.
Il y a pourtant là, de la part d’un des principaux acteurs de l’Union européenne, un comportement clairement criminel, qui relève de l’espionnage économique pur et simple — sans parler de la violation de la souveraineté d’un Etat étranger.
On nous dira que la lutte contre la fraude fiscale l’exige, et apparemment tout le monde semble s’en accommoder. Pardon: les banques du Liechtenstein, de Suisse ou du Luxembourg n’ont pas à gérer le désordre fiscal allemand. Si ce pays, tout comme la France, juge opportun de chasser les grosses fortunes de son territoire, c’est son problème, pas celui des banques étrangères. Une réforme de la fiscalité serait beaucoup plus efficace, et surtout plus conforme aux règles de bon voisinage international, que ces appels à la délation par corruption interposée.
Il est possible que cette opération rapporte quelques fruits à court terme au gouvernement de Mme Merkel, et que cet «investissement» dans un pot de vin (net d’impôts?) rapporte. Mais quel climat cela va-t-il engendrer? Car pourquoi s’arrêter en si bon chemin? Berlin pourrait aussi s’intéresser aux secrets industriels, aux listings de clients des grandes entreprises étrangères, voire aux dispositifs militaires de ses voisins. Une fois que le pli est pris...
La Suisse et ses institutions bancaires ont tout à craindre de cette agressivité allemande. Elles doivent sans attendre verrouiller le système, mais sans illusions: personne n’est incorruptible, ce n’est qu’une question de montant. A tout le moins, les banques doivent-elles renforcer la sécurité des données des clients étrangers, et empêcher qu’un employé subalterne puisse en avoir une vue d’ensemble.
Quant au Liechtenstein, on espère qu’il va réagir de la manière la plus ferme à ces méthodes de hussards, fussent-ils en jupon. A moins que, pragmatique, il ne fasse de la surenchère auprès des candidats traîtres, dans le dos des espions allemands, voire auprès des agents du fisc allemand, pour qu'ils égarent ces listings: ce serait un juste retour des choses.
|
|
|
|
|
|
|
|
 |
 |